journal | camions du livre numérique


Ce qui est dans le camion n’a rien à voir avec le livre numérique, mais le nom si bien sûr, même si désormais les chemins ne se croisent plus et du coup c’est à ça que tu penses dans les heures d’autoroute à suivre : est-ce qu’à un quelconque moment tu aurais abandonné cette danse en vase clos, ou bâtiment aux issues murées, du livre numérique et les cinq ans engouffrés, comment tu as géré et ce qu’il aurait fallu ou pas, de la toute première idée jusqu’au burn out réellement traversé, les bonnes décisions et les pas bonnes, les trop hâtives, le crève-coeur que restent certains trucs et plus globalement autour ce contexte où tu vois un monde s’enfoncer tout raide pris à ses inamovibles lois, ce qui s’agite autour que ce soit côté politique qui n’y comprennent rien mais font quand même et surtout pas qui consulteraient ou écouteraient, gaspillent des centaines de millions depuis 10 ans sans que quiconque y trouve à redire – dernier épisode en date cette loi dite anti Amazon et qui en moins d’un jour se révèle une pénalisation supplémentaire pour les seuls indépendants qui voulaient maintenir livraison de livres en ligne, et comme ça tournoie encore dans la maison murée, ce qui flotte fantôme de symboliques qui n’ont plus pertinence historique, ce que ça révèle des postures de tant de sent la chaussette et pourtant et pourtant le plaisir que tu y trouves à ce qui s’invente, loin des grandes messes à tribune et ce qui du vieux monde semble se hérisser pour tenir même tout fissuré comme ça, mais la facilité qu’on a à les avaler pour nous-mêmes les vieilles fissures. À voir soudain là-haut ce camion qui passe et rien à voir sauf le nom avec le livre numérique prendre conscience de comment cette bouilloire de tout ça en vase clos ça ne t’a pas quitté d’une seconde, les mains à tâtonner dans la maison aux issues murées et tu es juste un peu plus en paix de ne plus t’en mêler depuis 6 mois, pas assez de pensée dans tout ça tu te dis, pas la pensée au bon endroit dans tout ça tu te dis, la bouilloire n’a jamais cessé malgré les décisions trop hâtives ou ce qu’il fallait de toute façon mais peut-être pas comme ça couper pour survivre si le poids est trop lourd, les conteforts établis, comment ça s’installe depuis le nouveau boulot et l’espace intérieur qu’il prend et t’oblige à faire et penser autrement, mais restent les camions du livre numérique et que sans cesse ils roulent dans ta tête avec tout ce qu’au dedans enfermé ils emmènent,, tu n’as pas coupé les fils, juste coupé pas toujours au bon endroit et tant pis si l’impasse est plus lourde et la charge sur le dos te fais boiter encore tant de trucs à régler à assumer mais c’est comme ça qu’on avance. Il y eu cette phrase juste avant de partir 2 semaines de ça, qui disait le numérique doit apprendre à faire rêver, s’être promis un billet sur cette phrase et il macère encore c’est un rendez-vous mais chaque démarcation demande du temps, encore plus les démarcations intérieures en attendant tu le sais : précisément dans ce plaisir à lire, et là où ça te fait réfléchir, là où ce n’est pas les sent la chaussette que tu continues d’avancer comme eux les camions à rouler. C’est ici et ça commence toujours par les histoires qu’on raconte, et à quoi elles ressemblent quand ergonomiquement et graphiquement on commence à les faire vivre, les histoires, que ce soit beau et que ça fasse rêver les histoires que sur le web on raconte, ce qui a été l’aventure du livre et est maintenant radicalement l’aventure du numérique et elle n’est pas murée, cette maison-là qu’un site web construit. (Je répète encore une fois que le nom sur le camion n’a rien à voir avec la réflexion ici.)



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 juillet 2014
merci aux 949 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • (j’avais oublié cette photo prise devant la rue, le 1° juillet 14) (je vois que c’est camion, je l’ai choisie sans le -vraiment- savoir vu que j’ai lu l’article du journal ce matin et que je l’avais oublié) (j’ai du m’en souvenir j’imagine) back by plane hier soir compagnie de merde orange où on fait la quête à présent et où stewards et hôtesses de l’air font de la retape pour des "produits" qu’ils trimballent dans les boites qui servaient, jadis, à des trucs (pas très bons peut-être mais au moins attentionnés) à manger au populaire (merdàlacon du temps présent)

  • c’est une ville (des Pouilles, sur le haut du mollet stuveux sur la mer Adriatique) on a déjeuné dans un petit restaurant (menu à 10 : bruschetta (pain grillé huile d’olives morceaux de tomates basilic), cavatelli aux moules (une merveille, au loin un petit goût de piquant) puis orecchietti jambon tomates : trop bon) verre de vin ou d’eau) on a discuté avec le cuisinier qui servait (on l’a surnommé Salvatore ou Fernando je ne sais plus), type adorable, il m’a comparé à Jack Nicholson (ce qui tendrait à prouver qu’il manque soit de pertinence, soit de physionomisme, soit des deux à la fois) on a continué le chemin vers la cathédrale (une centaine de photos, on verra ce qu’on en fera)