il y a encore des journées ordinaires

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Québec, adieux | 2, forêts

Les journées ordinaires commencent quand même par écouter la radio, infos France Culture 8h00, dans la voiture pour aller à la gare : crime abject dans un RER, l’idée de terreur qui vous colle. Appréhender ce qui déborde à Villers-le-Bel : point de départ justifié ou pas, la misère trouve tout prêts ses modèles de révolte. De toute façon, on n’a rien changé à l’isolement, à la misère.

Travail dans le train, sur batterie. Jimi Hendrix pour ne pas entendre la personne devant qui parle, pas regarder autre chose que l’écran parce que mon voisin a le tic de se récurer le nez.

Tout surpris de Paris retrouvant ses rythmes ordinaires. Soleil en sortie de gare. Marcher le long de l’avenue tout près de la tombe de Baudelaire. Chez Albin-Michel, porter les vieux billets de train. Passer aussi saluer les différentes personne de l’équipe mobilisée autour de mon Dylan.

Tous les bureaux sont encore éclairés, et tous avec éclat bleu d’ordinateur, sauf dans l’ombre la pièce où une des écrivains maison répond à la main à ses lecteurs. Ecriture turquoise concentrée, salut amical : rares les maisons d’édition où l’auteur puisse s’installer s’il le souhaite.

J’ai rendez-vous avec une équipe du Grand Journal de Canal Plus, on s’en va sur les coursives.

Boulevard Montparnasse à pied, le temps de téléphoner pour une lecture à Chaumont au printemps, métro et je suis au Seuil. Pour ma collection déplacements on demande le tout électronique, ce n’est pas le cas du bureau de Fiction & Cie (mais Claro parti à l’assaut de Pynchon est pour quelque chose dans les empilements). Sous les combles, Noémie, DEA avec Anne Roche à Aix-en-Provence, et stagiaire pour l’hiver, travaille sur le prochain Jean-Christophe Bailly. Pour moi, discussion avec Arnaud Maïsetti, épreuves et mises en page, IV de couv, pour les livres à paraître en février.

A la BNF, nous accueillons le nouveau groupe d’enseignants pour l’atelier annuel d’écriture de l’académie de Versailles. On sera plusieurs intervenants : Patrick Souchon accueille, Véronique Pittolo prend en charge les premières séances. Ils travailleront ensuite avec Claude Guerre, directeur de la Maison de la poésie, qui parle geste et oralité, toujours des instants comme ça où on change de monde. Anne Zali parle du lien avec les expos de la BNF, Corinne Leenhardt, inspectrice, du fait qu’ici on s’occupera de littérature et de rien d’autre.

Des enseignants très divers, collèges, ZEP, lycées professionnels, lycées généraux. Et, selon les villes, les difficultés qu’on affronte. Plus un autre qui enseigne la philo au CNAM, et une autre détachée au Centre national de la danse, et puis et puis. D’ici le mois d’avril on a le temps d’apprendre à se connaître.

Plaisir aussi de retrouver quelques têtes qui ont déjà suivi l’aventure une des années précédentes, et qui repiquent : ça m’obligera à faire autre chose (j’interviendrai en février mars).

Retour gare. Une fois assis, on nous annonce que pour problème de freins le train partira avec dix, puis vingt, puis quarante minutes de retard : une journée ordinaire quoi.

On pourrait croire que ça suffit, pour nous autres, qu’on peut être écrivain avec une part du travail chez soi, et une part du travail qui s’insère comme ça en dialogue avec le grand jeu social. Le problème, c’est que ce serait probablement la seule journée du trimestre à le laisser croire ?



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 novembre 2007
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