journal | qu’est-ce que tu sais de ta vie ?


J’imagine que si on m’avait demandé, avant l’an 2000 et son non-bug, ce que je ferais l’après-midi pluvieuse du 27 avril 2015, j’aurais d’abord répondu qu’elle ne serait peut-être pas pluvieuse (elle le fut), et que je m’en fichais complètement. Pourtant, là, dans ces heures d’après-midi avec les trucs qui rongent dans la tête et empêchent de faire le vrai boulot (on est sûr qu’on va s’y mettre, mais on empile les heures et on fait des tas de trucs mais pas ce qu’il y avait à faire), le travail parfaitement inutile, en cliquant dans le petit bouton ci-dessus de page au hasard de ce journal, de découvrir une photo beaucoup trop petite (Internet n’allait pas vite, on se contraignait à des charges minimum), et retrouver dans la grande base de Lightroom, en suivant la date de mise en ligne du journal, la photo réellement prise, la rebricoler vaguement et remplacer celle qui est en ligne par une autre plus grande, faire un mot-clé associé à ces mises à jour... Oui mais voilà, des fois ça tombe bien, d’autres fois ça ne correspond à rien du tout. Alors chercher dans l’agenda ce qu’on avait bien pu faire ce jour-là, les voies ferrées se ressemblent, les lieux où on est allé, facs, bibliothèques et chambres d’hôtel se ressemblent aussi, et puis quelle certitude que l’agenda était précis. Je reconnais par contre l’appareil-photo utilisé à cette tache qu’il avait sur le capteur en haut à droite et qui gâche tout, puis ce sont des jpg dont on ne peut pas faire grand-chose. Dans cette série, pourtant, je reconnais tout de suite cet invraisemblable monument qu’était la piste d’essai de Michelin à Clermont, ce gigantesque arc-de-cercle. J’en déduis donc que ces 2 photos de cafétéria d’autoroute c’était probablement de s’être arrêté boire un café à Vierzon, et que l’usine à la fin, photographiée de la voiture à contrejour, ça doit être Issoire. Et encore, justement, depuis 2003, je dispose de cet inventaire photographique pour la vie professionnelle : avant ça a disparu, pas d’agenda numérique (c’étaient ces cahiers à reliure plastique qu’on renouvelait une fois par an) et pas d’images. Par exemple, hier matin (c’est peut-être pour ça le spleen de cet après-midi), Christian Garcin m’envoie une affiche d’un colloque à Berlin où on est photographié sur la même page, et je n’ai quasi aucun souvenir de ce truc. Je retrouve par contre que la semaine suivante j’étais à Bron et que j’en ai ici et ici des traces, plus ce texte bizarre dont je ne me souvenais plus, et du coup je suis en mesure de lui rajouter 1 ou 2 photos associées. Mais la question, c’est ces photos de cafet à Vierzon, et celle de l’usine d’Issoire : quand on ne se souvient de rien, est-ce que ça annule le passé ? Et pour tout le demi-siècle avant de faire des photos tout le temps, la seule différence c’est qu’on ne sait même pas qu’on a oublié, non ?

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 avril 2015
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Messages

  • (je n’en ai pas fini de cette satanée saisie, alors je ne suis pas parti : dès demain, sans doute) (à l’image on est trouble) (je me souviens du temps où elle était dégé à la bibli cette dame : tout le monde la craignait comme on aurait craint Néron, potentat, et la voilà qui chute à cause de la connerie de son fils, tu avoueras que l’énarchie n’est plus ce qu’elle était : ces gens sont pliés à toutes les roueries, les lois ne sont pas pour eux ou du moins ils savent les contourner, et une lettre anonyme et pouf... quelle misérable époque, quelles misérables postes, quelles misérables fonctions) (en même temps, tu vas me dire que c’est encore le conseil qui l’a placée là où elle, comme il a placé mon chou et la dec, et je te dirais tout le monde peut se tromper) (trois fois, certes) (pathétique)

  • je disais les plus belles chansons du monde ( Strange Fruit par Nina ou Violetta Para ah oui... quelles merveilles), mais là...

    aïe mourir pour toi
    à l’instant où ta main me frôle
    laisser ma vie sur ton épaule
    bercé par le son de ta voix
    aïe mourir d’amour
    t’offrir ma dernière seconde
    et sans regret quitter le monde
    en emportant mon plus beau jour

    pour garder notre bonheur comme il est là
    ne pas connaître la douleur par toi
    ni la terrible certitude
    de la solitude...

    aïe aîe aîe

    parle moi, console moi
    j’ai peur du jour qui va naître
    il sera le dernier peut-être
    que notre bonheur va connaître

    serre moi apaise moi
    quand j’ai l’angoisse du pire
    ne ris pas quand tu m’entends dire
    qu’au fond mouriri pour mourir...

    ah... Amalia...
    (paroles d’aznavour quand même)
    (à lundi)

  • demande à E.de retirer triste sur le morceau 3 de musique improvisée à la cithare - impossible de retirer le triste d’ april -

    Voir en ligne : https://soundcloud.com/ana-nb-2/tri...

  • retour à la recherche de travail - pas de réponse pas de remplacement - j ’écoute Georges Didi-Huberman ( le séminaire des lucioles )

  • vu Jauja de l’ argentin Lisandro Alonso - Jauja terre perdue du bonheur - un père Gunnar Dinesen / Viggo Mortensen sa fille Ingeborg / Viilbjørk Malling Agger - comment le corps entre dans le paysage - comment la voix dit s’épuise à dire le prénom Ingeborg - dans la quête éperdue pour retrouver l’enfant la douce enfant - comment le corps sort du paysage

  • rentrée depuis une semaine - pense à la phrase de E. " Berlin c’est ma Lisbonne " - et moi ne suis nulle part - pars marcher à grands pas dans le vent -

  • on entend la suppression du train direct pour Metz, puis la suppression de tous les arrêts de Nancy à Metz pour le train suivant - et puis tout redevient normal le train part et s’arrête là où - une conversation s’engage avec une vieille dame - elle parle d’une voix douce des enfants d’aujourd’hui - on parle de culpabilité et de responsabilité -

  • appel aujourd’hui pour un remplacement en lycée professionnel - je dis oui - et le soir partie écouter des strange ladies

  • 7H01 départ par le train unique du matin pour Bar Le Duc - arrivée 7H55 - la navette scolaire décolle à 7H45 - hèle un taxi 8H10 découvre le lycée professionnel et - les arbres la beauté des arbres par les fenêtres -