2017.04.01 | c’est vous le titre, les mecs

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Je ne connais pas cet auteur, ne l’ai jamais lu et n’ai jamais eu affaire à lui, et je parle sans acrimonie : les copains que j’ai et qui sont dans ces diffusions main stream, ils ne sauraint pas écrire autre chose, ont le même plaisir à leurs trucs que moi aux miens, et probablement le même rapport de nécessité.

C’est juste l’organisation sociale qui s’y greffe, qui m’intéresse. L’affiche sur le quai de gare (on n’a jamais affiché mon site Tiers Livre sur les panneaux du quai de gare à Montparnasse, faudrait peut-ête que j’essaye).

Je n’avais juste pas fait attention à ça : regardez la couverture, son graphisme difficile à lire, et les mentions exposées sur l’affiche, avec un graphisme similaire, mais là lisibles à taille d’affiche. Le message c’est : « le dernier roman de » suivi du nom de l’auteur. Donc le mot roman, donc le patronyme de l’auteur, et on considère que ça suffit.

D’ailleurs ça suffit, à preuve que ça marche. Et il y a des précédents : le fabuleux « IV » de Led Zep, en son temps, sans autre titre non plus, avait été vendu dans une pochette de papier kraft. Et nous-mêmes combien de fois, dans nos mémoires molles et un peu trop lissées aux angles, on dira « mais t’as lu le dernier de » sans trop se souvenir de quel numéro d’article du code pénal figure dans le titre du bouquin de Tanguy Viel.

J’ai même pas besoin de faire long : je n’ai pas vraiment de conclusion. Quelque chose, machine molle comme nos mémoires, continue d’avancer et de grossir, que certainement nous ne maîtrisons plus. Hier, à la librairie de Paris, place Clichy, je disais à Jean-Christophe Millois le plaisir que j’avais à voir installé là, sur un tout petit présentoir, deux livres d’Annie Saumont, dont le décès n’a pas fait beaucoup de bruit sur les quais de gare.

Sans doute qu’ici, dans nos partages web et nos petits billets, on fait un peu la même chose aussi.

Dire quoi, alors ? Qu’une séparation s’accroît ? Elle s’accroît.

Est-ce qu’elle emporte le livre avec elle ? Hier, à la librairie de Paris, c’est le Quarto de Debord que je venais chercher, en particulier pour les explorations psycho-géographiques, donc non. Et même là, finalement, est-ce que j’ai utilisé un titre spécifique, sinon le Quarto de Debord ?

Non, donc retour au point de départ. À la recherche du temps perdu et autres vieilleries type Fleurs du mal, plus besoin de titre, les mecs, plus besoin.

Le dernier Musso, personne peut-être ne saura jamais le titre. Peut-être même pas ceux qui l’auront lu.

C’est vous, le titre, les mecs.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er avril 2017
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