2017.05.27 | rêves de cette nuit

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Dans les rêves de cette nuit revenait plusieurs fois quelque chose plus ou moins lié au boulot à Cergy, même si les lieux se mélangeaient, intégrant l’école d’archi de Nantes avec ses spirales, et une configuration urbaine avec grande courbe et lignes de bus que j’ai du mal à identifier. Pour les intérieurs, des couloirs, des amphis, une grosse circulation permanente de foule qui évoquait plus un lycée.

Bien sûr les occupations tout hier et aujourd’hui devaient compter dans le malaise, ce coup de fil le matin aussi – il y a comme des vagues d’incertitude sur soi-même qui remontent de tout au fond. Comme, là, je devrais être à écrire ce bref texte sur Philippe Cognée et je ne le fais pas.

Ainsi, dans le rêve, être arrêté par ces étudiants en plein sur mon chemin, grimpant l’escalier pour rejoindre une salle haut dans les étages, et, alors que je suis déjà en retard, me demandant une réponse sur une question compliquée touchant à mes itinéraires dans l’école. Et, plutôt que de leur répondre (je n’avais pas de réponse, je n’y comprenais rien en fait), me mettant à leur expliquer que ce qui manquait à leur approche c’est la dimension temporelle du lieu, que ces lieux bondés apparaissaient complètement autres si on les prenait à d’autres périodes, en particulier quand l’école était vide.

Dans le rêve, aussi, des histoires de casier, je ne retrouve plus tel vêtement, ou bien mon sac avec l’ordi, ou bien ces salles, qui ressemblent de plus en plus à des salles de lycée (ou, à la rigueur, la fac de Talence) se font labyrinthe – je ne me souviens plus dans quelle salle j’avais cours et en plus je ne me souviens même plus de ce sur quoi on devait travailler.

Un autre moment – mais savoir si le rêve n’est pas le brouillard de toutes ces perceptions simultanées, et que ce n’est pas soi-même qui les recomposons en assemblage linéaire – je suis dans un bus qui m’éloigne, par cette grande rocade en courbe, et donc je dois descendre, traverser, puis remonter à pied dans un paysage urbain disproportionné, ça, ça pourrait renvoyer à mes incursions vers Cergy-le-Haut, quand ça m’est arrivé. Et, antérieurement, c’était dans un bus aussi, je devais rejoindre Argenteuil mais ce n’était pas le bon bus, or je savais que j’avais forcément pris le mauvais bus, que je n’atteindrais jamais Argenteuil, que tout ça tenait à une mauvaise donne de départ.

Dans le rêve aussi, je suis dans une salle vide, une salle de cours vide. Personne ne sait vraiment que je suis là, et moi-même ne suis pas là pour un cours ou un atelier, c’est cette sensation d’espace fermé vide qui est curieuse (à ajouter dans le mélange des architectures universitaires sous-jacentes : Tokyo Waseda). Donc je devrais travailler pour moi, mais à quoi bon, je me dis, pour quoi faire. Hier, dans un carton, j’ai mis tous mes livres depuis le début que ma mère avait gardés, elle avait gardé aussi tous ces machins collectifs, ou de circonstance, ou traductions ou catalogues, ça pèse des kilos sur 35 ans et c’est tellement loin de soi-même. Elle avait aussi classé dans un dossier à mon nom des vieilles lettres, placées dans des enveloppes fermées, selon la ville d’où je les avais envoyées, y compris une enveloppe Bombay ou Stuttgart. Pas détruit ça, et pourtant je sais que je vais ni le lire ni le garder. Ça se paye bien de quelques rêves bizarres, portrait de vous en perdu.

Ce matin continuer le tri.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 mai 2017
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