2017.09.21 | Seuil, nous les vendus

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bande décimée

 

CECI EST UN BILLET D’HUMEUR on l’apprend à l’instant : le Seuil vendu à un conglomérat de boîtes de BD (en gros, Astérix et Famille Chrétienne) – et toi ces 8 ans tu y as publié 3 livres plus qu’importants pour toi, qui sont ta peau et ton sang CECI EST UN BILLET DE DÉTRESSE plus 7 trads Lovecraft en poche (vendues 6€ et moi 4% dessus) mais comme Points est rentable apparemment c’est pas compris dans la brocante et c’est pour ça qu’il y a 6 mois ils avaient foutu tout le monde dehors et remplacé CECI EST UN BILLET DE COLÈRE y a-t-il clause morale qui te permet de récupérer tes contrats ? et dans cette grosse vidange du banquier La Martinière, qui s’était approprié le Seuil par un jeu d’esbrouffe pas clair, puis l’a refinancé à l’aide de la maison de luxe Chanel, il y a moins d’1 an avait déjà sabordé Volumen en le bradant aux marchands de soupe d’Editis – amputé, le Seuil était dès lors condamné, les réactions en interne avaient été brutales CECI EST UN BILLET DE HONTE moi ça ira, plus que content de sauver ma peau avec mon Tiers Livre Editeur – tu vends tes livres à 5 copains mais au moins La Martinière tu lui dis m... et sincères condoléances à tous les ami.e.s et auteur.e.s du Seuil, le moral sera pas à la Noël MAIS CECI EST UN BILLET DE L’IMPASSE on se doutait que c’était dans l’air mais pas si vite, et on voyait plutôt Gallimard sur le coup qu’Asterix, l’affairiste La Martinière s’était emparé du Seuil grâce à la vénalité d’un ancien directeur, Cherqui, son propre succès tenait à un seul livre, les photos aériennes de Yann Arthus-Bertrand et depuis quelques années, en difficulté, il assèche le Seuil à son profit : ainsi, en janvier 2017 on nous a payé les droits d’auteurs.... comptabilisés au 31 décembre 2015, et en janvier 2018 on touchera ceux de l’année 2016 : je n’avais jamais vu un tel passe-passe légal – sur le matelas doré du marchand de bande dessinée au poids, en mal de valeur symbolique, le Seuil retrouvera-t-il un peu la paix ? peu probable que ce qui nous rend fier dans ce catalogue les intéresse, sinon l’éternelle course aux coups CECI EST UN BILLET DE PEUR je dois 2 livres au Seuil, je ne me défausserai pas (mais ce que je mets de lui-même dans mon projet Lovecraft, j’aurais l’impression de trahir), alors maintenant on fait quoi : moi comment je fais pour récupérer mes titres que je ne considère pas bradables comme ça (comment Après le livre ou mon Proust est une fiction ils pigeraient), comment et avec qui je continue quand toute confiance est mise en cause : les auteurs, matière inerte de la transaction, apprennent leur sort dans le journal CECI EST UN BILLET D’EXIL c’est eux qui nous y envoient.


- ...image : le Seuil, bureau de Fiction & Cie, rue de Seine en 2007, avant...

- et comme chaque auteur pris dans la braderie dépeçage, absolu besoin de votre soutien, les livres on les fait nous-mêmes c’est la seule voie d’indépendance et résistance, plus que l’odeur bizarre qui sort de tout ça, ça va pas être beau dans les ventes, les prochaines semaines, les bouquins de la maison... donc plus que jamais c’est pas une demande d’aide : mais explorez, tentez le coup, voyez à quoi ça ressemble, commandez un bouquin pour le recevoir 48h après chez vous, suivez les YouTube, participez au Tipeee d’un petit coup de tire-lire ponctuel ou un petit plus au mois – c’est juste ça qu’on veut dire : il est temps de passer à l’invention...



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 21 septembre 2017 et dernière modification le 22 septembre 2017
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