2019.07.15 | écrire écrit écrivaillon écrivain

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Ce matin en dépoussiérant, lui et le Grévisse. Depuis combien de temps pas bougé de cette étagère d’en bas. Depuis 2009 j’ai le Littré directement sur mon disque dur. Et quand je travaille connecté (donc tout le temps, accès d’un seul lien à un bassin de dictionnaires, dont le TLF, le Furetière et d’autres. Qu’est-ce qu’on garde, quand on maintient sans plus y toucher le Petit Robert qui s’effondre à peine on s’en saisit ? En novembre 1977, quand je suis monté à Paris, il s’en fallait de presque 5 ans avant la publication du premier livre, et ç’avait été mon deuxième achat, un peu après petite machine à écrire portative Olympia. L’achevé d’imprimer en témoigne : 1978. Pourtant, le Petit Robert, et le lien avec ce qu’on trace depuis la tête sur une feuille, ça remonte à la 4ème. Ce dico m’appartenait, mais soit resté chez les parents, soit déjà trop sali usé. Dans la tête, la netteté typo graphique, l’ordre et le dépli de la langue. Peut-être à caus se du temps passé dans Francis Ponge hier : ses lectures adolescentes c’étaient les dictionnaires, et non pas les romans. Juste avant de commencer les vidéos, j’avais cette série sur le site : dans ma bibliothèque, c’est ce que je n’arrive pas à trancher, entre blog et vidéo, pour la mémoire et le partage, ou tout simplement ce petit moment de prière immobile devant la langue, qui serait probablement même en vidéo qu’ici, même dans ce journal images qu’à reprendre la série blog endormie. Et quoi faire du dictionnaire inutilisable, mais tout de ta première découverte de la langue — non : ce qu’on en découvre autrement quand on a décidé d’écrire, y est encore typographié avec la même clarté, le même secret ?


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 15 juillet 2019
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Messages

  • Cette façon de retrouver les racines d’une écriture par les livres rencontrés et conservés , même égarés, me plaît. Je ne jette pas facilement les livres qui ont compté pour des raisons qui ne tiennent pas forcément à des choix personnels. Le goût de lire est venu dès les premières années de scolarisation. Les livres prêtés par les institutrices dans un milieu religieux, qu’il fallait recouvrir de neuf à chaque rentrée en apposant nos étiquettes d’identification sous une averse de recommandations pour en prendre soin, étaient des objets sacrés, de fait... Le dictionnaire était un livre de luxe, qui se méritait, il circulait de mains en mains selon les exercices et les recherches du jour, sous le regard attentif de la maîtresse, pas question de le manipuler n’importe comment ni d’écrire dessus même au crayon... A la maison, seuls les parents en avaient , le petit Robert ou le Larousse, des pavés mis hors de portée eux aussi. Les livres de cette valeur n’étaient achetés que rarement. Et pour les exemplaires personnels plus petits, il a fallu attendre le collège et le lycée. Le dictionnaire est un livre fascinant, un peu fou, puisqu’il ne cesse de renvoyer chaque mot à un autre , comme en ricochets sans fin. Il est un compagnon d’étude et peut-être un ami fidèle, serviable et bien luné. Seul son poids oblige à le feuilleter à plat sur la table de lecture et d’écriture. Le dictionnaire est un professeur idéal, silencieux et érudit, difficile de s’en passer pour écrire valablement dans la durée. Merci, François pour ce retour au Tiers Livre que j’ai beaucoup lu à une époque, malgré le manque de temps.

  • (je suis comme Ponge, quand je lisais des trucs, c’étaient des dictionnaires - le petit Larousse d’alors) (j’adore toujours ça d’ailleurs) (j’ai hérité d’un grand Larousse en dix volumes de la mère de mon ami DP. à la faveur de l’incendie) ( j’ai récupéré une Encyclopédia Universalis en 25 ou 26 volumes qui est dans le garagrenier) (les encyclopédies font un peu braire quand même) (j’ai recensé pas mal de frontispices pendant le week-end, trois occurrences je crois bien) (j’oublie souvent les trucs) (y’en a trois) hier passant sur les boulevards, je me suis souvenu que le premier de la liste est l’un de ceux de la porte Saint-Denis - ici le #347 - le seul de la porte Saint-Martin (ça se passe à Paris limite 2/3 et 9/10) - on allait au ciné, Down by law (une merveille, Jim Jarmusch, 1986)

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