2019.12.07 | tunnels


précédent _ suivant

On roulait dans ces tunnels. Ils avaient creusé ces tunnels pour ça, pour qu’on roule en soi-même. Tu entrais dans ta tête, tu ne ralentissais pas et tu roulais. Tu aurais pu charger des centaines de ces images : non pas la même image, mais l’infinie variation de ces images dans le tunnel. Qu’on soit sur des parallèles, chacun sa coque, chacun sa vitesse, probablement chacun sa musique intérieure. Tu roulais. Quand tu sortais, la ville. Des villes finalement si pareilles, les ronds-points et les immeubles tout autour, les mondes piétonniers tout au bout. Tu surplombais la vie piétonne de la ville, les villes sont dures, les villes sont nuit. Puis tu repartais. Ils étaient bien commodes, ces tunnels, saignées sous la ville, saignées sous la terre. Tu roulais dans les tunnels, tu t’inventais des livres.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 décembre 2019
merci aux 173 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page