2006.06.01 | Grenoble, travailler du chapeau


J’ai toujours un reste de méfiance aux gens qui s’arborent avec chapeau. En général ça se calme quand ils l’enlèvent, et que je sais de quelle singularité du visage ils essayent de détourner. Moi je n’en porte pas. Je peux cependant nommer toute une suite de personnes que j’estime, qui ont chapeau et non par arrogance (Jacques Bonnaffé, Bernard Stiegler, Ricardo Montserrat, Keith Richards et d’autres). Par contre, évidemment souvenir provincial du rôle que ça tenait, à Civray, via la vitrine de chez Gardès, ou le marché du mardi, dans la vie sociale d’avant 1968. Dans nos provinces, un magasin survit, qui en porte la tradition. J’ai des photographies de celui de Tours, de celui de Dijon, et j’ajoute celui de Grenoble. Ce qui sépare l’image numérique de la photographie, c’est sa capacité à procéder par séries : est-ce que c’est le mystère où on est de tout ce qui concerne le cerveau, qui rend fascinants les magasins de chapeau ? Monuments historiques de nos provinces.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er juin 2006
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Messages

  • Dans les cinémas, il y a des années, quelqu’un devant vous qui avait gardé son couvre-chef, bouchant la moitié de l’écran, s’attirait immmanquablement l’exclamation : "Chapeau !"

    Maintenant, les têtes nues sont alignées sagement dans le noir et les fauteuils installés en pente évitent ce genre de désagrément.

    Mais on peut toujours dire ou crier "Chapeau (l’artiste) !" comme marque d’admiration devant une oeuvre réussie, une répartie bien envoyée, une balle irrésistible au tennis.

    Alors, par ce simple mot, on se "découvre" un instant devant la beauté et l’on salue, symboliquement, la tête soudain dégagée dans les nuages.