respecter les araignées

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rives, fleuve, mer

J’ai toujours vu mon grand-père (paternel, né en 1899, comme Ponge, Sarraute, Michaux, drôle d’année) devant un établi, le long du mur de son garage sous les panneaux Michelin ou bougies Marshall jusqu’en 1965, et l’établi avec étau dans une petite pièce à lucarne en entresol ensuite. C’est sans doute ça qui m’a décidé, en arrivant dans cette maison : ce grand établi de menuisier (avec étau), avec lucarnon au ras de la rue. La possibilité de déployer les bouquins, et tous ces bricolages qu’on traîne, disques, matériel son. Entre la fenêtre et moi, une belle toile d’araignée. Mais cela aussi évoque souvenir de grand-père, l’autre, enfin son propre établi, pendant toutes les années d’après sa mort, livré aux araignées. Alors je n’ai pas touché celle-là, pour l’instant. Ponge et Michaux l’encadrent. A l’ordi, ces mois-ci, du mal à travailler assis, genre bureau. Pour les heures de concentration du matin, pas besoin de paysage. Je préfère un tabouret et même, sur le grand écran, debout devant. Et quoi de mieux qu’un établi pour ce travail de volume qu’on a à faire – c’est l’idée du travail, de l’artisanat, qui convient à ces plans de bois massifs, usés par ceux qui vous y ont précédé.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 août 2009
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Messages

  • L’ami que j’espérais de bon conseil vers une piste de sortie pour la situation bloquée qu’affectivement je subis, ne me parle que d’écrire et de m’y concentrer.
    Mais le carburant, je le trouve où s’il n’y a jamais plus personne à mes côtés ?
    Ayant fait ce qu’il pouvait, il me raconte ensuite quelques éléments (censément drôles) concernant la vie sexuelle de collègues de bureau. Pour deux d’entre eux je ne le déplore pas, mais plus aucun de ces mots n’a de sens dans mon existence.
    Je suis donc bien morte il y a trois ans de ça, et un petit spectre depuis tout ce temps-là, quelqu’un qui perdure en apparence mais qui n’existe pas. Et si je persiste à lire, c’est d’un au-delà (?).

    (photo par Étienne Dupriez)

    Voir en ligne : traces et trajets

  • mon grand père maternel était peintre et l’odeur de térébenthine a accompagné mon enfance, retrouvée ce matin après avoir pris la décision de passer (comme chaque année, par temps encore chaud) les plans de travail de la cuisine à l’huile de lin (50% de l’une, 50% de l’autre + quelques gouttes de dessicateur) . Maintenant, c’est huile de coude.

  • je ne sais pas pourquoi mais cet établi de menuisier me porte vers Colas Breugnon, la verve rabelaisienne du conteur ci-dessus quelque peu modernisée mais c’est tout !Warning...le continent américain a des araignées dangereuses.
    Le lien ? c’est un coup de coeur pour "mère et fils" de Romain Rolland
    Un coup de gueule également ;absolue conviction d’avoir perdu mon temps à lire" le banquier anarchiste" de Pessoa. Une pseudo démonstration, du verbiage, un faux entretien, il n’y a rien en face et, je le crains, rien à retenir...

  • ces araignées les plus communes qui nous accompagnent jusque dans nos sommeils. quel destin se joue dans ces vie d’attente, brouillée, précise ?

    Voir en ligne : Lire /Pholques/ en ligne