pensées de route


Le bus Québec-Montréal va légèrement plus vite que les camions, alors on les remonte très lentement, et pendant un instant – mais chaque fois – cet échange très vague avec le visage du chauffeur routier, lui-même regardant ce qui se passe dans le bus. Un homme seul et taiseux [1] dans le déroulement lent du temps, et paysage mouvant. Je mets discrètement l’appareil et je clique, mais la plupart des photos sont floues ou hors cadre. On n’arrache pas la pensée des autres. Ce qui réciproquement nous protège : temps de doute, incertitude, inertie, bifurcations.


[1Conversation amorcée avec DB.

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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 novembre 2009
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