tristesse du livre
samedi19 décembre 2009
Finalement, ce qui me mettrait le plus en rage (en même temps que, sans s’affaiblir, c’est comme s’il s’agissait de plus en plus d’un pays lointain, qui ne me concerne pas), c’est comment ceux qui étaient les acteurs principaux dans ce qu’on avait de meilleur, le livre, l’édition, s’enferment eux-même dans leur château ouaté et de plus en plus désert, à force de ce vocabulaire se méfier, empêcher, protéger, compliqué etc... Les universités qui font semblant massivement de ne rien voir, et surtout pas là où leurs propres étudiants avancent dans le langage, sans compter l’aveuglement intellectuel : le texte comme s’il existait historiquement hors de son contexte de reproduction et diffusion. On entend distinctement les scies circulaires qui rongent à l’intérieur : la presse et les journaux qui ne font que parler d’Internet comme s’ils ne trouvaient rien de mieux que creuser encore plus vite leur propre tombe (heureusement, il y a ceux qui prennent pied dans le continent neuf, Rue89, Mediapart, le nouveau Libé), et la recomposition interne de ce que propose le monde de l’édition, pour arriver à garder une enveloppe globale stable : effondrement justement de ce qui faisait le plaisir des librairies, les découvertes aux petites maisons, aux collections, aux revues. Bon, pendant ces 2 ou 3 ans c’est comme si on s’était usé à taper sur des murs : ils ne voulaient pas entendre. Maintenant, le plaisir du neuf, de l’échange, du furetage, et progressivement la densité éditoriale même c’est de notre côté. Alors oui, regrets à ce monde qui s’efface, et tous ces copains de 20 ans qui ne prennent même plus contact, accrochés qu’ils doivent être à leur idée d’un monde en survie, victime du méchant Internet, au lieu de nous rejoindre où ça se bagarre, résiste, invente. Cette fois on y est, dans le virage : une journée de bilan, factures, paiements pour publie.net – le moral est bon, on tient, on avance, on continue. And the hell of the rest. (Photo : Hans Christian Andersen, bronze, Central Park.)
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Messages de forum
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#105
19 décembre 2009 14:45, par PdB
une promenade dans la rue des Pyrénées à la recherche de l’agenda 2010, et puis non, pas de papeterie, mais une vraie ménagerie (côte à côte le lion et l’agneau : "qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?", je sais bien que c’est un loup, mais enfin "vous ne m’épargnez guère, vous vos bergers et vos chiens" ne va pas mal non plus), dans un tout petit bazar comme on aime, là-bas la fontaine Gambetta, le théâtre, la librairie, les cafés et les brasseries, celles des portes aussi, les projets et les sentiments (sous ton bras gauche, sentir ton coeur qui bat)

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ils ne cessaient de se répéter, comme une ritournelle, les marchands "vous vous rendez compte, -17°C cette nuit, -17°C cette nuit" il est vrai que le peu de jour et de lumière réchaufferait jusqu’à un bon -1O°C les lieux en adret, mais on avait froid pour eux, les marchands, derrière leurs étals, où les légumes se surgelaient tous seuls. Et cela, cette parole pauvre et juste, quel livre pour la contenir ? tout ce petit folklore changeant, de lieu en lieu autre et même tout à la fois, comment le perpétuer autrement que par leurs gestes et leurs voix, autrement aussi que ne le fit Nerval dans Lorely , bien un peu moqueur ? ( "Il faut bien l’avouer, on parle moins français à Strasbourg qu’à Francfort ou à Vienne, et de plus mauvais français quand on le parle")
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écureuil comme je suis, j’en aurais bien été capable, je l’aurais fait sécher et peu importe le résultat, c’est le côté sacré du livre
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Je le sais un peu malade mais voilà, il est loin. On communique néanmoins. Étrange époque où se bloquent des trains jadis improbables, où l’on commémore à tout va, mais sans plus de respect, où grâce à l’internet on peut écrire à tous ou à qui veut.
Et tant partager.
Déçue par le spectacle auquel je suis allée ; pourtant presque une standing ovation. Aurais-je si mal capté ? Reste la voix d’Alain Bashung, que je persiste à croire vivant.
Voir en ligne : traces et trajets

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