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Depuis notre déménagement, c’est la maison d’à côté. Il fait un hiver à Québec beaucoup plus serein qu’en France, mais à 17h il fait nuit noire. Alors, passant devant le couloir avec la file, et l’immense salle jaune aux grandes tables, il y a tous les visages, face, profil. Et cette façon si spécifique de manger, ici, à Nancy, n’importe où, quand c’est ici qu’on mange. Ils gardent casquettes ou bonnets. Il y a tous les âges, des couples aussi, beaucoup. L’Amérique comme machine à faire les pauvres, les cassés. Si loin de l’image qu’on a nous, tellement plus près des photographies des années 30. Je marche lentement. Chacun de ces visages est une histoire complète. On dirait que l’espace et l’histoire, ici, sont bien plus marqués dans le corps même. On voudrait Frederic Wiseman ou notre Depardon pour s’installer là, faire mémoire, et que ces histoires on les sache. C’est Lauberivière. La contribution est de 0,75 $ par repas. Le souper est servi de 16 h à 18 h, 365 jours par année.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 janvier 2010
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