relevés


Voir est un travail. Voir s’apprend avec des médiations concrètes. Dans le travail avec les étudiants, souvent on s’embarque dans ces zones : utiliser la périphérie rétinienne, savoir analyser son propre chemin de perception de l’image. Il y aussi, sans doute, méditer en tant qu’activité de l’extrême, et on est si humble dans ce qui très lentement y mène (tiens, Jean de la Croix ?) Pour cela que nous avons besoin, comme de la lecture, du musée, où qu’il soit - et là aussi le chemin qui y mène fait partie du regard (comment accepter, de Londres et Paris, la non restitution de ce qui a été pillé en Égypte et en Grèce, puisque c’est d’actualité ?). Québec est une petite ville de (belle) province, le contraire de l’exubérante et violente Montréal. Un des lieux qui servent d’antidote, c’est cette salle toujours quasi déserte du musée des Beaux-Arts, consacrée aux artistes du Nunavuk. Il faut y attendre, à revenir on perçoit encore différemment. La dernière fois, j’avais relevé les noms dans mon carnet (oui, j’ai un carnet dans la poche, dans les musées, toujours) : nécessaire pour retrouver ensuite sur le web Barnabus et les autres. Mais celui qui, dans le musée, au lieu de placer des mots dans son carnet, redessine : que se joue-t-il de mémoire dans la main elle-même, en quoi cela déplace-t-il son regard par rapport au mien ? Dans ces salles où l’appareil-photo est interdit, qu’emporte-t-il de ce que déplace, en soi-même, ce qu’on regarde – et qu’on nomme art ? Pas eu la réponse de François Place, on est parti en le laissant seul, dans la pénombre, dessiner encore.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 avril 2010
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Messages

  • intimité de l’oeuvre que l’on approche plus quand la regarder s’apparente à un travail

  • c’était lundi, on se promenait de ce côté des jardins de Belleville, on attendait un peu de chaleur qui arriverait le lendemain, un peu comme aujourd’hui en remontant l’avenue, quelque chose qui veut dire quelque chose (ravi de la confiance)

    • blanc , envolée de sable , étourdissement de " El final de este estado de cosas " commence , Israel Galvan défie la mort , danse jusqu’aux portes de l’enfer , mouvements arrêtés déchaînés , passage de l’homme à l’oiseau , de l’homme à la femme , Israel Galvan s’arrête , trace avec son corps dans l’espace et le temps son histoire de l’Apocalypse , corps / instrument musical , embarquement dans un paysage sonore traversé de flamenco , d’heavy métal de chants , de silence ... dernière lumière au visage

    • une trainée de poudre
      avez-vous remarqué depuis quelques jours ?
      pour conclure dans le genre "c’est bon, c’est OK, c’est parfait", tout le monde vous dit " çà marche"

    • j’ai remarqué, ces temps derniers, une tendance à se quitter sur un "à bientôt" même quand ce n’est pas justifié plutôt que sur un "au revoir" ou tout autre formule, et ce dans nos vies réelles et virtuelles - comme une réticence ou une incapacité à se séparer sans poser un terme proche à la séparation, y compris contre toute raison : une peur générale de l’abandon ?

      Voir en ligne : L’employée aux écritures

    • Ben , ce ne sont pas des tics , encore moins des parasites ! tous ces petits mots , que vous pouvez trouver insupportables contribuent à différents niveaux à "indiquer la continuité du discours . Ils sont une des caractéristiques du français oral , et sont d’ailleurs , à tord souvent considérés comme des parasites qu’il conviendrait d’éradiquer dans un discours oral .Ouvreurs , marqueurs de conclusion , de négociation de sens , ponctuants " ben quoi " ... Eh oui ! ; ils sont très utiles dans la co - construction de l’interaction ...Mais bon je m’arrête , allez tchao ! ( pour la référence c’est Véronique Traverso chercheuse du GRIC , Groupe de Rcherche sur les Interactions Communicatives)

    • comment oublier Ines Bacon , Juan Jose Amador , Alfredo Lagos pour les chants , José Carrasca , Ebisca Sanchez , Marco Serrato , Ricardo Jimenez , Borja Diaz , Antonio Moreno , Antonio Bocanegro pour les musiques et le jeu permanent avec Israel Galvan

    • évidemment que c’est important, mais je crois que c’est un certaine mode, par exemple on parle aussi beaucoup de "pour le coup" de nos jours ; ou alors les "j’allais dire" ou les "je veux dire" ce genre de salades qui sont co-constructives de quelque chose, certainement, mais aussi très certainement d’une appartenance - le même genre, à vomir, les "booster" et autres "gniaque" ou autres termes qui indiquent d’abord une manière d’idéologie... Hu ?

    • c’est aussi une histoire d’appartenance à telle ou telle classe sociale , culturelle ... mais bon , ces petits mots participent pleinement à la construction , par exemple , d’une conversation , ces "j’allais dire ", "je veux dire " ( marqueurs phatiques) , permettent à celui /celle qui les dit de s’assurer de l’attention de l’ interlocuteur . Quand on travaille sur des transcriptions de corpus , on découvre vraiment la face cachée de l’oral , la cohérence ( enfin pas toujours ! ) dans la complexité de la construction ...Et ces constructions complexes , et bien on peut les retrouver chez certains poètes sonores , je m’arrête ! ( n’ai pas compris "manière d’idéologie " )

    • je croyais qu’on ne faisait pas voyager dans le même avion tout le staff d’une entreprise ou tout un gouvernement ; çà ne va pas être simple pour les polonais.Sans être superstitieux, le nom de Katyn est vraiment un nom maudit.

  • Dans une de ces soirées 3 en 1 que la vie parisienne oblige (et les amis qui travaillent beaucoup et bien), passer à pied d’un des lieux à un autre et au vol photographier ; une photographe accroupie
    un insecte volant
    , une panthère, un serpent, des papillons, Nemo et puis ce chat.
    Bestiaire des rues parisiennes.

    Longtemps plus tard de quoi est-ce qu’on se souviendra ?

    Voir en ligne : traces et trajets