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2008.07.07 | visite à Louise Bourgeois

Comme affronter nappe souterraine bien plus lourde que ce qu’on se connaît de vieille procrastination, ou bien tout simplement la confiance qu’on a à simplement lire et rêvasser, parce qu’on sait que là aussi la ressource principale pour entrer dans ce monde flottant de l’écriture. Départ dans 20 jours, il y a bien des choses concrètes à empiler brique sur brique comme un mur : rangement, transporteur, sécurité sociale, tri de ce qu’on jette, ce qu’on donne et à qui, et de ce qu’on rapporte. Pas d’animosité contre la ville, mais elle-même, pour signifier la boucle, a retrouvé cette moiteur lourde qu’elle avait à notre arrivée, fin août de l’an dernier. Les chantiers ouverts appellent encore : hier, beaucoup de temps dans Buffalo, mais là aussi un peu comme un refuge. Lecture de Truman Capote (In a cold blood), de l’extraordinaire Elisabeth Gaskell (Cranford), poursuite de Lovecraft dans lequel je n’étais jamais véritablement entré avant Providence, et grâce auquel je perçois autrement le rapport intérieur/extérieur ici à Québec (photo ci-dessus, cette distorsion du réel). Mais il y a une sorte de coquille de plus en plus lourde à déplacer ou lever : se dire que désormais on attend, mais c’est tout qui attend. Dans un drôle de sursaut, hier, entré à Zone parce que, dans cet écrasement, depuis 3 jours au moins, il y avait la pulsion d’un épais cahier de 250 pages, et pendant les 3 prochains mois écrire hors blog, hors site – non pas pour le rapport public/privé, parce que j’ai aussi mes ateliers nuage, mais pour rythmer, rompre. A Zone ils ont bien reçu leurs iPad, mais rayon cahiers il n’y a que les répertoires alphabétiques, ou bien des cahiers Clairefontaine que je trouve trop scolaires. Ce n’est plus porteur, la papeterie et les cahiers, sauf pour les inévitables Moleskine. J’en ai un dans mon sac d’ordi, format carnet, mais exceptionnel que je m’en serve. Et là, pour ce que je souhaite obscurément, je voulais vraiment un format cahier. Le Moleskine n’est pas si mal, mais coûte 20 dollars : normal, c’est une de nos plus belles réussites à l’exportation, d’ailleurs leur site est en anglais, mais ils sont faits à Tours en Indre-et-Loire, là-même où on habite [ATTENTION : CF RECTIF COMMENTAIRES]. Bizarre que sur le site toute référence au lieu de fabrication soit soigneusement évincée : Modo & Modo. En 2006, ils ont vendu la marque à la Société Générale pour 60 millions d’euros : je n’ai pas acheté le carnet Moleskine. Ce matin tout va bien, le projet traîne toujours dans la tête, mais c’est juste à cause de cette désoccupation provisoire, que je n’arrive pas à m’y lancer – juste attendre



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 juin 2010
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Messages

  • Les carnets extra-plats Quovadis ("Où vas-tu ?") semblent ici s’imposer... http://www.quovadis.eu/fr/papeterie/detail.asp?arId=875

  • J’ai mis à jour la page wikipedia française à propos du Moleskine.

    Il n’y a pas de mentions de la fabrication, mais c’est maintenant une société à part entière dont le siège est en Italie.

    Voir en ligne : Moleskine sur wikipedia

  • Avoir toujours une part sur papier. Au départ parce que "l’Usine", alors un carnet pour écrire (1) très vite fait aux interstices, dans les toilettes le plus souvent, noter trois mots dont on espère qu’ils feront le soir venu encore sens.

    Ensuite par habitude un peu de la même façon qu’on peut s’efforcer d’avoir une alimentation variée. Les cahiers, puisqu’à présent je peux écrire sans me cacher, et que mes chers carnets Clairefontaine old age sont décidément introuvables (2), la dimension a légèrement augmentée, sont mes fruits frais.

    Pas de marque, cette fois : il convient simplement qu’ils soient solidement cartonnées afin de résister à ma vie désordonnée.

    (1) Texte écrit en décembre 2004 chez Christie de Maviesansmoi, pour participer à un jeu qu’elle organisait.
    À présent que ma vie a été si bouleversée, retomber sur ces carnets-là me fait un drôle d’effet. C’est dur d’être semée par son âme-sœur, l’amie qui alors se tenait à mes côtés. C’est formidable d’avoir pu se libérer du job qui aliénait. C’est bizarre que tout ait à ce point changé. Et l’amour aussi.

    (2) J’ai reçu à ma question "Où les trouver ?" plusieurs réponses des services clientèle de cette marque et effectivement cette gamme est suivie dans les papeteries indiquées ... sauf ce modèle précis du petit, épais et sans spirales.

    Voir en ligne : traces et trajets

    • acheté en décembre 2005, utilisé dans les deux sens, mais il reste un peu de place (l’armature de ce qui s’écrivait en 2006 et jusqu’aux frais d’affranchissements d’envois des manuscrits) - j’en ai un autre maintenant, mais moins bien, jamais retrouvé le même modèle

      Voir en ligne : ms

    • Curieuse coïncidence, au surlendemain d’écrire ces mots, passant par hasard devant une papeterie à Boulogne, l’intuition de prendre le temps d’entrer, et dénicher un lot de ces anciens et introuvables carnets. Pour une fois sans scrupule, j’ai tout acheté.

  • De mon côté, choisi un cahier gris Clairefontaine à spirales pour noter tout ce qui est en rapport avec la parution de Franck . On y trouve des listes, des papiers collés, des ratures, rien qui n’apparaîtra jamais tel quel.

    Voir en ligne : Fenêtres Open space

  • offert par H ; j’ai commencé par y écrire les numéros de téléphone des avocats, puis les numéros de comptes, puis des adresses de libraires, un peu de pense-bête des réunions de travail (avec Gino je me souviens Marcadet Poissonniers) ; mais il ne me sert que peu sauf quand j’en ai besoin, et qu’il s’avère que je l’ai perdu entre les sièges du cinéma "Le Panthéon" pour voir le "Film Socialisme" de Godard, il y a quelques semaines (c’était une belle soirée hein)(on y trouve de nombreuses extensions, fiches bristol, cartes de visite...)

  • leur écriture sur les murs.
    Départ ce soir, et demain retrouver ceux de Gottingen. Sûrement en fleurs.

  • c’est en changeant que j’ai remarqué sur le plan un anachronisme : voilà quelque chose qui va devenir un "collector" puisque le "Musée d’Archéologie Commission du Vieux Paris" va être transformé en un restaurant par la grâce de Bertrand Premier (deuxième mandat) (on peut encore se marrer)

  • et là, les ongles et le sac (j’adore mes contemporaines) (je n’ai pas pris les faux cils - 45 centimètres au moins -, et il a fallu qu’elle bouge quand mon appareil s’est déclenché, comme d’habitude à peu près trois heures après que j’ai eu appuyé sur le bouton) : la classe...

  • se souvenir longtemps plus tard si toujours là, que c’était ce mardi 8 juin 2010 que j’avais (qu’on avait, Sylvie et moi) rencontré Sofi Oksanen.
    (et pour ma part appris la naissance du petit Joseph de Jérôme et Michela, welcome on board, petit gars)

    Voir en ligne : traces et trajets

  • le mercredi, depuis qu’il est chômé des mômes, a le don de m’ennuyer profondément (comme tous les autres jours d’ailleurs) : aujourd’hui, pas arrêté de pleuvoir (en juin, putain !) essayer de réaliser, continuer encore, mettre du collyre, déjeuner avec toi (trop bien), continuer à écouter les entretiens, prendre en main audacity (merci PM), montage, mixage, enregistrer la page 48 de l’histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn ; continuer, les courses, changer les draps, lessives, repas, double journée, ou ça double journée ? Marre des fois... (graffitis du faubourg : ça n’avance pas, ou quoi ? bientôt ouverture d’une boutique de fringues, les paris sont ouverts...)(comme pour les unijambistes au palace qui ne passeront pas le premier tour, j’adore ça)(même avant que ça n’ait commencé, y’en a plein les ondes... dlamerde)

    • PdB j’ai mis du temps à comprendre "les unijambistes au palace"..., des fois faut vous suivre !

    • Saisissant contraste : à Séville jeudi dernier, le matin, grosse manif très déterminée des fonctionnaires pour diminution prévue de leurs salaires de 15% ; le soir, même lieu, procession de corpus christi où des milliers de gens se déversent et suivent les saints enrubannés et fleuris qu’on a sortis de la cathédrale ; sont-ce les mêmes personnes ? la question est restée sans réponse mais c’était étrange.