2010.06.24 | Québec adieux #7, Montréal infiniment


Seulement un album (photographies aussi de Joachim Bon).

Le goût qu’on prend des villes est irrationnel. Montréal sait le provoquer. Pourtant elle n’est pas belle. C’est autre chose : ville grise, ville avec l’eau, ville ciment, ville trop peuplée. Mais qui accepte son destin américain. Ville bilingue, et qui le revendique, quelque masque politique qu’on prenne pour faire croire le contraire. Langue qui n’est qu’à cette ville – et que je considère comme immense chance pour la communauté francophone, d’abolir les remparts pour se risquer dans la langue continent. Voir (et lui pardonner son impossibilité Proust) les lectures de Nicolas Dickner. Ville poussière, déjà souvent sur ce site, parfois glissant vers la fiction qu’ elle est aussi.

J’avais pensé dérouler une masse énorme de toutes ces images numériques empilées dans l’année – elle se serait renouvelée d’elle-même au-delà de ce quiconque aurait supporté d’en voir. Finalement, je me limite à 28, les miennes pour les 22 premières planches, Bon Joachim pour les 6 dernières.

Montréal en elle-même mouvante. Lire Pierre Nepveu, lire Régine Robin. Retrouver des dizaines d’images d’un Montréal de détail dans la Grange de Karl Dubost. Ce qui nous décale nous, quant à l’absence de ruine, quant à la ville qui se refait sur elle-même.

Je ne sais pas photographier les visages : à Montréal, comme à Toronto ou New York, ce sont les visages qu’on voudrait.

Je sais archiver les textes à peu près, les images je les mêle et les perds sans arrêt, alors ce site un repère nécessaire, pour le classement, la trace si une trace à intérêt hors pour soi-même et encore.

Et parce que Montréal.

Montréal, © Joachim Bon
Montréal, © Joachim Bon
Montréal, © Joachim Bon
Montréal, © Joachim Bon
Montréal, © Joachim Bon
Montréal, © Joachim Bon


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 juin 2010
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