qui je suis

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Cette fois ça y est, affaires emballées dans les valises, s’en vouloir de quelques affaires qui auraient pu partir dans la partie cargo, l’ordi tout seul sur sa planche et encore 2 ou 3 choses à faire, aller rendre le modem à Videotron (dernier moment, bien sûr), fermer le compte en banque (pas difficile, y a plus rien dessus) et on sera probablement à l’avance à l’aéroport. Ce n’est pas une séparation d’avec le Québec : l’impression au contraire que la frontière intérieure sérieusement cassée, et que ce ne sera désormais pas plus loin que les copains de Suisse ou de Quimper – et que ça reste pourtant un fameux travail intérieur, qu’on se pogne avec les Québec en frères et sans frontière. Content des messages qui arrivent des anciens étudiants, de ce côté-là aussi il y aura des suites – et pour Kuessipen ça ira au bout je vous assure. Reste, à ce tout petit peu qu’on est, quand il ne reste plus qu’un ordi sur la table, qu’on ne sait pas trop ce qui vous attend de l’autre côté, curieuse question qui surnage : qui je suis. On sait que ça a vieilli, ce qui s’est intérieurement alourdi. Du coup, je regarde les photos du tout premier jour où j’étais venu à Québec, en éclaireur, 20 mars 2009, et je retrouve ce bureau, noms sur la porte qui ne me disaient rien à l’époque, et la photo probablement déclenchée à cause de cet ordi fermé, tout seul sur la table. Bizarrement, la semaine dernière ou celle d’avant, passant une dernière fois visiter en son bureau voisin René Audet, je m’étais assis à cette table 10 minutes pour l’attendre. Les noms sur la porte (Simon Brousseau est à Montréal et blogue, Annie Rioux est à Montréal écrit probablement mais blogue secret, Josée Marcotte écrit et blogue, Geneviève Dufour blogue et écrit, Salon Double qu’ils font ensemble continue) ne me sont plus inconnus, et pourtant quelle importance entrer dans la pièce ou pas, c’est par le Net qu’on se renvoie les balles. La semaine dernière, le petit ordi blanc était toujours là, pareil éteint – et je ne savais plus l’avoir pris en photo. Il y a quoi dans un ordi éteint ? Probablement rien de personnel, et s’il y avait ce serait protégé par mot de passe. Est-ce que les ordis gardent quoi que ce soit de nous-mêmes, nos errances, visites, temps perdu, textes effacés, photos perdues – ça ne doit pas avoir d’importance. Le cahier que je m’étais acheté il y a 10 jours avec un stylo-plume, finalement ça m’a encore mieux renvoyé à ce que je grignote là, sans archiver, directement dans le nuage. Peut-être qu’on pourrait tous partir, laisser nos ordis sur les tables. Que ça suffirait pour la continuité du monde. Qui je suis ? donc, voilà, pas de réponse – couvercle fermé, comme le petit ordi que personne n’a touché. Sinon qu’eux, les noms sur la porte, ils ont du temps et de l’énergie devant. Idée qu’on passe le relais, et que dans ce qui fut ici cueilli, une part de la confiance est très précisément en cela.


écrit ou proposé par François Bon _ licence Creative Commons BY-NC-SA (pas de © )
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 juin 2010
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Messages

  • drôle de journée, le matin assis à la terrasse, je regarde ce que je vois, je prends mon appareil téléphone-photo, je déclenche un camion passe (évidemment) voilà ce que ça a donné

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    • pfff.... quelle plaie...! je recommence, c’est mieux ?

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    • drôle de journée parce que j’ai perdu la mémoire, je ne me souviens plus, entre la fête et mon retour à la maison, mon passage à la pharmacie, le soleil et la chaleur, je me suis allongé et j’ai perdu la mémoire, tout à coup, quelques heures, comment suis-je revenu de Sèvres Babylone à Richard Lenoir ? Puis à la maison ? Je ne sais pas, je n’en sais rien, j’ai oublié

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  • C’était un beau jeudi, nager, danser et au soir la fête à l’Attrape-Cœurs en l’honneur d’un ami dont c’est le premier livre à paraître pour les grands.

    Elle est vraiment splendide ma nouvelle vie.

    Pour autant ce manque d’énergie, celle que j’aurais dû avoir à 20, qui m’a souvent fait défaut, et qu’en me sauvant du job toxique je n’ai sauvée que pour partie. Le temps qu’on sait compté ; les amours terminées.

    Il est étrange de démarrer une nouvelle vie à l’âge où l’on devrait transmettre. Je n’ai pour l’instant à offrir que l’exemple d’une non-résignation.

    Voir en ligne : traces et trajets

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