avec un bon livre


Vu au supermarché ce matin, un stand devant les caisses : Relaxez-vous avec un bon livre et 2 gamins en job d’été pour distribuer le prospectus de vente par correspondance, pas eu le courage d’aller chercher leur catalogue à merveilles. Mais l’après-midi, séance bureau de poste, bien obligé ces temps-ci avec tas de paperasses, courriers suivis etc, bien forcé de constater à 1 an de distance la dégradation, les files de gens qui attendent, la politesse approximative qui signe le malaise. Doit pas être facile d’être derrière le guichet dans ces conditions. Mais retrouvé ce qui semble la coqueluche de quelques fonctionnaires plus tranquilles que les guichetiers : le bureau de poste et sa petite épicerie de choses inutiles, breloques comprises. Et ce présentoir de guides pratiques (je croyais que la photo serait nette, et que je pourrais recopier quelques titres), vendus 3 euros et des poussières. Bien sûr, la littérature populaire, les almanachs, le calendrier de la Poste, c’est une tradition. Mais en face de la Poste il y a le magasin de musique qui a crevé (5 quand on est arrivés à Tours, plus qu’1 qui tient), à 2 rues, la librairie de mes copains du Livre qui va bien, mais enfin ce n’est pas la même conception du livre. La tristesse de ce que devient le livre industriel, ce n’est pas que de tels présentoirs existent : c’est qu’on les place au lieu même du mépris des gens, les chômeurs qui viennent pour une formalité ou leurs photocopies (le guide pratique pour manger bien ou aménager sa maison, ce serait d’abord de leur donner un boulot), les personnes âgées qui ont un petit truc à retirer, ne sauraient pas se servir de la machine à affranchir, ou tous ceux qui retirent quelques dizaines d’euros de leur livret de caisse d’épargne, la Poste, quoi... Faut dire que c’est facile de se poser la question : les bureaux de Poste de quartiers on les a volatilisés. Genre de conversation, une dame qui approche du guichet : – Il y a une personne asiatique qui travaille chez vous ? Tête interloquée du guichetier, puis sa collègue qui prend le risque : – Oui, il y a une personne asiatique, mais elle n’est pas là aujourd’hui. La dame : – Parce que chez vous ils ont dit que la femme de ménage n’est pas venue travailler samedi, et moi la femme de ménage elle m’a dit qu’elle est venue, et que même elle a vu une personne asiatique... – Oui, mais elle n’est pas là aujourd’hui. – Mais vous, vous l’avez vue, la femme de ménage ? – Moi je n’étais pas là samedi. Mystère des Postes, pour le temps que ça va durer encore (autant que la pauvreté ?).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 juillet 2010
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Messages

  • ici une seule poste pour les paquets pendant l’été, et tant pis me priverai de ces dialogues et devrai laisser repartir celui qui m’attend, trop loin, pas la force ni le temps

  • N’ai pas pris de photos : étais en trop bonne compagnie pour l’ennuyer d’arrêts intempestifs, mais voilà, réconfortant de voir combien dans les jardins perchés du Montparnasse Monde il y avait de lecteurs disséminés chacun tranquille dans les ombres et les coins. Et y croire à nouveau (les gens lisent).

    Voir en ligne : traces et trajets

  • ça avance caché - rideau tiré, mais parfois un mouvement (ici, le couple que je voulais prendre en paparazzo : le temps de bouger l’appareil avec eux, à l’aveugle, les voilà qui passent devant le rideau baissé) (mais derrière, ça bosse)(j’aime son chapeau à lui, son sari à elle)(on ne la voit pas alors qu’elle était de profil sur la photo initiale) : ce qui est à peu près sûr, c’est qu’ils vont ouvrir lorsque je serais à Lisbonne (ou alors à Rome) (hein...)

  • sur la 2 direction stal - c’est là que je m’arrête- , j’ai l’impression qu’elle lit une prévision astrale (rien à voir : le texte c’est de l’hindi, du thaï ou j’en sais rien) : super concentrée, elle ne voit rien de la manoeuvre du paparazzo de Belleville de juillet 2010 (elle m’a plu quand je l’ai vue s’installer) (j’aime bien aussi le pied en tongue, en bas, à gauche)