nos caisses


Le contrat de service le précisait bien : livraison pied du camion. Et donc les derniers mètres c’était déjà retrouver ce qu’on avait partie oublié, évacué de Québec vers le 20 juin (on est le 10 août), camion qui les dépotait à Montréal, puis en palette dans conteneur pour un de ces cargos qu’on avait si souvent regarder passer sur le grand fleuve, jusqu’au Havre. Pas de taxe des douanes, pourtant pas simple les paperasses, mais de bons coups de cutter dans les cartons pour voir si c’était vrai qu’il n’y avait rien là que des chaussettes et de la littérature. Retrouvé mes 3 Pléiade Michaux, les 2 Gracq, les 2 Borges (vieille édition), le Saint-John Perse et ma cargaison pour les ateliers d’écriture – plus la pile de Thomas Bernhard rachetés un par un chez Olivieri cet hiver parce que c’est ça et rien d’autre qu’il me fallait relire. Et puis là quoi faire de tout ça : nouvelle montagne sur le sol déjà encombré. Est-ce qu’on a encore un pays, ici ? À quoi ils servent, les bouquin d’ateliers d’écriture, quand les universitaires ici ont trouvé que nous appeler agents culturels extérieurs ça évinçait beaucoup mieux les problèmes ? Monter soi-même dans la caisse, habiter là ? (Souvenir de Kobo Abê, L’homme-Boîte.) Bon récupéré aussi la guitare basse.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 10 août 2010
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