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	<description>chronique photos et journal, par Fran&#231;ois Bon</description>
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		<title>journal | intoxication langue (Dunsany, Soleure)</title>
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		<dc:date>2014-05-31T20:38:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Suisse</dc:subject>
		<dc:subject>roman, fiction, &#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Dunsany</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rien de tout &#231;a n'&#233;tait pr&#233;vu, je me disais que les longues heures de train favoriseraient les rattrapages boulot tu parles. Il y a aussi que je sais de mieux en mieux ce que je vais risquer cet &#233;t&#233;, et que m&#234;me sans vraiment prendre de notes l'&#233;tape de pr&#233;paration c'est cette sorte de mac&#233;ration lente. Donc Lovecraft parle si fr&#233;quemment de Dunsany (suis dans traduction de son texte de jeunesse sur l&#171; a composition litt&#233;raire &#187;), et sur ce point crucial d'une po&#233;tique de la prose, qu'il me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?mot86" rel="tag"&gt;Suisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?mot245" rel="tag"&gt;roman, fiction, &#233;criture&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tierslivre.net/krnk/IMG/logo/arton1718.jpg?1426630400' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rien de tout &#231;a n'&#233;tait pr&#233;vu, je me disais que les longues heures de train favoriseraient les rattrapages boulot tu parles. Il y a aussi que je sais de mieux en mieux ce que je vais risquer cet &#233;t&#233;, et que m&#234;me sans vraiment prendre de notes l'&#233;tape de pr&#233;paration c'est cette sorte de mac&#233;ration lente. Donc Lovecraft parle si fr&#233;quemment de Dunsany (suis dans traduction de son texte de jeunesse sur l&#171; a composition litt&#233;raire &#187;), et sur ce point crucial d'une po&#233;tique de la prose, qu'il me fallait bien commencer d'aller y voir. J'ach&#232;te un titre sur Amazon et le charge sur mon Kindle, rien que de tr&#232;s banal (d'autant que je lis de plus en plus en anglais), mais je ne trouve que le &lt;i&gt;Book of wonder&lt;/i&gt;, j'&#233;largis la recherche et arrive tr&#232;s vite sur le Gutenberg Project : &lt;a href=&#034;http://www.gutenberg.org/browse/authors/d#a2685&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une pleine page&lt;/a&gt; avec toutes les oeuvres de Dunsany d'avant la loi am&#233;ricaine sur le copyright de 1923 (alors qu'&#233;videmment Dunsany, irlandais, n'en rel&#232;ve pas). Comme &#224; mon habitude l&#224; encore, je charge ce qui m'int&#233;resse, avec reformatage automatique pour un rendu correct. Et je d&#233;couvre ce livre de 1915, 96 pages dans mon fichier, &#171; 51 Tales &#187;. Apr&#232;s, c'est le lendemain matin dans le train. En feuilletant ces &#171; 51 Tales &#187; , la d&#233;couverte d'histoires en prose br&#232;ve, mais &#224; forte densit&#233; lyrique, et un fonctionnement auquel tout d'abord je ne comprends rien. Pas de difficult&#233; de vocabulaire, ni m&#234;me de grammaire. Tr&#232;s rarement besoin des dictionnaires qui pour Lovecraft me sont constamment n&#233;cessaires. Je &lt;i&gt;comprends&lt;/i&gt; l'histoire. Mais je ne ma&#238;trise pas ce qui m'y d&#233;range, passe par les renvois de mots, les sym&#233;tries de figures, et le surgissement de l'absurde par la grammaire m&#234;me. J'ai l'impression d'&#234;tre chez Haarms ou Vvedenski. Alors j'en prends une et je la r&#233;dige (&lt;i&gt;traduit&lt;/i&gt; ?). Voil&#224; comment &#231;a a commenc&#233;, 4 quand j'arrive &#224; Soleure, puis 8 hier soir, puis 10 ce matin, 12 &#224; mi-journ&#233;e et 16 ce soir, tout en faisant &#233;videmment ce que j'avais &#224; faire ici, mais vrai que les heures ont &#233;t&#233; plut&#244;t solitaires. &#224; 2 reprises, cet apr&#232;s-midi, lib&#233;r&#233; des obligations, je serai dehors en terrasse, mais c'est toujours ce retour &#224; cette fa&#231;on incompr&#233;hensible de relier le concret et l'all&#233;gorie. Les cat&#233;gories de vitesse, de fin de civilisation sont constamment pr&#233;sentes. C'est l'&#233;l&#233;gance qui fascine : le rythme et la densit&#233; de cette prose. Je sais ce soir que j'irai jusqu'aux 51, pour comprendre. Et peu importe les questions de droits, de publication &#233;ventuelle, est-ce qu'on fait &#231;a autrement que pour soi ? C'est &#231;a qui me tarabustait, ce soir , dans ce dr&#244;le d'h&#244;tel fait de cubes translucides superpos&#233;s : la n&#233;cessit&#233; de r&#233;crire dans ma langue, mot &#224; mot, phrase &#224; phrase, texte &#224; texte (&lt;i&gt;traduire&lt;/i&gt; ?) pour &#234;tre non pas capable de &lt;i&gt;comprendre&lt;/i&gt; comment travail un mode neuf de narration, une logique narrative qui m'est &#233;trang&#232;re, mais pour la &lt;i&gt;pratiquer&lt;/i&gt;, comme on joue un morceau de musique sur partition, mais sur son propre instrument. Est-ce que c'est d&#251; &#224; cette ville jouer de Soleure, cet imaginaire &#224; la Hoffmann du vieux centre sur son fleuve &#8211; en tout cas &#231;a restera li&#233; pour moi &#224; cette &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3980&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;couverte de Dunsany&lt;/a&gt;. Avec comme un go&#251;t d'intoxication, quelque chose qui reste dans la bouche, qu'on aura besoin de manger encore, probablement l'obligation d'aller jusqu'au bout du plat pour que &#231;a vous ait pouss&#233; enfin, au bout, dans un autre endroit de votre propre &#233;criture. Donc ne pas du tout savoir si c'est &#231;a, &lt;i&gt;traduire&lt;/i&gt;. Avec quand m&#234;me aussi ce truc bizarre : cet enfoncement, est-ce qu'il n'est pas justement la pr&#233;paration &#224; ce qui serait le boulot d'&#233;t&#233;, et comme de v&#233;rifier, malgr&#233; soi ou contre soi, cette capacit&#233; du temps de l'&#233;criture &#224; vous requ&#233;rir quoi que vous en ayez, et tant pis si &#231;a dure les deux jours pleins, dans cette ville o&#249; on aura si peu parl&#233;, si peu vu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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