contribution auteur | Marie Carré

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

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(rafraîchir la page si mise en boucle...)
Son site : yaksa.fr.

Ses contributions à l’atelier ville.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _5 _6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 3

Selon une première version, une princesse se pique le doigt. Une goutte de sang tache sa robe, et victime d’un sort, elle tombe dans un profond et long sommeil. Un prince charmant vint à passer par là et l’embrasse, ce baiser rompt le sort et la réveille. Le roi, père de la princesse organise un grand banquet, des jumeaux naitront de cette union.

Selon une deuxième version, une princesse se pique le doigt. Une goutte de sang tache sa robe et victime d’un sort, elle tombe dans un profond et long sommeil. Un prince charmant vint à passer par là et la viole dans son sommeil. Elle accouche de jumeaux, l’un d’eux en tétant son doigt rompt le sort et la réveille. L’ogresse, mère du charmant prince, organise un grand banquet avec comme plat principal la mère et les enfants.

Selon une troisième version, une princesse se pique le doigt. Une goutte de sang tache sa robe et victime d’un sort elle tombe dans un profond et long sommeil. Un roi marié vient à passer par là, et la viole dans son sommeil. Elle accouche de jumeaux, l’un d’eux en tétant son doigt rompt le sort et la réveille. La reine, femme du roi, apprenant l’infidélité de ce dernier organise un grand banquet pour son mari avec comme plat principal les enfants.

Selon la quatrième, une princesse se pique le doigt. Une goutte de sang tache sa robe et victime d’un sort elle tombe dans un profond et long sommeil. Elle rêve qu’on la réveille, qu’on l’embrasse, qu’on la viole, qu’on la mange alors pour ne pas se réveiller elle rêve qu’elle se pique et elle peut enfin se reposer en paix.

proposition n° 2

Il est tard, une neige épaisse couvre le village. Je reste longtemps sur le pont de bois qui mène de la grand-route au village, nul rayon de lumière n’indique le grand château. Pourtant, une fois le pont traversé, une ouverture, dans le mur qui barre le passage, m’invite à entrer dans l’enceinte. Je suis face à une grande porte en bois et une lumière venant de ma droite s’échappe des barreaux de la fenêtre d’un guichet. Je vois des éclats de voix, j’entends des ombres agitées qui passent par la fenêtre. Je cherche dans ma poche le courrier qui justifie ma présence ici, une convocation signée du ATL18. Sans autre explication, une injonction à me présenter au bureau JK14 impérativement sous peine d’amende avant neuf heures. Les ombres se sont tues et les voix éteintes, je ne vois personne d’autre qu’un homme qui dort si profondément qu’il ne m’entend pas. Frantz dort profondément et rêve que je le regarde dormir. Il dort et je suis son rêve. L’intérieur du château est un dédale de couloirs carrelés et sales, sans cohérence les portes GS12, K26, LAP19 se succèdent, il est huit heures quarante-sept. Je ne retrouve pas le courrier et ne sais pas où je dois aller. Par une porte entrouverte je vois un lavabo blanc éclairé qui goutte à goutte, il y a de l’eau sur le sol dans la pièce vide. Je ne croise personne, il est huit heures cinquante et une. Frantz rêve que je franchis le seuil de la chambre DC50, ici encore dans un coin un lavabo, et sur un lit étendue, une tête sans corps. Une immense tête blanche de troubadour fatigué qui occupe tout le lit incapable de bouger. Il est huit heures cinquante-trois. Je n’ai pas peur, la tête me sourit sans un mot, je sors de la chambre sans un mot. A nouveau dans le couloir, j’avance. Il est huit heures cinquante-huit, je rebrousse chemin, je regrette de n’avoir pas interrogé la tête, je devrais retrouver la chambre facilement, elle ne doit pas être très loin, je devrais pouvoir la retrouver. Dans le couloir une chaise métallique et une chaine scellée dans le mur, je suis sûre qu’elles n’y étaient pas tout à l’heure, j’entends des pas... Il est neuf heures

proposition n° 1

1

Bleu
Ligne horizon
Vert
Ça c’est pour poser le fond, un aplat de couleur ou presque, il y a quelques taches blanches qui errent sur le bleu et quelques taches brunes posées sur le vert. Temps gris, mais ciel bleu. Début de matinée ou fin de journée.
Vision grand angle.
L’horizon n’est pas horizontal mais vallonné. Une immense balançoire est plantée dans le sol. Elle se balance très fort, très fort, très haut, très très haut. On pourrait croire qu’elle va faire une boucle entière.

2

Centre ville, urbain, grande ville, Paris ? Métro ? Cluny ?
En tout cas il y a un métro, c’est marqué Métro et un escalier s’enfonce sous terre. Autour du métro il y a un parking, ça je le sais puisque j’essaye de me garer. Pas de place. A force de tourner dans le parking une ruelle apparait, je la prends. Des immeubles à droite, des immeubles à gauche, la ruelle se rétrécit et débouche sur un grand portail, qui s’ouvre sur une route non goudronnée, paysage rouge ocre et terre, image des canyons fantasmée. Une montagne rouge tout au bout, terre rouge désertique. Lumière douce de printemps, oubli des bruits de la ville. Impossible de faire demi-tour…

3

Un escalier, des marches en bois ou en béton, je ne suis pas sûre. Je dirais en bois. Impossible de savoir quels étages elles relient, les marches. L’escalier est familier sans être identifiable, sans être identifié. Sur une des marches, une quille en tricot à rayures noir et jaune, noir et jaune, noir et jaune. Une quille tricotée à la main, sûrement par une grand-mère, qui d’autre tricoterait une quille ? Avec le rembourrage et un socle en bois elle se tient verticalement, droite, immobile sur la 6eme marche. Elle fait 50 cm de hauteur et deux grands yeux sont cousus à son sommet. Dans l’escalier passent des disparus identifiables, identifiés…



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1ère mise en ligne 21 décembre 2018 et dernière modification le 1er janvier 2019.
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