contribution auteur | Thibaut Hingrai

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

découvrir un auteur au hasard !
(rafraîchir la page si mise en boucle...)
A traduit un jour une bande dessinée. Puis a remis ça avec un traité de Théorie du Droit constitutionnel, de l’espagnol, pour l’apprendre. A tout oublié. Maintenant, il tape des mots dévoyés le jour, trace des cartes la nuit, n’a pas encore établi de jonctions. Parfois, il prend des photos de chantiers et les poste sur Instagram. Il remet son ouvrage sur wordpress.

Ses contributions à l’atelier ville.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _ 5 _ 6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 9

J’ai seize ans. Je suis en bateau sur le Rhin, voyage scolaire. Je déteste l’allemand. Inscrite parce que, dans l’Est, c’est comme cela. Aussi peut-être, croyaient mes parents, parce que je serais avec les meilleurs. Ils n’avaient pas connu l’adolescence. Je suis venue pour un garçon et il vient de m’embrasser. Je n’arrive plus à me le représenter. Je sais qu’il me paraissait un peu lourd, trop massif, c’est ce qui me plaisait, j’aurais eu peur qu’il ne soit pas grand et fort. Ils sont tous sur le pont mais je ne les entends plus, nous pourrions chavirer, je suis aux anges, blottie contre lui sur une marche dans la cale à côté des toilettes. Il essaie de m’y attirer mais je refuse. On remonte, je suis glorieuse ma main dans la sienne. Personne pour se souvenir. Ils sont agglutinés à la poupe à regarder ces arbres et ces collines rocheuses qui n’en finissent pas de s’éloigner. A part le canard, dans sa veste émeraude, Ovide et Tristes Tropiques posés sur la table, blanche, humide, écaillée, la main suspendue comme le poignard au-dessus de son carnet en cuir marron, il disait cuir de bison, sa calligraphie serrée et minuscule fraîchement déposée.

L’été sur la route des vacances, cela pourrait durer des heures. Les enfants sont heureux car la voiture nous réunit. Julia est endormie, elle a fini tard pour boucler ses dossiers. Le fauteuil recueille tout le poids de son corps épuisé. Ses premières rides dans le rétroviseur. Je guide avec le volant la caresse du soleil sur ses cheveux. Ondine m’attend dans les nuages. Nous courrons ensemble parmi les vagues. Marin a mis son casque sur sa tignasse noire. Non, non... comme dit le proverbe... bonne nouvelle. Sa chanson préférée tourne en boucle dans mon esprit depuis que nous l’avons chantée à tue-tête. Comme Je te donne, il y a trente-cinq ans dans la 4L brinquebalante du père de Mathieu. L’aire de repos s’annonce, et la prochaine station-service, six kilomètres. J’aime, songé-je, le fractionnement régulier des autoroutes, bornes orange, lampadaires usés, arbustes qui cherchent à oublier les bordures en béton. Ce sera là, dans le ronron enivrant de la pompe, que l’angoisse reviendra.
Bof.

Noté rapidement sur le carnet, pour ne pas louper la correspondance. Odeur de l’herbe coupée. Un apocryphe d’apocryphe d’apocryphe, un apocryphe dont on imagine que les textes canoniques soient les apocryphes, un apocryphe qui renverserait le temps, les influences, le texte source serait là, dans cette chambre délaissée, abandonnée par l’écrivain, cette chambre qu’il se plaignait de ne pas savoir quitter. Apprendre à aimer ma chambre. Les voitures sont mes stupeurs opaques, écrirait-il sur son téléphone. J’ai un nom commun et quelques épithètes pour son style. Quatre histoires de Narcisse, les RER échouent en passant sous sa tour.

proposition n° 8

Être l’unique chien parlant jamais rapporté ne suffit pas à Virgile, il se mit en tête de devenir écrivain et tomba rapidement dans l’oubli.

Elle avait trouvé le nom et le prénom de son pseudo dans l’annuaire. Son titulaire, loin de s’en plaindre, gagna le respect de sa mère et la curiosité de sa femme. Il modifia avec le temps les éléments les plus discordants de sa biographie, et finit par adopter tout à fait la posture de l’écrivain, bien que personne ne l’eut jamais vu écrire une ligne. Le plus étonnant est qu’elle-même ne parvint jamais à écrire et qu’on se demande dans le fond comment il avait bien pu deviner à quel fantasme son nom avait servi.

L’enfant était tellement discret que ses parents l’oublièrent au pied des rayonnages livre du marchand de tabac et de revues people de la gare. Ils prirent le train à la hâte et personne ne se rendit compte de sa présence. Jusqu’à ses dix-sept ans. Elle s’appelait Jane et s’était assise à côté de lui pour lire Ulysse de Joyce. Ses yeux, ses sourcils, ses cheveux lui rappelaient l’encre sur la page blanche. Il lisait la Recherche du temps perdu et tomba aussitôt amoureux d’elle ou quelque chose qui ressemblait à cela qu’il avait lu dans les romans. Son parfum sentait l’univers. Tout à coup elle se leva, lui sourit, quitta la presse. Il se leva, sourit aux clients, et quitta la presse. La lumière perçait à travers le toit Eiffel. Il la chercha parmi les quais, fit tous les souterrains, enclencha toutes les portes fermées. Les trains venaient, disparaissaient comme des murs coulissants, charriaient des milliers de passagers qui le bousculaient. Humant l’air, il se tourna vers le parvis et aperçut un 4x4 qui l’emportait et n’allait plus jamais revenir. Ses pas ramenèrent son corps en deuil vers sa seule maison, sa famille, San Antonio, Gide, son fidèle Nerval. L’employé lui refusa l’entrée, il avait fermé la caisse et s’apprêtait à baisser la grille. Il attendit le retour du lendemain allongé à même le béton froid sur un quai de la gare devenue déserte. Il fit des rêves étranges, vides et peuplés à la fois. Au réveil, la journée était moitié passée. Plus de marchands de journaux, plus de cigarettes, plus de livres, la gare était devenue un incubateur de start up.

proposition n° 7

Je n’écris pas. Je dois longtemps ne pas écrire. Si j’écris, je fais du bruit, et je ne l’entends pas. J’offre mon sujet en appât pour la musique. Je dois m’attraper moi aussi. Je ne sais pas encore bien... Le téléphone portable, apparu naguère ou je ne sais plus, me permet de m’enrouler, hypersensible technologie, dans la première mesure, je le tiens bien en main, je peux cacher ce qui s’écrit, me mettre en boule autour de mon texte, il sera bien temps de déployer les ailes de majesté sur la grande scène. Il me ralentit juste assez pour articuler mes phrases, réfléchir entre deux points, deux virgules. Assez près de moi pour que le texte ne me quitte pas lorsque la foule me bouscule, le monde me reproche mon absence, me rappelle mes gages, ma condition. J’ai encore le temps de le retrouver quand la batterie s’épuise. Mes yeux désormais glissent sur les lettres manuscrites. Je ne parviens plus à m’approprier les mots qui viennent de se tracer, il n’y a plus de phrases, de paragraphes possibles, ils sont dans les souvenirs négligés, les amours ratés, les constructions abandonnées par la ruine d’un pays, ils sont irritants comme un leurre qui dévoile sa nature à l’auteur dupé. Ils sont loin les textes de mon adolescence écrits dans le brouhaha indifférent de la salle de classe et des discours des professeurs. L’ordinateur pour réécrire. Toujours. Couteau de précision, agréable comme la pointe régulière d’un feutre japonais, le tracé net de l’encre noir sur un papier lisse et légèrement épais. Sur le téléphone, je ne vois pas les limites de mon texte, ni le début ni la fin, je suis dans la phrase et uniquement dans la phrase, dans son rythme, dans son enchaînement joyeux avec le futur, le passé, le conditionnel et le présent du subjonctif. La confiance indéfectible. Rien ne vient la brutaliser. Elle est sérénité, bonheur du faire. Artisan, ouvrier, berger. Je suis enfin les cling et les clang des bâtisseurs de ville sous ma fenêtre. L’hommage de la terre au soleil et à la nuit, à l’eau miraculeuse, leur fille. Reste tout à travailler, construire, raconter. Accomplir ma part. Je suis prêt. Acte 8 ? Pas encore. Tu n’as pas tout dit. Tu n’as même rien observé encore. Le labeur te fait peur. Tu ne racontes pas la lourdeur des autres jours, le temps avachi. Ta psychologie fondue à la culture de masse d’après la philosophie et d’avant internet, et ton rejet de tout ce qui ne cadre pas avec, c’est-à-dire précisément tout. C’est ce marécage que la photo ne montre pas, beau cadrage, modèle la vague ou trois tiers, mais toujours la même et pour cause. Les petits défauts de lumière ? Mensonge. Aucun train n’est jamais passé ici. Il n’y a pas de gare abandonnée. Il y a juste toi, ton pouce et l’attente que ton téléphone portable te sauve. Toi qui t’épuises déjà avant d’avoir suffisamment redressé la nuque pour te voir dans le miroir, qu’iras-tu raconter sur l’origine et la fin du monde, que comprendras-tu jamais qui n’insulterait le sentiment du plus humble des hommes ? Ce n’est pas un labyrinthe, c’est une pièce de quelques mètres carré que tu refuses de quitter. Ultime vainqueur d’un cache-cache auquel personne n’a prétendu jouer. Tu en appelles à Shakespeare mais n’es pas même le comédien de boulevard qui se rêvait Hamlet. Tu dis : tu as un métier qui ferait honte à Kafka et Pessoa. Tu n’en parles même pas pour conserver l’espoir de faire encore littérature. Voilà ce qui te pèse avant d’écrire. Mais cloporte, où est ta malle, où est ton journal ? Écrire te rend mauvais. Qu’aurons-nous à anéantir quand tu seras mort ? Odieux. Ce n’est donc que cela que tu as retenu ? Et l’homme vilipendait, vilipendait, et on ne savait pas encore tout à fait à qui il parlait, s’il était vraiment aveugle ou faisait simplement la manche, s’il aimait son chien, la pluie, le claquement en rythme des semelles des passagers. La ville n’était jamais calme, toujours des travaux, des voitures, des vidéos YouTube, les poubelles qui volent par les fenêtres, la poussière. Le chien tout à coup poursuivait des rats albinos, il était encore furieux de supporter les motos, les hurlements des adolescentes et les bruits de succions imbéciles sur son passage. Le maître grognait. C’est pour cela qu’il préférait écrire le matin, pas le soir.

proposition n° 6

Rien, c’est la chose. Madame. Ne... rien, c’est ce qui reste quand on a enlevé la chose. C’est l’âme, le récit, qui est là sans être là, qui est là tant que dure le récit mais qui n’est pas là quand le récit s’arrête, mais qui est aussi ce qui reste quand le récit s’arrête. C’est l’incertitude. C’est tout et son contraire, rien, c’est le contraire de tout. Cherche le tout, tourne-toi, tu trouveras le rien. Tout à coup : toujours rien. Toujours. Il y a de l’attente. Alors ? Toujours rien. Le prochain train est à quelle heure ? 2h33 du matin. Il n’y a jamais rien dans une gare, jamais, toujours quelqu’un, quelque chose. Tenez : Raymond Devos en bout de quai qui chantonne. Et François Bon à la consigne. Attends, tu fais quoi là, on n’avait pas dit pas de 4th wall ? Qui, on ? T’es pas un peu snob avec ton anglais ? Non mais les parenthèses, ça va, ce n’est rien, c’est les guillemets qui coincent. Enlève-les quand-même" Les jeux de mots en bout de table de mon grand-père maternelle. Attention, préparez-vous, tout le monde, silence ! Action. Eh, vous deux ! Pourquoi vous rigolez en-dehors de la blague ? Sortez du dessous de table ! Tu ne devais pas parler de ton arrière-arrière-grand-père paternel ce coup-ci ? Oui mais le problème c’est qu’on ne sait rien. Ce n’est pas lui qui s’appelait Charles-Olympe ? Son descendant... Nom de Zeus ! Qu’est-ce que c’est ce truc, ça n’existe pas, des gens qui ne sont rien, comment on peut dire des conneries pareilles. Il n’y a pas d’anonyme, que des hétéronymes. Tiens Fernando, c’est vrai qu’on a toujours l’impression que tu as un train à prendre, sur cette photo, qu’il est possible que quelqu’un quelque part.… zut la cassette s’est enrayée. On est quoi, dans les années 80 en été ? C’est où cette gare ? Nowhere ou now here ? J’en sais rien. La 7 je crois. Et la littérature ? Bordel...

proposition n° 5

Les enfants dorment. Ma femme m’ignore. L’ombre passe. Reste l’insomnie. Et la vidéo. Il va sur Facebook. Voilà, je suis sur le quai. 03h22, il paraît qu’on a supprimé les trains de nuit, trop cher, pas rentables. Où sont passées les voix nocturnes si plus personne n’attend de train sur les quais ? Les gares sont des fantômes. Mon arrière-grand-père était cheminot. J’habite dans une tour qui surplombe les rails. À la 6, j’arriverai à la génération précédente encore, celle dont je ne sais à peu près rien hors les traces indéchiffrables. Je crois que je n’ai pas encore totalement terminé la 4. Ni l’atelier d’été. Il y avait ce tunnel qui passait sous la voie rapide. La voie rapide était un mur, que j’ai essayé de décrire, un point de détail négligé. Assourdissante, empruntée par le plus grand nombre, barrant la vue, séparant le château et la ville basse, encerclant le présent, garde-fou. L’histoire personnelle parfois passe en-dessous de l’Histoire, et voyage à travers le temps. L’amour parfois crée des inversions de décors improbables : le train à la grande vitesse est enfermé dans le tunnel, le couple allongé en surface quelques secondes encore en Eden. On ne comprend rien à ce que tu dis. Oui mais c’est sur Facebook. Alors c’est magnifique. Tu as entendu tout à l’heure la voix de Sebald ? Je me souviens à présent, dans les gares, quand j’attendais les trains, la nuit, je lisais. Je me faufilerais bien avec un livre de poche, je me mettrais par terre, pour lire. Les gares, la nuit, aujourd’hui, ça doit ressembler à Koltès ! Koltès, non, ils ont dû le tuer aussi. En face du petit tunnel, et ça je ne l’ai pas décrit, il y avait la bibliothèque de Geneviève. C’est là que j’ai lu mes premiers livres. C’est à la piscine que j’ai appris la mort de Goscinny. C’est en me noyant vers 17 ans que j’ai compris qu’une fille pouvait m’aimer. Tu pourrais reprendre le fil. Non attends, ça m’intéresse ce qu’il dit ! Moi aussi, j’ai trouvé ça plutôt touchant. Pas très littéraire quand même. Mais ta g* avec ta littérature, c’est à cause de toi qu’on n’entend plus rien, regarde, il s’est endormi avec le livre sur la figure. C’est quoi ce qu’il lit ? Aide-moi à le porter s’il te plaît. Non, mais attendez, ne partez pas, on allait juste arriver à la partie intéressante ! Personne, ils sont partis, c’était l’éclairage vacillant, j’ai cru voir des ombres, entendre des voix. Pourquoi j’ai arrêté de fumer, moi, déjà ? On fumait avant sur les quais de gare, quand on avait froid la nuit. Eh monsieur t’as pas une clope ? Laisse tomber, il n’y a personne, et de toute façon c’est lieux publics, même la nuit, même sans public, fermé au public. Pfff c’est devenu Facebook ici.

proposition n° 4

Il y a

Au fond

Qui parle

Je ne parviens pas à l’écrire.

proposition n° 3

Le sens de la vie est l’amour, le grand Amour bien sûr, mais l’amour du travail bien fait, de la beauté, des parfums, des couleurs, l’instant, s’asseoir à côté de toi
Le sens de la vie est la richesse, dépasser ses limites, voir grand et bâtir plus grand encore, déployer pleinement le champ d’expression du gène, une bibliothèque idéale
Le sens de la vie est la transmission, l’expansion de l’univers, le labeur des ancêtres, la connaissance, les erreurs, l’hiver qui fait naître le printemps, le souvenir de l’espoir, la répétition qui toujours diffère
Le sens de la vie est chaos, lutte, survie, vanité, absurde révolte
Reste la vie, quelques lignes sur la vie, son absence

Ils disent : le sens de la vie est l’amour, le grand Amour bien sûr, mais l’amour du travail bien fait, de la beauté, des parfums, des couleurs, l’instant, s’asseoir à côté de toi
Ils disent : le sens de la vie est la richesse, dépasser ses limites, voir grand et bâtir plus grand encore, déployer pleinement le champ d’expression du gène, une bibliothèque idéale
Ils disent : le sens de la vie est la transmission, l’expansion de l’univers, le labeur des ancêtres, la connaissance, les erreurs, l’hiver qui fait naître le printemps, le souvenir de l’espoir, la répétition qui toujours diffère
Ils disent : le sens de la vie est chaos, lutte, survie, vanité, absurde révolte

Reste la vie, quelques lignes sur la vie, son absence

Il écrit : ah, texte envoyé et 1h plus tard, déjà un repentir sous la plume. Mais je n’arrive pas à trancher. Alors j’attends. Une vraie question pour moi : le style contre la fragilité. Le style me sert d’aiguillon, de sentiment qui me tient dans l’écriture, des idées, des idées, des idées, tant que je n’entends pas la musique, je ne commence pas le texte. Et en relecture je peux trouver que l’harmonie n’y est pas encore, et je vais proposer un repentir, plus proche de ce qui devrait être, qui me rapproche d’ailleurs aussi de la consigne, je serais donc plus juste. Mais je perds la fragilité, et la fragilité, qu’est-ce qu’elle m’intéresse, vive, sensible, sans masque de séduction. Mais toutes ces protections qu’on façonne, elles aussi sont passionnantes, créatives, c’est notre hardeur à les déployer qui nous stimule et qui fait qu’un texte émerge, inattendu. J’attends un 30ème repentir avant d’envoyer mon mail ?

Il corrige le H en trop. Pense à Marie Balmary. Pense aussi à ce texte :
Enfant, on m’a offert une hache
Alors j’ai offert la même à mon fils
Mais ce n’est pas raisonnable
D’offrir une hache à son fils.

proposition n° 2

Mon père interrompait aussitôt son œuvre au noir, qu’il prenait soin toujours de couvrir sous son vieux dictionnaire bleu, et ce corps majestueux, un peu terrifiant, cette grande masse qui semblait, lorsqu’elle était penchée sur son bureau, occuper tout le volume de la pièce et plus encore, de l’univers, tout à coup se faisait tout petit pour s’incarner auprès de moi. Adossés à hauteur des deux premiers rayonnages de sa bibliothèque qui redevenait chêne millénaire, nous nous blottissions hors du temps et de l’angoisse et nous révisions des poèmes.

proposition n° 1

Tout à coup. Tout à coup. Tout à coup. Tout à coup ! Tout à coup. Tout à coup… Tout à coup tout à coup. Tout a cou ? Tout tas coud ? Tout à-coup ? Tout à coup ! Tout. A. Coup. Toutou, tacot, catho, caca, coucou, coco, tata, coucou Tata ! Août ou Pâques ? Tout, à tout coups. Pas tout coûta, tout atout coupa. Tatoo 2pac too. (Tout à coup, Act two)

Assis, par terre, à côté.

Un chemin se dessine. Le train est déjà parti. Il existe une voie secondaire. Un passage secret. Mais il est trop tard encore une fois, il va falloir bifurquer. Mille embranchements, un seul est mauvais, l’emprunter à toute vitesse, renverser quelque chose, la lumière, le temps, le passé, les souvenirs et puis un immense vide à l’arrivée. Il va falloir courir encore.

Il est un chemin, truffé de mille pièges, de mille morts, et la possibilité de se tromper. Il y a la conscience que l’on est égaré mais que le centre est quelque part, là, ailleurs. Le labyrinthe est la carte fidèle. Le labyrinthe explique ma familiarité avec le monde. Le labyrinthe est fait de pierre, de lierre, de poussière. De boue, de miroirs, de forêts en feu. Je joue à Pacman sur ma console, je suis le grand architecte, je trace à la mine grasse du crayon bille un parcours par les petits carreaux.

De l’herbe coupée, le sacrifice d’un simple brin dans le brouhaha d’autoroute de la tondeuse, s’entrechoquent le parfum de framboise et le vin de Shiraz, le vent dans les cheveux et l’haleine du dragon, sifflement des rossignols, être en terre pleinement en vie.



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1ère mise en ligne 23 décembre 2018 et dernière modification le 8 mars 2019.
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