contribution auteur | Christophe Testard

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

découvrir un auteur au hasard !
(rafraîchir la page si mise en boucle...)
Mini bio et liens à compléter.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _ 5 _ 6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 4

Vous êtes bien à bord de l’Eurostar… Ou encore… Vous prenez votre Thalys du milieu de la journée… Déjà… Vous attendez ce moment… suite où la grande vitesse et pourquoi pas le transport en commun vous enverront en l’air au bout de quelques minutes seulement de chevauchée ou d’un titillement sans arrêt de l’horizon et vous offriront, en plus d’un sentiment d’intense stabilisation, en écran panoramique la vue aérienne Oui… aérienne des zones logistiques de la Vallée de l’Oise, ses châteaux, Parc logistique Paris Oise vous dit Maps et son port fluvial à containers… En pleine lumière… ce moment que vous goûtez déjà où vous vous demanderez Pourquoi prendre l’avion ?… Reprenons… La vague de la grande vitesse vous porte… Depuis quelques instants déjà la grande vitesse tantôt vous projette à ras des champs, tantôt légèrement vous soulève : là une ferme fortifiée et vous vous souvenez que vous n’êtes pas un hibou, ainsi passez-vous incessamment de remblais en déblais dans l’incapacité qui vous inclut À cette vitesse ! d’épouser les ondulations du sol, voilà que vous précipitez entre des murs de terre et de végétation rase et non désirée : ni plus ni moins qu’une tranchée, le terrain maintenant se presse presque à la vitre et votre nez aussi se rapproche sensiblement Ça approche… de ce à quoi vous vous attendez — et vous pourrez après cela, cet acmé, entreprendre de dormir — et qu’annonce à peine — ou le temps de l’annonce en est si condensé, il ne tient pas même en un petit mot, qu’il surprend chaque fois — un double… un court… deux dont un très court… tunnel : flash noir — néons et mon visage… flash blanc… noir… enfin la libération dans l’air, vision aérienne, vallée entière, lumière entière, entièrement zones logistiques etc. Dans votre extase vous n’entendez pas, bien sûr, le cri de cette double bouche du tunnel et sa propagation, sa déflagration à travers les environs, Vallée de l’Oise, Verberie (Oise), limite septentrionale et fin topographique de l’Ile-de-France, sa fin en beauté — sa fin en l’air…

… L’air, je le respire… J’habite Verberie. Derrière le cimetière. Derrière le stade. De la salle de bains, sous le toit, le drapeau du cimetière militaire me montre le sens du vent. Ou son absence… J’aime, son absence. Je cours en toutes conditions, toute combinaison de conditions météo comporte son charme, chacune a son agrément — le mien : l’air est irrésistible. L’attraction de l’air… Je me prête aux côtes, aux descentes (et il y en a !), aux faux-plats des chemins et à leurs flaques, ornières de boue, silex saillants… aux dénivelés, aux accidents… aux sentes et coulées diverses (je passe où un renard passe !), aux champs (les plus longs…), aux parkings (même les samedis), aux zones (le dimanche surtout !), aux accotements… Aux forêts (marécageuses…). Aux bois. À partir du moment où tu cours tu prends tout ce qui vient. Mais le vent… J’ai toujours du mal avec le vent. Alors je cours avec le vent. Autant que possible… Je cours autant que possible. Quotidiennement. Avec le temps, ce n’est plus courir. C’est un rendez-vous avec l’air. C’est respirer. Le grand bain d’air. Je cours ça, cette naissance (la détresse des premières respirations, premiers shoots d’air) je me l’accorde chaque jour. C’est le dehors, le pénétrer. La fenêtre s’ouvre le dehors prend… Ça c’est mon dernier Instant, je l’ai prise — la photo — du velux ouvert sous le toit sur les haies des jardins, le drapeau flotte au fond — je l’ai aussi en vidéo… La fenêtre s’ouvre le dehors prend #outdoor #runaddict #airplay #air Que la fenêtre soit ouverte… suite et le dehors me prend #oise #belleoise Que je me mette à courir et les mots me prennent tout autant que l’air, mots soufflés dans l’air #breathtaking Que je sorte courir et les mots se prennent, comme mes jambes à mon souffle pendues, à mon cou @passionrespiration #courttoujours Suis mon lien dans ma bio. Les vents dominants m’apportent là la rumeur précise comme une alarme du trafic de la LGV Nord et de son viaduc. Instantanément. Le mot biocorridor… J’y viens… Le mot me vient… J’y pense… C’est vrai ça !? Biocorridor… Je n’avais jamais entendu parler de ça, je n’avais jamais entendu ce mot avant… C’était… Avant que tout Verberie ne parle de ce projet de centrale thermique à gaz, tous les environs s’étaient emportés contre cette centrale électrique au haut de la côte sous les vents d’ouest. C’est enterré, en tout cas ça n’a pas vu le jour. Seules quelques bannières Non flottent encore au vent, que plus personne ne voit, moi je les lis, cela semble déjà si loin — ça c’est comme perdu dans le temps… Je cours et alors je te parle — mais c’est en l’air. On est d’accord ?… Tu es en train de traverser mon corridor biologique… Partage ma passion pour l’air Ici … Embarque-toi aussi Là …

… C’est un endroit où je ne vois personne. Je n’y ai jamais vu personne. De ma vie je n’ai vu quelqu’un. Là…Des chevreuils, oui. Des renards oui. Un chien, des fois, oui. Des autos calcinées, des banquettes, des télés oui. Du divers, des encombrants, des déchets de taille de haie, des barquettes de kebab, canettes, des mouchoirs, des lingettes, des merdes humaines … oui. Un rétro, un cutter. Quant à y voir quelqu’un. C’est quelque chose qui ne m’est pas arrivé. Y surprendre quelqu’un ? — Il se laisse prendre pour une haie au loin. À le longer, même, on y croit — par quel mirage ? Il faut l’hiver, pour voir… Une illusion non entretenue… Rien n’indique que c’est une propriété. Qui se demandera ce qu’il y a dans un bois — au point d’y entrer ? Qui poussera la curiosité (jusque) là ? Ma story Me demanderas-tu ce qu’il y a dans le bois ? On n’y entre pas par hasard. Il semble… suite qu’on n’y entre que par effraction — mais peut-il y avoir effraction de courant d’air ? C’est une impropriété… Disons qu’on n’y entre qu’à la dérobée — pourquoi, donc, ce sentiment, ou cette impression tenace d’effraction ? — Qu’est-ce qui est fracturé là ? Ma vie — C’est plutôt ma vie qui se trouve fracturée là, il y a… suite comme un miroir brisé là, le bois se reflète en lui-même en miroir brisé + J’ajoute une photo alors J’ajoute une légende : Il était une fois un bois dans un miroir brisé… c’était un bois de poche, il tenait dans un miroir brisé, on ne mettait plus — depuis quand ? — de tout temps — sa main dans la poche de peur de se couper aux éclats du miroir qui s’était brisé là, le pantalon non plus on ne savait pas, depuis quand il était là, soulevé par les ronces aux printemps, puis les mousses l’avaient pris, le lierre terrestre courait dans ses jambières… on avait fini par complètement oublier l’existence de poches pour les mains, pour se les réchauffer, on avait trouvé : on les mettait en terre, on trouvait un trou de lapin, ou même deux, un pour chaque main, en se démenant un peu, le sol s’ameublissant, les terriers s’effondraient sur les mains, il n’y avait plus qu’à attendre… parce que, ce qu’on allait oublier de dire, c’est qu’on tenait une permanence là … Je ne sais pas ce que je fais là… Depuis le temps, je ne sais toujours pas. Est-ce mon mimétisme qui me retient là ?

Vous aurez laissé le Grand Paris … à 68 km Guillaume Apollinaire, le poète, amants couchés ensemble vous vous séparerez mes membres — à 74 km Yann Andréa « le chauffeur », le « mimétique ». À 57 km à vol d’oiseau du Bataclan — mais qui est un oiseau ? Vous aurez… à 45 km par A1 passé les tunnels des pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle … tranché par la même dans le couvert forestier entre les Massifs de Chantilly et Ermenonville, où vous aurez à 19 km, distance orthodromique, ignoré le crash du DC-10 de la Turkish Airlines (Mémorial) (4h40 à pied, emprunter Chaussée Brunehaut) et à 9711 km idem et 33 ans, Keiko Kawakami posée comme un oiseau sur la branche, « au sommet d’un arbre »… Dans l’entre-temps vous aurez perdu vos lectures des frères Grimm, oublié Hans-mein-Igel lorsque « le coq et son étrange cavalier furent dans la forêt » et que « le coq dut s’envoler avec lui au sommet d’un grand arbre et s’y tenir perché, portant toujours Hans-mon-Hérisson sur son dos, où il resta pendant des années à garder, de là-haut, ses ânes et ses cochons, dont le nombre augmentait sans cesse, et qui lui firent un grand troupeau », je vous le rappelle… Quand vous aurez, après plongée forestière — et c’est l’automobile qui vous plonge — retrouvé les champs céréaliers et betteraviers de l’Ile-de-France, ce sera pour voir se dessiner noires à votre gauche et sur l’horizon les crêtes de sapins de la Forêt d’Halatte qui en constitue l’extrême limite septentrionale et où la trame verte des corridors biologiques se resserre en un faisceau poussant le gibier aux forêts de la Picardie puis des Ardennes… Environ 500 m après que vous ayez franchi (un pont) par la D932A la LGV Nord… devant vous le bandeau routier profile une première épingle… alors il y aura comme un saut… — Arrêtez-vous juste avant, là, un évasement en terre-plein s’offre au stationnement… Alors vous, vous appellerez ça : nulle part. C’est là, que vous viderez le contenu du véhicule, que vous déchargerez, vous larguerez tout… Vous rêverez de faire un feu de tout ça : un feu politique, adossé votre tas, vos décombres — vos encombrants, vos archives, vos indésirables que sais-je, cahiers de doléance — contre la clôture de l’emprise à la grande vitesse… un incendie de taille, votre dépôt sauvage abondant les depôts précédents, à neutraliser, un temps, les trafics Eurostar et Thalys… Quant à moi j’ai transporté ma vie en contrebas… Vous, ne lirez pas le panneau Verberie. Moi, je suis allé un tout petit peu trop loin : pavillon, jardin, gilet jaune sous le siège conducteur… Ne me suivez pas… Surprenons-nous en haut de la côte…

proposition n° 3

• LA CHASSE a duré toute la journée d’hier à Montévrain (9000 habitants) en Seine-et-Marne À deux pas de Disneyland Paris • L’INCROYABLE Alerte au tigre Aux portes de Disneyland Paris Un fauve aperçu Hier provoque une Extraordinaire mobilisation • LE FAIT DU JOUR On ne parle que de LUI c’est Un félin d’environ 1 an et 100 kg aperçu hier matin à Montévrain (Seine-et-Marne) Un fauve toujours pas capturé hier soir • L’ANIMAL apparemment SAUVAGE sans doute un Tigre dont Personne ne peut dire d’où il vient sème l’émoi À 30 km de Paris • REPORTAGE Près de 200 agents pompiers et gendarmes ont pris part Hier à LA TRAQUE avec un hélicoptère de la protection civile et un lieutenant de louveterie avec son chien et un fusil hypodermique • LE BUT Capturer vivant LE TIGRE Espèce protégée LA PRÉFECTURE S’il se montre dangereux ou agressif L’ORDRE sera donner de l’abattre • BATTUES organisées Sans succès Hier dans une friche entre l’Intermarché (Le gérant du magasin : « Ma femme est la première à l’avoir APERÇU ») le terrain de foot et les courts de tennis puis dans le Bois des Frênes LE DISPOSITIF a grossi d’heure en heure avant d’être levé vers 18h30 à La nuit tombée • « On ne sait plus où le chercher » LE TIGRE Un animal forestier et SOLITAIRE sorti de son contexte naturel il est CRAINTIF Plus le temps passe mieux l’individu va connaître son environnement LE TIGRE est un animal extrêmement INTELLIGENT même s’il est né en captivité LE TIGRE conserve son instinct de chasse Il devra se nourrir il se mettra alors à DÉCOUVERT • Au-delà de la Traque du fauve et En l’absence de toute Déclaration officielle de perte on peut imaginer un Tigre détenu clandestinement par un particulier > VIDÉO Sur les traces du félin HIER en France

• HIER encore Les parents priés d’emmener leurs enfants à l’école EN VOITURE • TIGRE de Seine-et-Marne LES RECHERCHES continuent • SIGNALEMENTS L’animal est signalé dès le matin tôt à la station Total de Ferrières-en-Brie sur l’A4 • LA TRAQUE Battues et porte-à-porte S’INTENSIFIE • LES PLUS de 200 gendarmes à cheval et en motocross policiers pompiers appuyés par un hélicoptère mobilisés depuis jeudi pour retrouver Le fameux tigre photographié par une habitante de Montévrain (9000 habitants) ont dû se rendre à L’ÉVIDENCE Hier • TRAQUE La CHASSE au Fauve En cavale présenté comme un TIGRE en Seine-et-Marne a pris fin Hier midi sur un Coup de théâtre • Une BATTUE GÉANTE organisée dans la forêt de Ferrières sous une pluie battante quand Deux heures plus tard LE VERDICT de l’expertise tombe • FAITS DIVERS Le tigre était Un gros chat • LE TIGRE est un gros chat • Le prétendu FAUVE CIBLE d’une traque aussi intensive que médiatisée avec une couverture « Incroyable parce qu’on est en Ile-de-France Aux portes de Disneyland » n’a « pas de dangerosité pour la population » • Le fameux tigre est « un félin de taille respectable » annonce LA PRÉFECTURE qui réfute toute idée de COUAC au nom du Principe de précaution • LE RISQUE que ce soit Un tigre ou un Grand fauve comme un Lion un Léopard Jaguar Guépard a existé Il est écarté après L’EXPERTISE des empreintes relevées sur un terrain de pétanque « Il ne s’agit clairement pas d’un tigre » et « LA PISTE DU LYNX est [elle aussi] exclue » • L’HYPOTHÈSE d’Un canular est cependant évoquée concernant • Des signalements invérifiables émis par des automobilistes • « On arrive trop tard à chaque fois » • Un animal « que finalement personne n’a vu » • Des empreintes « concentrées sur 10 mètres carré » puis « qui reprennent à quelques kilomètres de là à conclure à un CANULAR > DIAPORAMA Avec les forces de sécurité mobilisées HIER en France

• TOUS les titres en tigre Plus de titres que de tigre PLUS de titres en tigre • CAVALE du tigre « On s’est fait baladé » • FUITE de fauve en Seine-et-Marne • Mettez un tigre dans votre département • 77 Le fauve fuite de partout • TITRES TIGRES • LE TIGRE de Seine-et-Marne Star d’un jour Le tigre inonde les réseaux • INSOLITE Jeux de mots et photos détournées Les plateformes se déchaînent autour du Tigre échappé qui n’en était pas un • ACTUALITÉ Le désormais CÉLÈBRE Tigre de Seine-et-Marne qui ne serait en fait (selon nos dernières informations) qu’un gros chat (« une espèce de félin de taille respectable non identifiée ») demeure introuvable Le tigre (?) court toujours • SEINE-ET-MARNE Tous les tigres sont dans la nature • LE TIGRE de Montévrain (77) OMNIPRÉSENT sur les réseaux sociaux • BONS MOTS parodies et autres détournements photographiques LES RECHERCHES continuent en mode allégé au gré des signalements émis par des automobilistes et des internautes • Un tigre à l’EXISTENCE DISCONTINUE Une existence et une présence inversement proportionnelles Le taux de pénétration du félin dans le département mesuré à l’aune des réseaux sociaux • Découverte d’une nouvelle ESPÈCE de grand félin Le tigre de Seine-et-Marne ! • ÉMISSION du tigre de Seine-et-Marne « Ma femme est la première à l’avoir aperçu » • LE TIGRE par l’illustration, par le détournement et l’exemple • ILLUSTRATIONS [dans un arbre] Chat domestique roux tigré affublé d’une perruque de lion (!) • Ici GARFIELD le grand amateur de lasagnes se profile sur le même fond d’écran • (Photo) C’est ARRIVÉ devant moi ! La MASCOTTE Esso faisant le plein dans une station Total Un cliché partagé près de 900 fois • Sans compter les créations de comptes @tigredu77 et autres qui donnent la parole au Tigre d’un jour • TIGRE STAR « Je ne veux plus apparaître en public » « Je me retire » DÉTOURNEMENT de titre : Un tigre mis en cause RECHERCHE Image tigre « Je me casse » > EN IMAGES Les meilleures parodies HIER en France

••• LIRE AUSSI Épisode tigre La bête a-t-elle quitté le département ? La bête sans doute motorisée • Évanouie ? « Si j’existe c’est d’avoir une fois été prise en photo »… on l’appellera émission tigre, ma captation photo couplée à son partage via les technologies mobiles. Le mobile m’invente… Tigre Le phénomène • La constellation du Tigre de Seine-et-Marne • Grand fauve des gros titres … spectaculaire mon existence par le déploiement des forces et par l’impact des titres … la viralité des tweets … « Ce tigre est une rumeur ce tweet en est l’empreinte » « Le tigre est une vague et ce tweet en est l’écume » … soit un voisinage de bulles • Le tigre parle • Tigre et ses répliques Une météorologie « Je suis un ASTÉRISME » … constellation ma présence simultanément signalée à des endroits distants, mon existence est discontinue : je ne prends ma forme que dans l’œil de qui veut voir, aussi me voit qui veut voir … Au pays de la vision périphérique Le regard conducteur Vecteur d’émoi • Susciteur du fake et de l’émoi … tout un chacun autour (?) de moi se découvre inventeur, ajouteur de légende … comptes de messagerie instantanée s’essayant à faire leurs ma vitesse … ma puissance, qui n’est que mon effet … « D’existence, en fait, je n’ai qu’une incidence » … n’ai d’existence qu’à travers mes signalements … mes signalements sont mes seules évolutions … mon image est toute ma capture … c’est mon espèce • En voies d’apparition … je suis tout entier dans mon apparition. Il n’y a pas de restes à mes apparitions. Je disparais sans reste … « Il n’y a pas de tigre pour former la constellation du tigre » … car je n’ai pas de continuité pour me rendre d’un point à un autre, verser d’une vision dans l’autre. Mon espèce est sans solution de continuité … MON ESPÈCE • « Je suis le tigre qui n’en est pas un Bonjour » … Les comptes à mon nom ont tout faux Merci de ne pas me suivre … comment me suivrait-on ? Je ne saurais qu’être surpris. On ne peut que se surprendre soi-même, à me voir …

proposition n° 2

+ Votre story __encombine_ 5h Encore pas la bonne prise ;( Voir sur le fil < Photo __encombine_ Et aucune de mes positions ne sera la bonne comme je le sens … pas cette fois encore la bonne prise #photoshooting #ext #outdoor #combineintegrale #combinfrance Identifier des personnes Voir les 10 commentaires sousunnuage Peut-être ton corps te colle encore à la peau ?.. Le détachement qui le dessinera n’est pas atteint, sans cet envol rien ne se passe … __encombine_ @sousunnuage Cette position n’est pas la bonne… Je crois qu’il n’y aura pas une seule position de bonne Voir mon profil < __encombine_ Moi dans mes combines… La nature … les grands espaces … la couture… Un petit coin de nature, rien qu’un coin de chasteté et tu me feras plaisir autant Prends ton pied et pose le ailleurs Merci de ne pas (tellement) me suivre Suivi(e) par evnmntst, tumevoila, upsidedown_r et 5 autres personnes personnne Quand tu tends ton doigt on ne sait pas vers quoi (coin du cadre ?) alors on regarde le doigt __encombine_ … J’ouvre les bras à je ne sais pas quoi Est-ce que j’ouvre les bras à ma propre ouverture ?? passionrespiration Ouverture de diaphragme ?… ;) photogenie Planté là. Et par qui ? On se demande… leffetspecial @personnne @__encombine_ montre le doigt du doigt, nuance (et la #couleur…) bof __encombine_ @photogenie <3 oknainjaune Quand tu arrêteras de jouer alors peut-être… quand ça ne sera plus ta distraction alors oui, ça (te) prendra leffetspecial @__encombine_ Oui peut-être c’est à ton propre corps, peut-être à un corps comme le tien, un corps en miroir, que tu tends tes bras et aussi cette #couleur que tu tends et c’est elle qui tend, elle est tellement pleine d’énergie, toute ta photo et comme le foyer de l’image #teinteintégrale Répondre Commenter leffetspecial a modifié son identifiant en l___e____ci_l Voir l’actualité de l___e____ci_l

contact pris via l’appli dans mon mobile, mes images, une plateforme d’échange, passion commune, on passe en privé, plus avancé que moi en la matière, on avance dans la matière, le fond de l’air est frais d’abord le fond de l’air se fait bien bien sentir, bien présent est pressant, la matière respirante, l’auto plonge dans la nature, d’abord, d’abord sortir d’agglomération, jamais vus, on se donne rendez-vous au coin, lequel, des rues du Poteau et du Ruisseau (d’abord une fois Porte de la Muette), échange combinaisons contre plans nature, partage, en fond de parking pas le grande randonnée mais à l’autre bout ce qui s’offre à la vue au dernier moment : un single = on ne tient pas deux de front — il se dessine à peine, et au fur et à mesure, sous le ciel, les ronces, se déroule, se devine quasi, quasi au dessus de chez oim, j’esquisse, d’abord parking poids-lourd le stationnement, double terre-plein et ses flaques — immenses les flaques, de part et d’autre de la départementale en s’évasant juste avant la grande descente (en lacets), descente d’auto, le coffre ouvert (sur la clôture de la grande vitesse — emprise) on se change d’abord, d’abord c’est dimanche — le jour sans, échange de prénoms, le temps menaçant d’abord, on se lance cependant, on s’engage, s’est engagé, c’est entre lui et moi, dernières marges de l’agglomération laissées derrière pour la campagne en auto, sous-entendue campagne photo, poursuite à pied, moi l’imitation léopard, bioman pour lui (force jaune), sac-à-dos (moi), pied photo (lui), retardateur (dans le sac) — ainsi appelle-t-il son appareil, (et je laisse) toute ma vie dans mon dos, je ne sais rien de lui quasiment je ne sais rien du contact, une espèce d’assistance, besoin profond d’intrigue — j’ai lu, un gros gros besoin et partagé, scénario tournant … d’abord le rêve d’un scénario tournant autour de moi, d’un milieu où se cerner, me dessiner — il se presse autour de moi, il partage … empruntant un single d’abord, attention de ne pas tirer des fils, fragiles, gauches, on ne sait pas ce qu’on fait, exactement, contact coupé d’abord, verrouillage centralisé et puis moteur des jambes, moulins des bras : se mettre en jambe, en mouvement : en condition, en l’air, en branle : en silence, en veine, dans un silence relatif (rumeur permanente routière) et le plus grand silence (c’est le mien), j’imagine — deux têtes ondulent poings de couleur — comment on rend de loin, un scénario en têtes, chacun le sien ? ou bien ? (en proies à toutes les questions) comme la sente se déroule le scénario se défile (partager ?), à la fois tout se retire et tout presse (cri dans ma tête)… d’abord sa mise en garde : attention à la fermeture, dans mon dos, le zip se remonte, il me montre (dans mon dos je la suis dans ma tête : la sensation) — à toi… et dans son dos à lui, alors, je vois et je fais de même — plutôt demander (de l’aide) que forcer (le zip) se remonte au sommet du crâne comme se suspendre — se suspendre au mouvement de fermer (!) — mais d’abord (dans le coffre, je le vois encore) il ouvre le sac de sport : toi d’abord — et l’embarras du choix, voilà qu’on ne dit plus rien, soudain on (moi) ne sait plus rien : comment on en est là, d’abord la bretelle de sortie (d’accès), d’abord l’autoroute, d’abord les avions (tranchées couvertes tunnel bravo ça se bouscule), et puis l’agglo l’agglo d’abord… la panoplie est tout mon panorama, et la couleur, la couleur est toute ma vision, c’est comme un film muet étiré sur son corps et le mien, c’est pareil, les mouvements font des phrases (?) je me sens comme un gant retourné

+ Ajouté à la une Plus d’infos sur vous Passion Respiration Voir votre profil Passion Respiration (breathtakingly) Modifier votre couverture de profil Importer une photo Créer un collage de couverture + Ajoutez une courte bio De quelle ville venez-vous Plus tard Ajouter des détails sur vous Approfondir la peau L’appel de la peau Modifier les infos Personnaliser votre intro Sentir son enveloppe Dépasser la peau Je double ma peau Respiration cutanée (Je respire par la peau) Du flottement du frottement Tissus respirants Voir aussi Mes envers (Tous mes endroits) Toutes les captures sont de moi Tous flashes miens À moi Augmenter le volume Ajouter un emploi Ajouter une situation amoureuse Enregistrer À la une Le saviez-vous ? Ajouter une réponse

proposition n° 1

La nuit… On ne distingue pas, s’il y a quelqu’un. Quelque chose remue. On ne sait pas si c’est quelqu’un. Ça bouge. La masse orangée au fond, comme au dessus, c’est l’Ile-de-France. Flottante. Ça ne peut être qu’elle. Marge de l’Ile-de-France, Dhuisy en Seine-et-Marne, c’est ce qu’on sait. Qu’est-ce qu’il y a ? Un pont. Les TGV Grand Est passent dessous. Là, non. Comment le sait-on ? On l’a lu. Envoyer une image. On envoie une image sur place. Une luisance ? Que voit-elle ? On dirait quelque chose à la surface ou dans les vitres de l’auto, un reflet ou un œil ? Elle aborde dans le noir comme un début de film, et vibrant, presque déjà palpitant. Oui la nuit respire. Profiter de cette respiration, du silence de la nuit autour de l’auto — on dirait une Mercedes… Alors que le territoire s’étend dans la nuit… Le territoire de la nuit s’étend… De toute la nuit on ne sait rien de ce qui se passe. L’image, seule, se devine. S’approche… L’image est ce véhicule. On dirait la Mercedes du couple, et qu’il n’y a personne. On en profite… Pendant qu’on n’y est pas, qu’on est sans personne — le couple est en train de faire l’amour —, on se combine une image. On ne sait pas, d’abord, quoi, à tâtons, dans le noir, sous sa fièvre orangée, mettre. Ça tâtonne, tourne autour de fers à béton pliés en crochets qu’on, quelqu’un, suspend à la ligne de contact de la caténaire, d’une perche escamotable, de tubes de PVC mis bout à bout jusqu’à atteindre la longueur, le ventre de rougeur de la nuit et comme à l’aplomb de la voie TGV la lueur — après l’amour — d’une cigarette… Alors que la nuit se fait à la surface de chaque chose. La nuit… Cette nuit-là ? Oui, cette nuit, là.

Soudain la pollution prend cette forme. C’est arrivé dans la nuit ou du ciel. On imagine. Elle saute aux yeux. Dans une indifférence à peine relative, le jour devenu plein, la rumeur routière faisant foi. Comment peut-on se débarrasser comme ça ? Dans la nature ? Le dépôt sauvage est complètement retombé. Il est instantanément photogénique. Imaginez. En apparence une toiture complète. Évidemment dévastée. Comme emportée — emportée là. Rien n’y a sa place, habillage de sous-toiture, pannes, lattis ou liteaux et voliges, lambris de sous-face de toit… L’image se passe d’une légende — comme elle s’est passée de déclaration, la décharge contre la clôture. C’est pourquoi elle en aura une — c’est tellement une image de campagne. De la vie périurbaine. À la marge. Elle vaut toutes les sensibilisations. C’est clairement un aménagement de comble. Ça ne saurait être tombé de loin. Un largage des monstres pareil. Imaginez. On dirait de combles aménageables le crash aérien. La surdité du choc contre terre. On perçoit l’anonymat derrière tout ça. Et ces matelas ! Ça ne s’envolera pas…

L’appel de l’air se fait sentir aussi dans la transparence accrue des bois l’hiver. Vite les lisières n’y suffisent plus et il s’agit de passer le manteau tantôt monstrueux mais dans l’hiver plumeux et ligneux, le manteau de clartés, des clématites. Il n’y tient qu’à quelques enjambées, oui, il ne tient qu’à un bond, à deux pas, qu’à quelques foulées encore de faire comme le jour et traverser le bois tant longé, une fois, de part en part.

Transparence grise des bois, transparence gris-des-bois, tous les gris, gris des diverses couleurs, gris des dernières couleurs, gris découvrant les nids, les nids vides des bois nus… Cette transparence, par où se dessinent avec les mille branches des nids vides comme tout, les populations entières d’oiseaux, l’oiseau rare, s’effilochant en nuées avec les vents et l’importun, il la faut pénétrer. Pénétrer impromptu. C’est le moment.

Ce n’est rien. C’est un tout petit bois. C’est dedans, qu’il s’ouvre.

… Le bois alors seulement se donnant pour ce qu’il est : un hangar, plus et moins spacieuse ou logeable remise, et une ruine — tout un démantèlement. Quel détachement… Et sous ses airs désaffectés… Le bois s’y montrant pour ce qu’il n’a jamais, cependant, qu’été : une marge humaine, marge des manœuvres de l’homme. L’homme comme espèce. L’homme en tant que genre et comme sexe. Enfin, l’homme en tant qu’un fuyard quasiment comme les autres bêtes.

… parce que je sais… Moi je sais qu’une image après c’est toute une histoire. Une image ne s’arrête pas là. Une image c’est des histoires une fois qu’elle est prise. Une fois qu’elle est là — une image — elle me fait un tas d’histoires. Après c’est sans arrêt des histoires. Ça n’en finit plus une image ça n’en finit jamais. Tu n’arrêtes plus une image… Tu n’arrêtes pas l’image. Tu sais ? Une image c’est que des histoires. Elle ne s’arrêtera pas là… Elle t’embrouille — Elle ne s’en tiendra jamais là. Tu ne la contiendras pas. L’image t’embarque… Une image c’est une source d’histoires. Pour un peu que tu y mets un doigt une image ? C’est vite un paquet d’histoires… Pour un instant là ? Non — L’image est en toi… fait son chemin en toi… Tu la prends en l’air mais moi je sais… Elle est plus fort que moi. Tu ne fais que subir une fois que l’image est en toi. Tu ne fais plus que subir une fois l’image en toi. — Une image fait des histoires — Tu ne la contrôles plus une fois en toi tu ne contrôles plus rien. Tu as l’image dans le mobile, tu as encore le mobile dans la main… Mais je sais moi…

Vous entendez la bouche ouverte ?

« Une image avec le son. Une image avec le souffle d’une respiration. Une image, la même, avec le sillage sonore d’un avion. Sur fond de respiration. Une image avec rien dedans, une image avec rien, un mobile, avec le doigt, l’écran tactile d’une image, bandeau de contrôles, une image en fond d’écran, avec le bouton, Enregistrer, qui n’en est pas un. Un point rouge, Vous êtes ici. Avec le doigt. Le fond sonore respirant. Respiration. Ici lâchez tout l’air. Tout. Doucement. L’image se respire. L’image s’écoute. Elle s’écoule. L’image se coule en elle-même, sans bouger. Une image au bout du doigt. Le doigt sur l’écran. L’image se touche du doigt. Elle se remplit elle-même, d’elle-même, l’image se gorge d’elle-même. Sans cesser d’être vide, elle ne s’arrête pas. L’image n’arrête pas de tourner. Elle tourne, à vide, ça ne se voit pas. Elle se baigne en elle-même, ruisselle sur elle-même, en réserve d’elle-même, elle se produit elle-même. Sans qu’il ne s’y passe rien. Elle vit sur elle-même, l’image vide avec le son, avec rien. Que la respiration. Sans être immobile elle remue à peine, et ne bouge qu’en elle-même. Aquarium vide. Poisson dans la main. Une image en l’air… L’animation d’une image, même vide elle n’est pas fixe, l’image à son animation, l’image animée dans le vide, mobile, son écran vide, il est lumineux, il est nauséeux : nul contour reconnaissable, nulle netteté définitive. Le ciel ? Ce doit être le ciel, dedans. Les seuls contours de l’image sont les lignes du mobile. Sur fond de ciel. Ici projetez une image. Sous le volume sonore d’un avion. Sans arrêter de se vider, sans qu’un avion ne finisse par apparaître, à la fin elle reprend au début, quelle fin ? L’image trop-plein d’elle-même, l’enregistrement de l’image verse dans la diffusion de l’image. La diffusion de l’image la met en boucle. Elle tourne en boucle d’elle-même : automatiquement. Elle ne touche pas à sa fin, sa mise en boucle, n’a plus de fin. Sans bouger plus, elle n’a que ce tressaut de raccord, pas un sursaut, surprise chaque fois de sa reprise — elle n’apprend rien, n’intègre rien, elle ne se connaît pas elle-même. Dans ce raccord à elle-même chaque fois qui la surprend, tombe sur elle-… elle se mord, la bête image, reprend au… Quel début ? Stabilisez votre image. Ici. Laissez couler votre respiration. Vider. Stabilisation de l’image par la seule respiration, descendante, Enregistrer, vous laissez échapper l’air en un filet continu. Un filet de stabilisation. Une image bouche ouverte, Vous respirez par la bouche. Imaginez : vous fuyez par la bouche. Couper le son : Appuyez sur l’image »



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1ère mise en ligne 24 décembre 2018 et dernière modification le 19 janvier 2019.
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