contribution auteur | Marie Barthélémy

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

découvrir un auteur au hasard !
(rafraîchir la page si mise en boucle...)
Je vis à Marseille. Animatrice d’ateliers d’écriture au sein de l’association « L’Ecriture Buissonnière ».

Ses contributions à l’atelier ville.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _ 5 _ 6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 4

C’est un village près de Marseille fréquenté en raison de sa proximité avec la zone commerciale et la forêt de Saint Pons qui permet l’accès au massif de La Sainte Baume. Ce village s’appelle Gémenos. De Marseille, on peut y accéder par l’autoroute ou par la départementale, en passant par Aubagne.

Quand j’y suis retourné pour la première fois, c’était en 2013, parce que je n’avais pas de souvenirs.

J’ai lu que le lieu avait été un marécage assaini quand ils ont construit le village. Pendant la guerre, il a servi à construire des dirigeables. Une usine s’est établie, là, sur ce vaste terrain plat qui convient parfaitement, maintenant, au développement de la zone commerciale.

J’ai essayé de retrouver le théâtre de verdure où, petite, j’allais avec mes parents et mes frères, à la Fête de La Marseillaise. J’entends encore les voix des chanteurs populaires d’alors dont la peau blanche, presque translucide nous interrogeait, nous qui vivions parmi des provençaux à la peau toujours hâlée ; parmi eux, le souvenir de Leni Escudéro et de Jean Ferrat m’est resté. Leurs voix claires et poétiques s’élevaient dans la nuit chaude et étoilée, dans un cône de lumière qui traversait nos vies sans joies. C’était au pied de la Sainte Baume, en juillet, dans ce lieu vénéré pour avoir servi de refuge à Sainte Marie-Magdeleine et permis d’expier ses péchés après la mort du Christ, son ami mort et ressuscité.

Bien plus tard, j’ai découvert le dancing, en français, on appelle ça une salle de bal, un salon de danse, en français, il n’y a pas de mot adéquat pour ça !...une grande salle aux murs tendus de velours jaune d’or chatoyant, aux lumières feutrées, au plafond bas. C’est un endroit clos et secret

où les danseurs de déplacent sans bruit. La musique fait vivre l’espace. Deux femmes dansent, sérieuses, enlacées, lancées dans un mouvement cosmique. Elles ne parlent pas. L’orchestre brille de mille feux. Le chanteur, vieux crooner à la voix douce, susurre des mots d’amour surannés en suçant le micro. Il donne du bonheur.

proposition n° 3

Selon la légende, Thésée vint en Crête pour tuer le minotaure., demi-frère d’Ariane. Celle-ci, énamourée lui donna le fil d’or auquel il devra son salut pour sortir du labyrinthe.

On raconte que Thésée abandonna Ariane sur la plage de Naxos. Son cœur fût piétiné. Phèdre lança alors ces vers sublimes : « Ariane, ma sœur, de quel amour blessé vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée ».

Est-il vrai qu’Ariane, trahie par Thésée, fût enlevée dans l’Olympe par Dionysios sur son char. Qu’Ariane fût adorée. Qu’elle reçut un diadème d’or en cadeau de mariage.

Force est de constater que le diadème d’Ariane brille dans le ciel dans la constellation de la Couronne Boréale. Il faut donc bien revenir à ces légendes..

proposition n° 2

En Italie, au dix-septième siècle, il aime cet homme violent, ce bandit de la nuit qui met le « souk » partout où il passe. Lui, si domestiqué, l’aime comme son frère ! C’est à Marseille qu’il retrouve celui qui a été le poète au visage d’ange de ses dix-sept ans, amoureux sur la promenade de la jeune fille en fleurs de ses rêves. Il n’a plus les stigmates du mauvais garçon aventurier d’Abyssinie, mais des ailes en duvet de cygne. Au Portugal, à Lisbonne, il traduit la sausade qui est plus que la nostalgie de l’homme rattrapé par le destin, un regret infini de ce qu’a été la vie , sa part obscure, irrattrapable....

proposition n° 1

Bloc 1 — le cadre est resserré sur deux femmes qui dansent, une, de dos, est rouge, l’autre, de face, est verte, des couleurs d’un perroquet coco. Elles sont toutes entières dans le mouvement : elles dansent, elles dansent, elles dansent sans fin, presque sans jambes, elles tiennent toute la place, comme la voie lactée, comme une galaxie dans l’espace, du gaz qui s’évapore, de la poussière d’étoiles.

Bloc 2 — s’il y avait sur le prie-dieu une mante religieuse à sa taille, cela conviendrait parfaitement. Elle déplacerait lentement ses brindilles de pattes pour atteindre ses mandibules voraces. La mante religieuse mange n’importe quoi et peut disparaître « comme ça » !

Bloc 3 — les champs de blé mur, les arbres sombres, les maisons blanches et rouges et même la mer violette convergent vers le ciel vert d’herbe tendre, en haut du tableau. Je suis anéantie par la chaleur



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1ère mise en ligne 6 janvier 2019 et dernière modification le 18 janvier 2019.
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