contribution auteur | Marc Ferrand

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

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(rafraîchir la page si mise en boucle...)
Marc Ferrand est l’auteur expérimentateur du blog Dernier endormi et de la chaîne YouTube associée.

Ses contributions à l’atelier ville.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _ 5 _ 6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 3

La légende raconte que M était de la lignée de K et que sa paranoïa était héréditaire. Des médecins avaient pratiqué toutes sortes d’expériences sur ce cas isolé dans des chambres blanches aux charmantes infirmières… si bien que leurs plus folles hypothèses avaient été couronnées au-delà de leurs espoirs sur le serpent lové ADN de la chose caducée.

M était mort d’éternelle chasteté, n’ayant pu connaître qu’un supplicié appliqué sur croix de bois au mur immaculé (et si je mens je vais en Enfer)

Un journal à grand tirage et de toute probité avait retrouvé l’une des infirmières de M qui sonnait un autre son de cloche.

Elle le disait poète et débauché, profitant des deniers si bien volés par son père, richissime banquier. Père et fils avaient cette tendance à apprivoiser les cuisses légères et surannées. Après cet article qui avait fait le buzz sur les réseaux sociaux, l’infirmière s’était mariée contre forte somme d’argent avec le chat de M.

Dans les milieux du renseignement, M était connu comme le loup blanc. Il était redouté comme la peste et avait échappé à toutes sortes de coups tordus en falsifiant régulièrement des passeports au nom de son aïeul K, ce qui lui avait valu quelques succès littéraires.

Alors que dans cet univers des services toute chose écrite était mort assurée, il avait bousculé tous les codes et vivait dans un quarante mètres carrés bordélique selon les rares personnes qui passaient le seuil… Il avait pourtant tout à l’œil jusqu’au moindre souffle de poussière.

On raconte qu’un sorcier Vaudou béninois aidé d’une infirmière coréenne du nord avaient eu raison de sa raison et qu’il avait arrêté d’écrire, ce qui fut son arrêt de mort.

proposition n° 2

Antonin rêve qu’on rêve de lui, rêve d’un autre en même temps que son rêve et le rêve de celui qui rêve de lui à des milliers de kilomètres de l’asile, au Mexique, passées les barres rocheuses, dans sa cabane à même la montagne, le sorcier Tarahumara rêve qu’on rêve de lui, rêve d’Antonin et de son rêve qui rêve de lui. Il y a beaucoup de rêves et le mot se répète ; le rêve est partout.

Hors scène, il y a un médium.

proposition n° 1

La condition après, interné. La coinche, sorte de belote. Des jeux ennuyeux pour tromper les impatiences déambulant les couloirs.

Parler aussi d’avoir peur.
Personne pour rassurer.

Aussi, ce crucifix qui contemple le maigre mobilier de la chambre, pour lui faire croire puisqu’on fait exprès pour détourner les pensées.

Il n’y croyait pas non plus, mais, la tête frappant le sol, il s’était mis à genoux.



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1ère mise en ligne 1er février 2019 et dernière modification le 16 février 2019.
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