le roman de Thibault Hingrai

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2. À bonne distance


proposition de départ

Là, tu vois, quand commencent à apparaître les lumières dans les appartements, quand elles passent du jaune au bleu, je choisis presque mon immeuble comme ça, où ça s’allume, où ça danse, la façade qui parle en morse, alors je fais comme eux, je m’installe et je regarde. Au début, c’était pour mater ce qu’ils mataient, j’essayais de deviner l’émission qu’ils regardaient, je m’imaginais dans leur canapé, c’était comme boire un bouillon en hiver, entre l’envie de faire comme avant et l’envie de m’en moquer, je ne sais pas bien, on est toujours plus mouton qu’on a envie de le croire, encore plus quand on a tout perdu, l’exil fige dans le passé, je ne suis pas dupe. Ecoute-moi, faut pas s’installer n’importe où. D’abord, faut être confort, parce que ça peut durer cette affaire. Et puis au début, j’étais gêné, j’avais un peu honte. Maintenant c’est plus pareil, je sais bien qu’on est invisible en ville. Si on peut offrir aux gens la possibilité de ne pas nous voir, ils ne crachent pas dans la soupe, c’est tellement fatigant, tout ça. Mais pour toi, c’est important au début, mets-toi bien. Une fois je suis resté trois jours au même endroit. Il ne se passait quasiment rien, mais il y avait un truc tendu, fallait pas le lâcher, presque comme si à un moment, seule ton attention permet encore au monde de pas totalement s’effriter, trois jours pour laisser au monde le temps de ressusciter. Haha, c’est mes petits délires mystiques, ça, pour pas mourir de froid quand je m’ennuie, c’est ma bouteille à moi. T’es pas obligé de me suivre là-dessus. Mais la patience, oui. Tu choisis ton emplacement. Au début pour le confort, mais avec le temps, ça n’aura plus d’importance, chaque molécule de l’univers est ton fauteuil. C’est sur un autre paramètre que tu vas devenir expert, c’est la distance. Notre affaire, c’est une affaire de bonne distance, de juste distance. Je vais te dire : cinquante pas. À cinquante pas, on ne voit rien, on ne sait rien de l’individu, de la pupille, est-elle dilatée, resserrée, de la couleur de l’iris, sans importance soudain, la personne est-elle maquillée, on ne saurait dire, pas même dire si les sourcils sont fournis ou non, mais à cinquante mètres, on peut toujours lire le regard. Il y en a, ils voudraient savoir tout sur tout, rentrer dans les têtes, les histoires, le présent, le passé, jusque dans la chair des autres, ils n’ont rien compris, ils ne trouveront rien comme ça, juste la projection infernale de leurs propres rêves. Si tu veux le monde, tu dois le laisser venir, avec ses rythmes, sans chercher à le capturer précipitamment. Mais ça on le sait depuis la nuit des temps, les chasseurs, tu crois qu’ils ont appris quoi, pendant des centaines de milliers d’années de survie ? on n’arrête pas de le dire, de le transmettre, mais comme d’habitude l’homme confond le support et le message, il fait des idoles avec le parchemin et oublie la lecture. Là, c’est pareil. Tu veux une sombre histoire ? Tu t’assoies, tu choisis une fenêtre, et tu attends. Je dis une fenêtre, tu aurais très bien pu choisir une table de bistrot ou le pied d’un arbre, chacun son dispositif. Même les trucs abstraits ça fonctionne. Je n’ai pas d’idée qui me vienne, là. Une couleur, tu ne fixes ton attention que sur une couleur. Tu attends, tu observes la couleur dans tout ton environnement, tu verras ta sombre histoire se déployer, morceau par morceau, tâche par tâche. Surtout laisse-la se raconter, ne l’effraie pas avec tes interprétations, laisse-la se déposer. Ce qu’il y a, je vais te dire, c’est que les sombres histoires, on n’a pas envie de les entendre, c’est pas vrai qu’on aime les ragots, on a peur, peur que ça nous foute le bourdon, que ça nous rappelle des souvenirs ou des choses qu’on ne pourra jamais réparer. Alors on fait comme si le bruit du camion qui passe, une lumière qui clignote ou un besoin d’aller aux toilettes interrompait le message, et on part ailleurs. Autre truc : jamais, jamais je n’interviens. Quoiqu’il se passe, peu importe ce qui m’attire ou me dérouille. Tu interviens quand il se passe un truc à la télé ? Non, ou alors tu es fan de foot, ou débile. Ou tu as 5 ans mais c’est pas pareil. Il ne faut pas, il ne faut pas intervenir, c’est une question de... déontologie. C’est la télé, c’est pas un jeu virtuel, si tu commences à confondre la réalité et un jeu virtuel, tu deviens fou. Mais confondre avec la télé, ça tu peux, on le fait tout le temps, foutre les gens dans des cadres, zapper, répéter des lieux communs en boucle, être un peu passif et pleurer en cachette sur des niaiseries, c’est comme ça que ça tient. Tu t’installes, tu regardes. Point.

Vu de l’extérieur. Extérieur vie. Un plan de cinéma s’attacherait à ne montrer que l’essentiel, tout en faisant mine de rien. En s’y prenant en plusieurs temps ou plusieurs plans, comme dans Fenêtre sur cour ou Les Harmonies Werckmeister. Pas de plans gratuits. Economie de moyens. Ici rien de tel, il n’y a pas de démiurge, juste une caméra fenêtre qui sélectionne arbitrairement ce qu’on y voit et ce qu’on n’y voit pas. Ce que j’y vois, sombre histoire. Et vous, qu’y verrez-vous ? À quelle distance vous êtes ? Pas seulement celle de la fenêtre et de la semi obscurité environnante, du brouhaha sans répit de la ville, qu’est-ce que je ne vous aurai pas décrit, qui aura échappé à ma vigilance, mes émotions, ma langue ? Qu’est-ce qui ne parlera pas à vos univers, vos humeurs, vos musiques intérieures, votre bibliothèque d’image et de sens ? Je vais essayer d’être le plus précis possible, saturer de propositions, quitte à me répéter, reformuler, m’attarder sur des détails, surtout quand ils me paraissent inutiles, vous seuls en serez juges. Ce qui n’a pas de sens aujourd’hui en aura peut-être demain ou dans mille ans comme tout ce que nous faisons, nous devrions moins nous en préoccuper et juste continuer de transmettre. Le voici, un immeuble de hauteur moyenne. Ici, ils ont généralement six étages. Et les chambres de bonne, mais elles, on ne les voit pas de la rue, hormis un vasistas levé par temps chaud. Parfois un couple qui monte sur les toits. Cet immeuble-ci, il n’y en a pas, pas ce soir. C’est un immeuble un peu atypique dans la rue. Il ressemble à un vieux cinéma des années 30 hésitant entre le Bauhaus et l’orient de ses films. Une façade blanche rayée de trois corniches verticales, trois lésènes, qui attrapent l’ombre et le regard. La découpe des fenêtres est régulière, monotone, dix-huit rectangles identiques repartis en 2 + 1 sur chaque étage. Au chien loup, les lésènes s’effacent et les appartements s’illuminent sauf ceux du premier et du troisième étage. Les lumières pourraient monopoliser mon attention, rapidement j’ai distingué une famille qui passe à table, un homme qui laisse son écran géant allumé tandis qu’il fait la cuisine, deux étudiants qui bavardent à la fenêtre en buvant de la bière et fumant des cigarettes, tous dans des rôles familiers qui sentent la soirée du début d’été, c’est pourtant l’appartement du troisième que je surveille. Les lampes sont éteintes, mais la première fenêtre est ouverte, j’ai vu passer une ombre, furtivement, tout à l’heure, et un court instant, la lumière supposée d’un portable. Dans la pénombre je suppose des vêtements suspendus, le relief d’une porte. L’immeuble fait vieux au milieu des autres, il n’a sans doute jamais été rénové. Les étudiants sont rejoints par une fille de leur âge, et dansent le gimmick des retrouvailles joyeuses. Un mouvement de reflet attire mon regard à nouveau vers l’appartement, une vitre qui bouge, ou un miroir. La porte d’un placard qui s’ouvre. Elle oscille faiblement durant cinq minutes. Une silhouette enfin se soulève dans l’encadrement de la fenêtre. À la queue de cheval rétablie progressivement à la verticale, à la nuque dégagée, je reconnais une jeune femme qui se lève d’une position assise. Elle se baisse à nouveau légèrement puis, bras tendus par une charge quelconque, elle se tourne vers la fenêtre, soulève un coude, puis l’autre. À ce moment, je comprends qu’une table était accolée à la fenêtre. Elle y pose deux sacs en tissus, qu’elle fixe un temps, baignée par la lumière extérieure des réverbères. Elle porte un chemisier ou une robe un peu trop large, blanc et bleu, qui lui fait les épaules carrées. Elle plonge la main dans les sacs et dépose lentement, un par un, une vingtaine d’objets devant elle. Elle s’assoie enfin. Dix minutes au moins elle ne bouge pas, au point que je me demande à certains instants si c’est encore elle que je distingue ou l’ombre trompeuse d’une chaise, d’un quelconque objet humanoïde. Je ne sais pas si les mouvements de respiration que je perçois sont les siens ou les miens que j’essaie de retenir. Les étudiants sont partis, je les ai entendus tout à l’heure sortir en riant de l’immeuble. La famille a fini son repas. Toutes les pièces de leur appartement sont allumées, chacun doit vaquer à son occupation, lecture, jeu, téléphone. Dans les autres logements, les télés donnent leur pulsation à l’immeuble. Soudain elle se lève, avec nervosité vers le mur de gauche, puis à droite vers la pièce suivante. À mon grand étonnement, elle allume, je m’étais habitué à son obscurité, puis file enfin vers ce qui doit, si tous les appartements suivent un même plan, être la cuisine. Je comprends au flash de lumière qu’elle n’y reste pas, probablement s’installe-t-elle dans la pièce du milieu. Je n’ai plus alors que le mur du fond où accrocher mon regard, je cherche à en identifier la couleur, une nuance de gris, un blanc cassé, la peau d’un animal épilé ? Avec la forme du halo, j’essaie de deviner la localisation de la lampe. J’espère que soudain une ombre comme dans Nosferatu se découpera dans son centre. Je le regarde si longtemps qu’il devient un tableau de Vasarely. Ce n’est plus moi qui le regarde, c’est lui qui m’observe, impassible, et tous les immeubles alentours. Je fais le mort. Un frémissement que je n’identifie pas me met en alerte. Quelques secondes après je la vois, à la première fenêtre. Absorbée dans la lecture d’un carnet, elle tire une chaise, s’assoit sans jamais le quitter des yeux. Sa tête suit le mouvement rapide des lignes et des pages. Brusquement elle se redresse, se retourne, se lève, fixe le fond de la pièce vers la droite, jette un bref coup d’œil par la fenêtre, puis regarde à nouveau vers ce qui a attiré son attention. Elle a un mouvement de recul quand la lumière envahit la pièce, une lumière crue, halogène. Elle prononce une phrase courte. À cette distance, je n’entends rien mais comme si elle percevait mon écoute, elle ferme la fenêtre. La suite, je le devine par intermittence, les reflets de la rue sur la vitre perturbant ma vision. S’engage ce qui semble une dispute, ses gestes sont plus saccadés, je perçois presque la tension de ses muscles, de ses traits. Elle attrape un des objets posés sur la table et d’une rotation du poignet pleine de dédain, le jette au-devant d’elle. Elle s’avance, disparaît de mon cadre. Comme happée par la vacance de l’espace, l’autre se précipite vers la table. La chevelure en désordre, elle ramasse les objets qu’elle engouffre à toute vitesse dans les sacs. C’est une femme, je crois qu’elle est plus âgée, le corps est fatigué, la lumière glisse moins sur son visage. Toute à sa tâche, elle tourne régulièrement la tête vers son interlocutrice hors champ, puis quand elle a terminé, elle remet les sacs vers l’armoire qui doit être située à gauche. Elle se redresse et pointe du doigt. Alors les deux femmes apparaissent ensemble dans l’embrasure de la fenêtre. La seconde est un peu plus petite que la première. Elles se toisent. Tout à coup, la jeune gifle la plus âgée. La dame est ébranlée, elle s’assoit sur la chaise. Peut-être une minute plus tard, une vibration désagréable attire mon regard vers la porte de l’immeuble. La jeune fille franchit nerveusement le porche. Elle porte des grosses baskets rouges qui jurent avec sa robe dont le bleu et le blanc dessinent des motifs à fleurs, un sac Chanel en écrase le tissu et glisse de son épaule en réalité trop maigre. Elle en tire un téléphone portable. Elle compose un numéro, colle son oreille à l’appareil, puis s’éloigne sur le trottoir d’en face, bientôt effacée par les arbres et les voitures. À l’étage j’aperçois la dame dans la seconde pièce. Sa chair claire se détache de sa robe sombre. Tournant le dos au mur de droite, elle secoue sa chevelure, rejette en arrière une mèche de sa main gauche, s’éloigne, revient où elle était. Enfin elle lève le bras droit plus haut que le visage, le courbe comme un arc, main tournée vers elle et se fige. Elle prend un selfie. Trois, quatre petits mouvements de la tête, sur le côté, puis en arrière. Elle se jette en avant et disparaît sur un lit. Sombre histoire.

Sombre histoire, je ne dis pas ça, moi sombre histoire, narrateur objectif, je comprends, mais sombre histoire, ça ne me fait pas envie, il n’y a pas de sombres histoires. Ce fut alors que des personnages du premier texte voulurent s’emparer des suivants. Celui qui s’empara de celui-ci, je lui donnerais presque même ça comme surnom, Sombre Histoire, tiens. Il m’expliqua comment il voit, lui, des sombres histoires partout, car lui, les qualifie comme ça. Toute histoire a sa part sombre, de toute façon. Puis il entraina un second personnage, que ça intrigue, cette histoire de sombre histoire, il voudrait bien, il se fait plein de théorie là-dessus. Les voilà tous les deux, que je trimballai avec moi au café. Et puis il y eut cette jeune fille, qui parla trop fort, qui m’empêcha de rêvasser à mes textes. Tant pis pour elle, je ramassai son histoire dans les débris de ma bulle et m’enfuis avec.

Sombre Histoire devait à un moment parodier Rimbaud de façon très déguisée, dans un troisième paragraphe qui raconte la seule fois où il a transgressé sa règle, où il est intervenu dans le décor. C’est son camarade qui en a gardé la trace sous forme de clin d’œil dans son propre récit. A dix-sept ans, j’ai vu une vingtaine de fois Un Monde Sans Pitié. On en retrouve aussi quelques traces.

1. tous se croyaient omniscients


proposition de départ

Tous se croyaient omniscient, un seul l’était. Tel qui volait comme un oiseau, de conscience en conscience, il s’élançait dans les esprits, transperçait la chair à une telle vitesse qu’on ne sentait rien, vaguement un ange passe disait-on, ou le frisson de la mort, puissance et liberté, solitude, il était seul celui-là. L’autre qui ne voyait plus que la mécanique, plus il avançait en âge, plus c’était bullshit tout ça, que de la mécanique, des emboîtements autour du vide, toute pièce interchangeable pour peu qu’on lui attribue un programme, que ce n’était pas un hasard d’ailleurs si la technologie se rapprochait de plus en plus de cette réalité, ce n’était pas du progrès, c’était la remontée à la source. Celle qui, muette, ne l’était que par les émotions, bouleversée tout le temps, la femme qui traverse la rue le temps d’un feu rouge la bouleversait, la temporalité de la feuille morte la bouleversait, ses trois vies, émeraude nubile dansant dans l’arène pour le soleil et le vent, chatoyant parchemin brûlé, écrasé, dispersé, souvenir d’une autre saison semblable à la tienne. L’enfant qui était chien, chat, table, papa, maman, vrombissement, vélo, gris sec du bitume, la chanson, rigolo, et mal au ventre, une courbe. Celui qui d’un coup d’œil savait et pourtant n’écoutait jamais son intuition, qui discutait hier au même endroit avec un policier dont il admirait l’implacable logique déductive à partir de tout, à partir de rien, se demandant si ce n’était pas un tour de sa propre imagination, un désir d’être dans un roman, après tout. Celle qui voyait des archétypes à l’œuvre, admirait comment ils s’actualisaient à chaque instant, en chacun de nous, inquiète que l’homme ne parvint jamais tout à fait à l’expression volontaire. Celle qui faisait danser la rue comme un geste politique absolu, l’union sacré dans son pelvis entre la petite fille sur la plage et la femme maître d’elle-même comme de l’univers, joie, joie. Celui qui, ayant trop bu, hurlait que puisque Dieu n’existe pas, ou qu’il est mort, parti, on s’en fout, il ne reste plus qu’à se faire dieu nous-mêmes et ta gueule le pigeon ! Celui qui avait enfin réuni les 5€ pour sa dose de crack. Celle qui cachait à tout le monde sa peine et sa haine et dévalait les escaliers du métro pour arriver en tailleur au bureau. Le patron du bistrot qui fumait sa vingtième cigarette de la matinée et connaissait si bien la routine et les visages du quartier qu’il en percevait les moindres altérations, il te connaissait depuis des années quand pour la première fois vous vous dites bonjour. Celui qui éprouvait de la tendresse et de l’admiration pour ce rat laissé mort à l’entrée du parking. Celle qui se demandait si elle percevait mieux le monde avant ou si c’était une illusion de l’enfance, aujourd’hui : rien, écrira-t-elle dans son carnet, ce « rien » comme ultime révolte dérisoire, au moins il y aura ceci d’écrit, n’en déplaise à celui qui ne le lira pas. Celui qui craignait tant l’imprévu, depuis sa dernière mort, son AVC, qu’il terminait systématiquement les phrases des autres, était au courant, le savait déjà, ignorait pourtant que les autres s’en agaçaient. Ceux qui en terrasse absorbaient des livres et sentaient la caresse du monde qui passe, ceux qui dans leur casque écoutaient de la musique et déroulaient le temps-espace, tous rayaient la phrase et recommençaient en songeant à ses poètes ou ses rappeurs préférés.

« Le narrateur omniscient est un oxymore et, partant, une tautologie ». Aujourd’hui, j’ai besoin d’un frottement d’abstractions pour basculer dans l’écriture, au moins un jeu de mot idiot, autrement je m’enkyste dans le trop plein du monde comme si je n’y appartenais pas. Fausse omniscience des habitudes proustiennes. Lorsque j’étais jeune et omniscient, c’était les espaces mouvants entre les êtres qui portaient mon écriture. Un narrateur souhaiterait leurs retrouvailles. C’est ce désir qu’il raconte. J’aimerais trouver la porte d’entrée vers une écriture plus empathique, plus ancrée dans les autres manières de vivre ou ne pas vivre le monde, sans laquelle pas de roman possible à mes yeux, mais je m’efforce d’accepter mon propre fil d’écriture. La liste ici fait émerger peu à peu un espace commun, première possibilité d’un ancrage. Jaume Cabre dans Confiteor (j’ai de plus en plus de mal à lire des romans au sens classique du terme, celui-ci est un des derniers qui m’ait « tenu ») utilise parfaitement la narration omnisciente et son ambiguïté (enfin, un parmi les modèles de narration omnisciente) ; il n’a rédigé l’introduction du roman qu’à la fin.

 



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1ère mise en ligne 28 juillet 2020 et dernière modification le 1er août 2020.
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Messages

  • Hey, Thibaut. Finalement, ce n’était qu’une formalité d’écrire ces textes, non ? Je plaisante, hein ! Super boulot ! Dans le 1, j’aime la muette qui est bouleversée par la femme qui traverse au rouge, par la feuille morte. Puis cette phrase, puissante, ’Celle qui faisait danser la rue comme un geste politique’. Et ce rien écrit dans le carnet comme révolte. Et les personnages, multiples, singuliers, la vie autour. Beau.

  • Merci pour ces 2 beaux textes ! pour moi, il y a une vraie langue qui s’immisce dans l’observation à distance
    un ton , un rythme
    Bravo !

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