premières notes pour le projet d’une fresque Jimi Hendrix
Après 3 incursions lourdes dans l’histoire du rock comme récit d’une époque (Dylan/Stones/Led Zeppelin), le besoin d’un exercice libre sur une figure essentielle, plus insaisissable, musicien par excellence.
Juste a jam, c’est la phrase fétiche de Hendrix pour commencer tous ses concerts, on voudrait seulement voyager en Hendrix ou vers lui.
À noter pour votre Noël : Hendrix, le gaucher magnifique, de Jean-Pierre Fillu, vient de paraître chez 1001 Nuits, belle illustration – écriture, enquête, risque – de ce qu’on gagne à prendre au sérieux une telle histoire...
Deux rappels :
Mitch Mitchell nous a quittés la semaine dernière : c’est le seul et ultime événement musical qui lui sera dédié.
le disque Peur, Dominique Pifarély & François Bon, avec Éric Groleau, François Corneloup et Thierry Balasse vient de sortir, il sera en vente sur place le 10 décembre.
Pour ma part, visite d’atelier en ouvrant le feuilletoir, ce sont les notes du mois d’août dernier :
François Bon, Ode pour Jimi Hendrix, carnet de préparation – pas de reproduction merci – sera régulièrement actualisé à mesure de l’avancée du travail - cliquer sur l’icône pour ouvrir (flibook calameo utilisé pour publie.net) - màj du 06/09/2008 : énigmes sur la mort de Jimi Hendrix, et deux raretés commentées : Shotgun, 1ère prise filmée de Hendrix (1965) et Gimmie Shelter, uncut, Hendrix en loge avec les Rolling Stones (1969).
François Bon | notes pour un Jimi Hendrix
Quand je me suis lancé dans la biographie Stones, j’étais persuadé que ce serait une sorte de livre total, et que je n’en avais qu’un à écrire, c’était ma propre traversée de l’adolescence. Et puis, le livre fini, d’autres pistes, en amont, côté assassinat de Kennedy, guerre froide, premières figures du rock en noir et blanc, c’était Dylan, et les années 70, où les Stones sont dans une coquille dorée qui les sépare du monde, c’était la piste Led Zeppelin. J’ai pensé longtemps les trois livres comme une trilogie.
Mais d’autres figures viennent au bord. Elles paraissent d’abord plus insaisissables. Cependant, à mesure qu’on travaille, on sait mieux ce qu’il faut chercher, et on a déjà des repères. On a traversé aussi les lieux, traîné dans pas mal d’endroits, lu déjà tant de témoignages. Alors, la figure plus énigmatique de Hendrix, tout aussi géante que Dylan, certainement aussi complexe, mais avec beaucoup moins de textes, de paroles, on s’y glisse comme à une paroi plus sportive, glissante.
De New York, en juillet, rapporté une cargaison de bouquins. Là-bas aussi, savoir un peu mieux où aller à la pêche. Ces dernières semaines, commencé d’accumuler les petites notes. On prend comme ça vient, on laisse s’organiser, on avance dans les livres, la documentation Internet s’épaissit ramifie.
Surtout, l’idée irréversible qu’il ne s’agit plus de faire "un livre", mais d’être, comme toutes ces lectures et impro Dylan de l’hiver dernier, dans un ensemble avec des films, des images, évidemment les musiques, et que l’objet qu’on propose doit aussi participer de cette ramification.
Pour Led Zeppelin, grand chance d’avoir fait à 3 reprises, à Banlieues Bleues, au MC2 Grenoble, à Sélestat invités par Rodolphe Burger, une présentation-improvisation avec un musicien exceptionnel, Vincent Segal. Pour Vincent, jouer Led Zep c’est traverser sa propre enfance, il ne souhaite pas qu’on fasse l’expérience à répétition. Apprentissage pour moi : ces performances ont précédé le livre, et m’ont permis d’avancer vers lui, tout comme les semaines de préparation des feuilletons France Culture.

Alors pour Hendrix, l’envie de se lancer dans cette parole publique, traduction de chansons, éléments de récit, dès la phase de gestation du livre.
Quand on fait nos lectures, avec Dominique Pifarély, autre musicien d’exception, je suis tellement impressionné – non par la technique et la virtuosité : je sais ce qu’il travaille, ses apprentissages, et comment il pense et travaille – mais par ces moments d’avant lecture, où il s’en va dans des explorations de pure matière sonore. Ce qui fascine tous ceux de mon âge aux sons électriques, les Segal et Pifarély n’en sont pas indemnes.
Ce sera le mercredi 10 décembre, à la bibliothèque de Bagnolet : lancer public du travail sur Jimi Hendrix.
Et non pas un guitariste (il s’en trouve, et même qui le font magnifiquement) pour illustrer ou mimer Hendrix, mais demande faite à Dominique Pifarély d’être là avec ses appareils électriques, violon, mandoline, ampli, et qu’on raconte nous deux la même histoire : vie et destin d’un musicien qui cherche et invente.
Quant à la légitimité de visiter Hendrix avec un violoniste, la preuve ici en photo !





