Ça n’a pas de nom. On en cracherait de dégoût. C’est rien : un vieux fauteuil défoncé (« Prenez place, je vous prie, permettez que je garde mon couvre-chef »), la table en merisier comme dans la moitié des maisons du village, où il avait ses télécommandes pour ses DVD d’histoire et d’opéra, et les quelques livres reçus qui lui étaient ce lien intellectuel au monde. Personne ne veut de la maison, et le reste, à ce prix, on pourrait se l’approprier soi (non, surtout pas, fermer les yeux et le nez), sauf la vue sur la Loire. C’est comme ses cendres, où dispersées, après la crémation d’Angers ? Merci Pierre Assouline pour ce billet, et le petit jeu d’échecs en plastique. Les tableaux étaient mauvais (« Je n’ai jamais eu d’affinité avec la peinture »), mais les photos : celles de sa famille. Pour Louis Guilloux, à Saint-Brieuc, on a gardé au moins le bureau, la pièce de travail : qui, y entrant aujourd’hui, n’entendrait pas Cripure, la guerre et comment on reste moralement debout ? Que l’odeur de ce commerce puant colle aux mains de tous ceux qui y auront trempé. Auraient mieux fait d’appeler un vide-grenier, un matin tôt, et hop au revoir, mais sans rien du nom Poirier. La photo ci-dessus ? Brûlez-la, il n’y a plus rien.
© François Bon _ 30 octobre 2008
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Messages de forum
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"Week-end Julien Gracq. Hervé de Charette informe l’assemblée qu’un premier week-end sur la littérature consacré au célèbre écrivain florentais aura lieu les samedi 22 et 23 novembre prochains, à l’abbaye. L’écrivain nantais Jean Rouault en sera l’animateur et disséquera "La Littérature à l’estomac", le pamphlet de Julien Gracq publié en 1950." Dixit l’article découpé dans Ouest-France !
Ils ne causent plus de la maison pendant le conseil municipal. Réussissent tout de même à se donner bonne conscience !
Voir en ligne : à chat perché
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le week-end organisé par Jean est annoncé dans Encres de Loire, et croisons les doigts pour que cette instance (sce livre de la Région) ait son mot à dire dans tout ça, voire même racheter les meubles ? - mais l’UMP de Charette, apprendre à orthographier correctement entre Rouault et Rouaud c’est déjà trop pour lui apparemment...
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c’est terrible comme la seule expression même de "racheter les meubles", et qu’on en soit là, a quelque chose de dérisoire dans la circonstance ; suffit de regarder la photo qui montre bien comme rien ne peut se défaire
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Julien Gracq en « célèbre écrivain florentais », Jean Rouaud en « écrivain nantais »,
dans un livre publié chez joca seria en 2001, Jean Rouaud, déjà, racontait comment, pour le quotidien de la rue Santeuil qui l’embauchait à Nantes, « il devait faire Régional et drôle » ... !
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Après Breton, Gracq...
Il n’ y a point d’épouvantail pour les vautours. Dommage !
J’irai sans doute les observer le 12 juillet, rue Miséricorde (!).
Manière aussi d’imaginer FB s’asseyant dans le vieux fauteuil.
« ...et le dernier dahlia dans un jardin perdu... »
Cadou
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c’est la seule chose qui le rapprochait de l’Académie française (je suis membre depuis 8 ans du "comité pour la dissolution de l’Académie française", on boit un coup de temps en temps) : son fauteuil
quand il m’a dit de m’asseoir, lui qui devait peser moins de 50 kilos, j’ai cru que j’allais l’écraser en poussière le pauvre fauteuil, j’étais au niveau de ses genoux
c’est celui répertorié "fauteuil club" à 250 euros, à côté il y avait le poêle à mazout (?) avec son journal et ses lunettes
tu nous feras des photos ?
je ne digère pas le côté intime de ce bradage, on aurait dû y aller et fiche le feu, c’est honteux
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Bonjour,
Je suis une passionnée de Gracq, anonyme comme beaucoup d’autres. Sa disparition m’a émue bien évidemment. Mais je ne partage pas l’opinion de Monsieur Bon : Julien Gracq avait soigneusement rédigé son testament il me semble. Je crois que s’il avait désiré éviter cette vente aux enchères qui vient d’avoir lieu, il l’aurait fait. L’Etat a exercé son droit de préemption, de manière heureuse. La bibliothèque Jacques Doucet a pu compléter sa collection surréaliste. Et même si un pékin est parti avec le lampadaire de la rue de Grenelle à 20 euros, je crois qu’il convient d’être beau joueur.
Gracq est ailleurs...
Bien cordialement
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