atelier web Bagnolet : parler des livres sur Internet

atelier web, vendredis 9 et 16 janvier, 15h-17h (blogueurs & bibliothécaires), 17h-19h (tout public Bagnolet)

Proposition : sur 2 séances, s’approprier un livre pour en parler sur le Net. Préparation d’extraits, liens et métadonnées, mais surtout rédiger, quoi, comment. Puis mise en ligne avec enrichissements : iconographie, photographies, enregistrements ? On mettra en ligne ici-même à mesure...

Autrefois, c’était simple : on publiait nos livres chez un éditeur, lequel envoyait des services de presse. La presse littéraire et la radio faisaient écho au livre, et on le trouvait aisément dans sa bibliothèque ou chez son libraire : d’ailleurs eux-mêmes lisaient la même presse littéraire, avec fonction de régulation.

Tout a basculé. Profusion éditoriale : même dans les meilleurs maisons, on a repéré en général au bout de 3 semaines les livres qui ont fini leur carrière commerciale et celui qui va permettre à la maison de tenir et payer les salaires. Du coup, on essaye de préparer ça le plus à l’avance possible. Ainsi, dès avril, on suggère au libraire d’évaluer leurs mises en place de septembre, qu’on puisse le faire savoir en mai-juin à la presse, etc.

Internet a pris en partie le relais de la critique littéraire. Ce qui n’empêche pas des démarches rigoureuses comme celle du Matricule des Anges, ou quelques rares îlots. Internet a longtemps été, dans ses débuts, une médiation de plus : complément aux livres publiés, médiation des nouvelles parutions. C’est ce qui m’a poussé d’ailleurs à laisser à l’équipe actuelle le site remue.net que j’avais fondé, dans une période où on commençait à être noyés sous les services de presse et les réquisitions du genre : « Mais tu n’as pas parlé de mon livre... » par des amis auteurs qui se seraient bien gardé de lever le petit doigt pour leur présence virtuelle.

Nous sommes dans une autre phase. Les sites de médiation des livres prolifèrent, avec des initiatives assez novatrices comme babelio, la vitalité du pionnier zazieweb, et des tentatives de marier le virtuel et le papier comme bibliosurf. Mais au risque de s’enfermer à l’horizontale dans une strate qui n’interfère pas avec la création, ou l’interactivité avec les auteurs : quand la diffusion et la production entrent en crise (sinon dégringolade), est-ce le bon choix ? Plus au fond : rendre compte d’une lecture d’un livre papier, n’est-pas pas une transposition passive de ce que l’interactivité virtuelle modifie en profondeur sur la question même de l’écriture ?

Parallèlement, naissance d’une galaxie de blogs où la voix subjective n’est pas cantonnée au domaine critique. Ainsi, et très différemment, Pierre Assouline, Lignes de fuite, La Lettrine et bien d’autres : voir ici... S’inaugure progressivement un territoire où c’est la lecture même qu’on interroge, dans la diversité toute neuve et la fragilité de ses usages. Et, dans ce cas, même en parlant de ses lectures, la posture est celle de l’intervention littéraire, d’une fabrique de littérature, et non pas seulement médiation.

Si la question posée, c’est comment des bibliothécaires peuvent intervenir sur le site de leur établissement, en conservant leurs choix subjectifs, pas d’autre moyen que celui de s’affirmer individuellement comme lecteur. Il ne s’agit pas de rédiger une notice documentaire, mais de rendre compte d’une expérience de lecteur...

Comment s’y prendre ? Ces 2 vendredis qui viennent, je vous propose de partir chacun chercher dans la bibliothèque de Bagnolet (fonds contemporain, fonds documentaire, fonds jeunesse d’excellence...) un livre qui vous importe. Après, appareil photo, enregistreur, scan (tout ça j’apporte, puisqu’il n’est pas considéré encore comme légitime, à Bagnolet, contrairement par exemple au Cyberlab de Melun, de disposer sur place des ces équipements minimum), rédiger, quoi, comment, mettre en page, et ces pages vous seront ouvertes pour test...

Et si j’en parle ici, c’est bien sûr parce que vous pouvez apporter le livre dont vous souhaitez vous saisir... Ce qu’on interroge, c’est la médiation, c’est la frontière entre médiation et création.


© François Bon, carnets perso _ 6 janvier 2009


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