le projet de Patrick Chatelier déborde la notion d’auteur
À l’origine, un effacement : dans le cimetière Montparnasse, un caveau, un vitrail au fond, une photo qui s’efface irréductiblement avec le temps. C’est le général Hinstin, avec H.
Patrick Chatelier s’en est emparé : l’effacement rend possible l’invention d’histoire. Le H est parti, on se rapproche d’instinct.
Et puis d’autres sont venus, avec des bribes, avec d’autres personnages : parfois réels, puisque Hinstin a été retrouvé parmi les professeurs du lycée de Pau cités par Isidore Ducasse.
Au bout de trois ans, une nouvelle dimension : l’auteur initial, Patrick Châtelier, a laissé la place au collectif : Instin s’écrit seul, le projet se développe en convoquant lui-même ses auteurs. Livre en constitution ? Ce serait déjà tâche impossible, puisque les éléments se recomposent, se mêlent et se prolongent indépendamment de l’initial général.
Alors l’impression, après lecture collective en octobre, prolongements et bifurcations, le Net à la fois présent, mais pas vecteur exclusif, d’être en présence d’un concept neuf, et de l’auteur, et de l’oeuvre : une écriture collective qui ne s’écrit pas ensemble, devient progressivement son propre auteur, qui n’existerait pas sans le modèle réseau d’Internet, mais qui se dote peu à peu de ses propres traces et histoires, se dépose ou sédimente sous forme de films, dessins, photographies, biographies, événements, conférences. Sur remue.net, c’est le dossier « auteurs » qu’on trouve le poste de pilotage, Instin y est donc devenu réellement un nom d’écrivain, disposant de sa propre oeuvre.
Maintenant, au cimetière Montparnasse, quand on vient voir la tombe du général Hinstin, c’est le projet de Patrick Chatelier dont on vient vérifier l’origine.
Pour suivre le général Instin : dossier principal (et contributif) sur remue.net. Prolongement blog et ateliers après résidence et lectures de Patrick Châtelier à Arcueil Instin, les réels. L’origine du projet : Qu’est-ce que le général Instin par Patrick Chatelier, ainsi que le général Historique, sans oublier Les générales (multiples métamorphoses, avec films, performances orales, etc.).
Et, dernier surgissement en date, ce jeudi 14 mai, à Paris, l’incroyable performance de Patrick Chatelier. Accompagné de 4 descendants du réel général, et de Xavier de la Porte (France Culture, studio 168 (au fait, ce soir ils reçoivent Frank Smith)– qui n’a pas voulu avouer s’il avait été mis au courant ou pas de la performance surprise) un extrait de 7 minutes – comment ne parler que du général Instin, sans rien révéler du projet ?
Merci de propager l’idée du général Instin, idée que nous-mêmes défendons avec nos maigres moyens et nos forces locales. Il y aurait beaucoup à dire sur le général, palimpsestes, apocryphes, interpolations, les avis divergent et nos réunions sont une suite de disputes jusqu’à la nuit : qui a vraiment enlevé le H ? Lautréamont toujours vivant ? instin a-t-il une fin ? quel rôle le dénommé G. Boutouillet, s’il existe, tient-il dans l’histoire ?
Nous souhaitons cependant faire une mise au point, car l’ennemi a lâchement abusé de votre confiance. Votre film montre un imposteur, comme il y en a plusieurs qui gravitent autour du GI et prétendent pouvoir en parler, dont il devient évident au fil des minutes qu’il trahit sa méconnaissance du sujet. D’ailleurs le véritable Patrick Chatelier – Châtelier quand il pleut – est un photographe de paysages et guide de safaris-photos
Être soi-même une fiction n’autorise pas à aligner en public de telles fables.
Nous nous devions cher François Bon de rétablir la vérité (car toujours la vérité est à conquérir pour l’umaine condition). N’hésitez pas à venir nous voir et nous filmer ! nous avons plein d’idées pour les campagnes à venir.
la section instinienne de Bouillancourt-la-Bataille, Somme (près de Gratibus)
"aux terrains de tennis odeur de sable chaud empire une gloire et ses ombres_allait
colonies en lui empire empire vaillant soldat des campagnes poussiéreux, au sol de Terre, il songe ".
Le général, même pris dans les tourbillons de l’actualité la plus immédiate il faut l’admettre s’en fiche un peu, il ne néglige de remporter toutes les victoires peu stratégiques. Gagne le moindre. Il s’efforce de plisser les yeux sur ce qui s’échappe.
Quant à ce dit Guénaël Boutouillet, il usurpe mon état-civil et ça ne me plait guère, il n’a rien à voir avec ça -m’insurgé-je.
L’Idée Générale dont on se serait passé, vous savez, celle selon laquelle chacun contribuerait à propulser la communauté "plus loin", "plus belle", "plus vraie" ou "plus juste". La grande idée. La généreuse idée.
C’est tout cela qu’entre les lignes il faut lire.
C’est qu’entre les lignes il faut lire. Il faut dé-crypter. Les signes. Vider les caves. Creuser la mémoire. Ramener à la surface — polir.
Se saisir comme vous le faites de la figure nous oblige. Je ne dirai pas que cela nous indigne, mais cela nous attige.
Aussi, veuillez recevoir ce Glaïeul d’Italie. Il y a une symbolique dans ces fleurs, comme vous les trouverez partout. Mais à vrai dire cela importe goutte.
Parce que ce qui est supprimé, par les mots, ce sont les gouffres infranchissables, les gorges interdites, les gargantuesques isthmes qui séparent ingénument des mondes en vérités semblables.
Car ce qui importe ce n’est pas la vérité n’est-ce pas ? C’est la sincérité.
La guerre est inédite ; le général reste interdit.
“ Les orages — dont les violons — quatre fois
Je répète
Les orages — dont les violons — quatre fois
De l’automne
Lentement —
Je répète
S’empoisonnent ”