la littérature comme action

colloque Figura à Montréal les 4 & 5 juin


Quand la date d’une conférence s’approche, toujours se dire qu’un titre plus modeste aurait été préférable. Mais cette notion de considérer l’histoire de la littérature en tant que relationnelle, incluant ses supports et sa diffusion, mais aussi l’activité hors livre de l’auteur, ça me paraît de plus en plus décisif. Le paradigme étant : l’apparente stabilité des formes de production et diffusion, ces dernières décennies, a pu rendre provisoirement invisible que le livre n’est qu’un élément partiel, en tout cas non exclusif, du fait littéraire. Et qu’aujourd’hui, traversé par onde de choc potentiellement aussi radicale que ce qui s’est passé pour la musique, à nous de relire les phases et transitions précédentes de l’histoire littéraire dans une autre complexité, moins basée sur l’état stabilisé de l’oeuvre.

Ci-dessous le programme de ces deux jours à Montréal (merci Mathilde Barraband et Jean-François Hamel) que je copie-colle de la base internationale dite NT2.

Maintenant, devinez ce à quoi je vais m’occuper dans les 5 jours à venir. Photo : conteneurs à Montréal, mars 2009.

 


Les entours de l’oeuvre. La littérature française contemporaine par elle-même.

Colloque organisé par Mathilde Barraband (stagiaire postdoctorale, Figura) et Jean-François Hamel, dans le cadre des activités de Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire. Le jeudi 4 juin 2009, de 9h45 à 17h30, et le vendredi 5 juin 2009, de 9h45 à 17h, au local DR-200 de l’Université du Québec à Montréal (Pavillon Athanase-David, 1430, rue Saint-Denis). Entrée libre.

Présentation
On a pu décrire les écrivains français contemporains comme peu enclins à commenter leur pratique. En opposition à leurs prédécesseurs, ils se refuseraient à adopter la posture de l’écrivain-théoricien, du penseur de la littérature, laissant aux critiques la fonction d’analyser leur appartenance à la culture d’aujourd’hui. Force est pourtant de constater qu’ils sont nombreux à consacrer des travaux à leurs pairs, à expliciter leurs projets d’écriture, ou encore à tenter de définir leur propre situation dans le paysage littéraire. Le champ littéraire contemporain semble en fait multiplier sans fin les lieux propres à mettre en œuvre cette réflexivité. Les essais et critiques, préfaces et hommages, entretiens et conférences, mais aussi les quatrièmes de couverture et avertissements, prières d’insérer et notes, constituent traditionnellement des lieux où les écrivains peuvent faire retour sur leur pratique ou celles de leurs pairs. Depuis trois décennies, le succès de collections dédiées aux essais ou aux entretiens d’écrivains, le développement des études sur la littérature contemporaine à l’université, l’engouement pour les ateliers d’écriture d’écrivains, ou l’essor des blogues d’écrivains et des sites dédiés à la littérature contemporaine ont encore considérablement élargi l’espace de cette réflexivité.

L’enjeu de ce colloque sera de rendre compte des pratiques métalittéraires des écrivains contemporains, d’une part en identifiant les lieux où elles trouvent à se développer, d’autre part en tâchant de définir leurs visées et leurs fonctions. Efforts ou refus de définition, ces textes sont travaillés par la représentation, dans le double sens où l’écrivain s’y livre à une tentative de figuration du littéraire et à la mise en scène de sa propre figure. Il s’agira plus particulièrement de faire apparaître les concepts, les images, les héritages, les contradictions qui traversent et parfois engendrent ces commentaires. En somme, si, de la plume des écrivains, ne subsistaient que ces textes qui entourent et encadrent le geste d’écriture, que ses parerga qui en légitiment l’existence, en interrogent la valeur et les raisons, comment s’y réfléchirait la production littéraire française des dernières décennies ? Quels visages de l’écrivain et quelles idées de la littérature s’y dessineraient ?


Le jeudi 4 juin 2009

9h45 Accueil
10h Mots de bienvenue

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Pratiques réflexives
Présidence de séance : Marie-Pascale Huglo (Université de Montréal)

10h15 Laurent Demanze (Université de Lille 3), « Gérard Macé : les entours et les détours »
10h50 Nathalie Roy (Université Laval), « Toucher à l’invisible, ou comment "ensauvager le domesticateur" : littérature et spéculation chez Pascal Quignard »

11h25 Pause

11h45 Martine-Emmanuelle Lapointe (Université de Montréal), « La folie des grandeurs. L’écrivain et la chose littéraire dans les essais de Richard Millet »

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Fictions théoriques
Présidence de séance : Sylvano Santini (Université du Québec à Montréal)

14h15 Audrey Camus (Université McGill), « En haine du roman : "la marquise toujours recommencée" (Éric Chevillard) »
14h50 Lucie Bourassa (Université de Montréal), « Dlalang et d’la Patmo : poétique et langage chez C. Tarkos et K. Molnár »
15h25 Jean-François Hamel (Université du Québec à Montréal), « Exodes. Remarques sur littérature et politique »

16h Pause

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Rencontre

16h30 François Bon (Écrivain, France), « La littérature comme action »

Lancement

18h Lancement de l’ouvrage Le temps contemporain : maintenant, la littérature, au Café-Bar de la Cinémathèque québécoise (335, boul. de Maisonneuve Est, Montréal).

 

Le vendredi 5 juin

Figures imposées
Présidence de séance : René Audet (Université Laval)

9h45 Accueil
10h Stéphane Inkel (Queen’s University), « Les images du cabinet de Pierre Bergounioux »
10h35 Virginie Harvey (Université du Québec à Montréal), « Michon le meuble : entretiens dans la pièce d’à côté »

11h10 Pause

11h30 Alain Farah (Université du Québec à Montréal), « Situation de l’écrivain en 1997. Quintane et Tarkos, commentateurs de leur émergence »

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Figures imposantes
Présidence de séance : Jean-François Hamel (Université du Québec à Montréal)

14h Michel Biron (Université McGill), « L’hétéronomie de la littérature »
14h35 Audrey Lasserre (Université Paris 3), « Les héritières. Les écrivaines d’aujourd’hui et les féminismes »

15h10 Pause

15h30 Mathilde Barraband (Université du Québec à Montréal), « L’entretien avec Jean-Paul Sartre. Le questionnaire implicite du discours sur la littérature des écrivains Verdier »
16h05 Katerine Gosselin (Université McGill), « Claude Simon dans le discours des écrivains contemporains »

La première journée du colloque sera suivie du lancement du dernier titre paru dans la collection Figura, Le temps contemporain : maintenant, la littérature, sous la direction de Jean-François Hamel et Virginie Harvey.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 30 mai 2009
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