comment faire sortir une tête de cheval de votre ordinateur

Wenn man doch ein Indianer wäre...


Les 30 variations Franz Kafka recueillies sur Regard au Pluriel, ce jeudi 9 juillet à 20h45 (màj 06. Contribuez et suivez les prochaines directement sur le site ! Calaméo façon publie.net : double cliquez sur Franz, fortement ! Nota : liens actifs vers les sites des auteurs. En prime, version pour votre iPhone ou votre Sony reader :

 

Qui ne connaît pas ces cinq lignes – une seule phrase mais tout un récit, fiction complète, une des plus énigmatiques et belles de Franz Kafka...

Wenn man doch ein Indianer wäre, gleich bereit, und auf dem rennenden Pferde, schief in der Luft, immer wieder kurz erzitterte über dem zitternden Boden, bis man die Sporen ließ, denn es gab keine Sporen, bis man die Zügel wegwarf, denn es gab keine Zügel, und kaum das Land vor sich als glatt gemähte Heide sah, schon ohne Pferdehals und Pferdekopf.

Tout tient par les répétitions, les assonances, le fait que prononcer un mot appelle intérieurement une image, et que l’illusion provoquée peut subsister, plus forte que la réalité, même en laissant se dissoudre l’image.

Alors merci à Christine Bauer, du blog Regard au pluriel, d’avoir sollicités quelques blogueurs pour lancer un exercice participatif : vous traduiriez comment, vous, ces cinq lignes ?

A peine en une journée, une quinzaine de participations : est-ce que c’est traduire, ou chercher l’écho intérieur et la complexité du texte de Kafka à travers le même territoire ?

Et d’autant plus que les textes vont être lus dans un autre dispositif, L’Alimentation générale. Un fois encore, une invention purement née de l’Internet débouche sur un acte de création pas forcément inédit mais rejouant un fragment particulier de la tradition littéraire dans le contexte virtuel, puisque les webeurs ont été les premiers à rejoindre l’expérience, Pierre Ménard, Angèle Paoli, Philippe Rahmy, Scriptopolis (Jérôme Denis), Philippe Maurel, Habakuk... plus un vrai traducteur : Jacques Darras. Et porte ouverte aux suivants.

On verrait bien l’exercice recommencer, avec quelques autres des ultra-brèves de Kafka. Ce soir, je lis autrement l’incipit Wenn man doch ein Indianer wäre... Et toujours aussi mystérieuse cette cessation par le texte d’un cheval : à nous de le faire surgir de nos ordis.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 juillet 2009
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