fin de la Direction du livre et de la lecture
ils ont osé : le bradage Sarkozy des institutions continue
C’est signé Frédéric Mitterrand, qui n’avait sans doute pas à arbitrer les affaires intérieures de la Sarkozie, et Eric Woerth, même si l’idée couvait depuis Albanel et avait déjà provoqué la démission forcée de l’ancien directeur du livre, Benoît Yvert (ce que j’en disais le 8 mai dernier...).
Par décret du 15 novembre 2009, la Direction du livre et de la lecture au ministère de la Culture est purement et simplement liquidée. Voir notamment l’article 5 [1] et son petit codicille en toute fin pour rappeler que le livre existe, ou existait : ça confine au camouflet.
Formulation officielle : la référence au directeur du développement des médias et au directeur du livre et de la lecture est remplacée par la référence au directeur général des médias et des industries culturelles.
Se rendent-ils comptent de la gravité de ce qu’ils commettent ? Difficile de penser autrement, quand on constate la cohérence et la sauvagerie organisée de leur politique.
Disposer d’un ministre de la Culture faible, sur qui ils ont barre par tout un tas de pressions diverses, c’est dans le plan ?
L’agression burlesque du cador de la Seine Saint-Denis, Eric Raoult le roi de l’épuration banlieue, est-ce que c’était une diversion préméditée pour amuser la galerie, puisque bien évidemment il n’était pas question pour nous tous de ne pas relever la gravité des propos et de l’insulte ?
La stratégie Sarkozy des démolisseurs bien à l’abri, voir l’euphorique discours de remise de médaille à Dany Boon, voir la pitoyable crise de fou rire en pleine commémoration résistante, est de plus en plus nue. Mais c’est nous tous qui payons les pots cassés.
Et gravement, et salement. Qu’est-ce qu’il peut rester, comme politique digne du livre et de la lecture, dans cette liquidation ? Que va devenir le CNL, devenu probablement EPCC (et qui finançait tout ce qui restait d’un peu courageux dans l’édition de papier, côté création...) [2]
Triste boutique, la France.
© François Bon _ 16 novembre 2009
[1] La direction générale des médias et des industries culturelles définit, met en œuvre et évalue la politique de l’Etat en faveur du développement et du pluralisme des médias, de l’industrie publicitaire, de l’ensemble des services de communication au public par voie électronique, de l’industrie phonographique, du livre et de la lecture et de l’économie culturelle. Elle suit les activités du Centre national de la cinématographie.
I. ― Dans ce cadre, elle contribue à définir, mettre en œuvre et évaluer les conditions du développement des industries de diffusion et de production de contenus culturels.
Elle participe à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique de l’Etat en faveur de l’action audiovisuelle extérieure de la France.
Elle contribue aux travaux d’étude et d’évaluation économiques et de recherche, ainsi que de veille et d’expertise sur l’évolution des technologies numériques, dans son champ d’activités.
Elle veille à l’équilibre entre les différents acteurs qui interviennent dans le domaine du livre et, à ce titre, au développement de l’économie du livre, en France et à l’étranger. Elle favorise le développement de la lecture et procède à l’évaluation des politiques dans le domaine de la lecture publique. Elle contribue à la modernisation des bibliothèques et des médiathèques, et notamment au renforcement des réseaux et services de coopération, ainsi qu’à la formation de leurs personnels. Elle veille à la conservation, à l’enrichissement et à la valorisation du patrimoine des bibliothèques et des médiathèques. Elle exerce le contrôle technique de l’Etat sur les bibliothèques et les médiathèques des collectivités territoriales.
II. ― En lien avec le secrétariat général, elle élabore la législation et la réglementation relatives à la presse écrite, à la collecte de l’information, à la communication audiovisuelle et aux autres services de communication destinés au public. Dans ces différents secteurs, elle suit les négociations relatives aux professions concernées, elle gère des aides financières attribuées aux entreprises, participe à la mise en œuvre des procédures relevant du droit de la concurrence et contribue au suivi des questions sociales relevant de ces secteurs. Elle instruit les contentieux dans ses domaines de compétence.
En lien avec le secrétariat général, elle contribue à l’élaboration de la position française pour les négociations européennes et internationales touchant à la réglementation et à la régulation des médias, des industries culturelles, du livre et des services en ligne.
Elle assure le secrétariat de la commission paritaire des publications et agences de presse. Elle suit l’activité des organismes des secteurs de la presse et de la collecte de l’information soumis à statut particulier ou liés à l’Etat par convention.
Elle veille, dans son champ de compétence :
à la collecte, à la production et à la diffusion des documents et des données scientifiques, notamment sous forme numérique ;
au développement de l’action européenne et internationale.
Elle exerce le droit de préemption prévu par le code du patrimoine.
Elle propose des mesures destinées à favoriser le développement du mécénat et du marché de l’art et coordonne leur mise en œuvre.
III. ― Elle contribue, pour ce qui la concerne, à la politique et à la gestion des ressources humaines, à la stratégie et à la gestion budgétaire, à la tutelle des organismes relevant du ministère, au pilotage des opérations d’équipement, à l’animation des services déconcentrés, aux travaux d’étude, d’observation et de recherche, à la conception et à l’organisation des événements culturels.
Elle gère, pour le compte du Premier ministre, les crédits relatifs à l’action audiovisuelle extérieure.
IV. ― Le directeur général des médias et des industries culturelles est assisté d’un directeur adjoint qui peut être chargé du livre et de la lecture ou des médias, ainsi que d’une mission transversale au sein de la direction générale.
[2] Noter que, dépendant de la même direction et ayant la même structure, le CNL aurait dû être cité au même niveau que le CNC...
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Messages de forum
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Quelle tristesse.
J’ai pu - enfin -, grâce au CNL, prendre 6 mois (pas une éternité) de disponibilité, comme on dit, pour écrire, et, étrangement, non, d’ailleurs, pas étrangement, je me suis dit à plusieurs reprises que c’était peut-être la dernière fois qu’une telle opportunité m’était offerte.
Je crains, hélas, que l’avenir ne soit sombre, très sombre et que mes inquiétudes, comme celles de beaucoup d’autres (libraires, traducteurs, auteurs...) prennent avec tout ça un peu plus de consistance.
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Oui, Frédérique, ce rôle régulateur du CNL, malgré les lourdeurs, les impasses (n’ont jamais voulu aider remue.net sous prétexte que ce n’était pas revue papier), c’était vital pour les jeunes auteurs. Pour ma part, ma dernière aide remonte à 1997...
C’est quand je vois le nombre de livres papier soutenus par le CNL que j’ai peur : tout un secteur de la "petite" édition (mais idem pour POL) qui va se trouver à découvert. Pas trop d’illusion à se faire, même si on a pu suivre les manoeuvres depuis 2 ans.
Pour cela que nous avons lancé notre coopérative publie.net : assurer au moins présence et visibilité de notre travail. Bienvenue à bord quand tu le souhaites !
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C’est effectivement très triste. Sans parler de ces discours du président, qui sont…
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C’est bel et bien la mise à sac de tout l’espace culturel qui se trame en haut lieu... Mais si peu de français lisent encore, diront-ils sans doute... La stratégie est inscrite de longue date, et, hélas, il s’est trouvé des aveugles de gauche pour y prêter main forte...
Un pays dont la culture est ainsi mise à mal va mal, très mal...
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Des aveugles de gauche complices de longue date ? Des noms svp, assez d’autoflagellation et rendez à Sarkozy ce qui lui appartient en propre.Il faut bien se venger de Madame de Lafayette.
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idem pour cette direction de la concurrence, qui faisait les enquêtes concurrence et marchés publics, décelaient les ententes et qui va être remplacée par la "haute autorité de la concurrence"totalement aux ordres des politiques ;on n’a pas fini de patauger, de s’enliser dans la corruption, de démolir des stades construits sans être aux normes, et ce n’est qu’un exemple ;il parait que pour les hopitaux, le désastre est encore pire ;quelle abominable dérive généralisée !
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La "direction" allait donc droit dans le mur, non pas celui qu’on démantèle, mais celui que l’on cimente avec les parpaings de la colère, en attendant la percée qui point.
Frédéric Mitterrand, l’alibi patronymique, n’aura pas trop tardé pour avaliser, avaler, entériner toutes les mesures les plus réactionnaires et rétrogrades dans l’espace culturel - soigneusement encadré - qui lui a été attribué par la coquetterie du Prince.
Le ministre s’en lave les mains au fond de la bassine où son reflet cinématographique n’a rien à voir avec la dimension d’un Médicis : l’eau croupie du sarkozysme lui renvoie l’image d’un triste bouffon, encore en cour pour un temps précisément compté.
Voir en ligne : Le Chasse-clou
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Sur la feuille de déclaration d’impôts 2008 pour 2009, déjà, on annonçait la couleur : pas de budget pour la Culture. Jamais vu ça auparavant. Les gens à qui j’en ai parlé ne m’ont pas crue. Mais si, pas de budget pour la Culture, ni en 2009, ni en 2010, ni ensuite sans doute.
Pas de pays invité non plus pour le prochain Salon du Livre...
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Bonjour,
Je suis arrivé chez vous par Autheuil, qui il est vrai ne vous est pas très favorable... ceci dit, à la lecture des statuts de la nouvelle direction générale, je ne vois pas vraiment les dangers que vous signalez. Il s’agit somme toute d’une réorganisation comme il en existe partout.
Personnne ne semble dire que le livre est quelque chose d’obsolète. Et une lecture différente de de la votre pousserait même à dire que le livre va bénéficier d’un directeur adjoint à lui tout seul...
Qu’est ce qui vous met donc tant en colère ?
(et pas d’accusation de sarkozysme aigu, ce n’est vraiment pas mon cas...)
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Bon, cher François,
c’est comme ça quand on est en colère, on écrit trop vite et sans faire attention et on fait des fautes :
"Se rendent-ils compte de la gravité de ce qu’ils commettent ?" ce serait mieux. "Comptent-ils enfin se rendre compte de la gravité de ce qui se trame ? Plus dramatique.
Mieux vaut tirer des plans sur la moquette que sur la comète.
Reine Bud-Printems
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Déprimant, en effet, une fois encore...
Le livre n’intéresse plus personne, semble t-il... Car dans le même temps dans les bibliothèques parisiennes on pilonne les ouvrages papier à tour de bras pour faire la place à des postes de consultation internet et à des automates de prêt : la destruction de la culture et du lien social ne sont hélas pas l’apanage de la droite umpiste seule, les "socialistes" de la mandature Delanoë en font autant. Tout en jurant leurs grands dieux accorder une grande place à la culture à Paris, ce qui est encore plus hypocrite. La culture, à leur idée, se réduirait-elle à la brillance évènementielle des nuits blanches, au terriblement déficitaire 104, vitrine vide de sens de l’art contemporain, c’est un autre sujet, peut-être.
Mais il me semble que cela valait la peine d’être écrit ici.
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C’est la fin de la reconnaissance du livre et de la lecture publique comme élément majeur de la politique publique d’Etat en matière culturelle (au même titre que le théâtre, la musique et la danse...).
Cela participe du grand ménage budgétaire au nom du dogme dit de "l’assainissement des finances publiques".
Que cela inaugure une nouvelle dégradation de l’ambition culturelle et éducative de la France, cela semble être le cadet des soucis du ministre de l’industrie culturelle.
Toujours plus de cerveau(x) disponible(s) pour une consommation à gogo.
Il y en eut, en leur temps, à nous vanter le concept du "mieux-disant culturel" lors de la privatisation de TF1 et de l’attribution de la cinq à Berlusconi. Aujourd’hui, c’est du mieux-disant numérique qu’on nous abreuve.
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C’EST LA FIN DE TOUTES LES DIRECTIONS DU MINISTERE DE LA CULTURE : livres, archives, théâtre, danse, archéologie, musée,inventaire.....place aux projets de " démocratisation" de la commission Karmitz qui invente ce qui depuis des années existe (ministère de la culture et enseignement, les partenariats sont anciens) et une nouvelle " fête de la création.." ( une idée neuve à laquelle des bureaucrates du Ministère n’avaient pas pensé) qui mangera une partie d’un budget en baisse permanente et appauvrira encore les institutions culturelles existantes....et ne pas supprimer les emplois existants.
ASSEZ DE CORPORATISME , MESSIEURS LES DÉFENSEURS DE LA DIRECTION DU LIVRE il faut défendre en général le SERVICE PUBLIC DE LA CULTURE
NON le budget n’est pas en hausse comme l’annonçait aujourd’hui le président de la république . Pourquoi un projet de Musée d’histoire de France, avec quel argent ? Mieux faudrait inaugurer dignement le Musée de l’Immigration et lui donner des moyens financiers dignes. Il faut faire vivre dignement les autres intitutions culturelles qui existent
LA HAINE DE L’ETAT REPUBLICAIN DETRUIT TOUT LES ACQUIS ISSUS DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE ( vieilles histoires qu’il faut oublier) et détruit des emplois, certes publics, mais des emplois . La question du chômage ne semble pas posée, mais elle existe
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