publie.net promenade

sur les routes de l’aventure numérique


Des boutons de navigation tout simples et en couleur. Un accès simplifié au paiement. L’intégration directe de la liseuse au site. Un moteur de recherche révolutionnaire – grande opération de reprise du site, ces jours-ci. Enfin, et non le moindre : accès à publie.net depuis des dizaines de librairies, et qu’est-ce que ça change... Quasi la vie adulte, quoi, maintenant : et la confiance de nos abonnés pour seul pétrole !

 


navigation

D’abord, pour se repérer. Vous entrez dans une librairie, vous saurez vite (mais on pratique depuis si longtemps), où aller selon qu’on cherche polar ou philosophie, littérature française ou allemande, ou album jeunesse etc. Une fois dans le rayon, vous repérez l’espace, l’ordre alphabétique, et l’art du libraire c’est d’associer à cette recherche ce qui est sa propre sélection, composant une table, associant sur des rayons les livres exposés pleine couverture et non pas sur la tranche.

Mais sur la petite surface de l’écran ? Le blog fait disparaître le billet précédent. On peut se repérer comme sur un plan, mais pas comme dans un espace réel. La quantité d’objets appelant ce déplacement du regard peut cependant être la même. La navigation, l’art de se déplacer dans le site, doit suppléer à la perception globale de l’espace.

Ce défi, on l’apprend peu à peu pour nos propres sites. C’est à force d’expériences, d’essais, et l’art du web devient un savoir comme les autres.

Dans cette reprise du site [1], une rubrique littérature globale, mais la page article de chaque auteur affichant ses autres textes sur le site ; une rubrique Collections (Michel Volkovitch, Grèce, François Rannou et Mathieu Brosseau, L’inadvertance, poésie, Pierre Ménard, la revue D’Ici Là, Sébastien Rongier, Art, pensée & Cie), une rubrique PortFolio qui va être un des points de développement principaux du site (en attendant la vidéo et le film), en invitant de jeunes plasticiens comme nous invitons de jeunes auteurs (coordination Arnaud Maisetti & Jérémy Liron). Baladez-vous, une découverte entraîne l’autre, et on va affiner encore dans les jours à venir...

 

liseuse

Quand nous avons commencé, il ne s’agissait que de délivrer des PDF, à télécharger sur l’ordinateur distant. On trouvait alors des logiciels qui permettaient, après avoir converti chaque page en image, d’en faire un feuilletoir "flash", et sont venus sur ce créneau des opérateurs, issuu, scribd puis le français Calameo [2] qui permettaient de réaliser directement ces feuilletoirs d’après le PDF fourni, avec cette petite icône magique dont nous nous sommes servi presque 2 ans durant. Mais on quittait publie.net pour venir lire l’extrait clos sur Calameo – nous proposions souvent ainsi un quart ou un tiers du texte proposé, mais disproportion entre le succès de ces extraits gratuits et les téléchargements que nous pouvions rémunérer à nos auteurs.

En même temps, est venu le développement bibliothèques : lire en ligne, le fichier restant sur notre serveur. Vous le savez par expérience : 97,5% des PDF sont juste des sorties imprimantes, façon traitement de texte, rien qui ressemble moins à une page de livre, et encore moins à un minimum de réflexion sur l’espace écran, les marges et interlignes pour la portabilité sur les appareils différents.

Notre association avec l’immatériel-fr nous a permis d’être associés à la fabrique de cette liseuse en ligne [3], comme vous trouverez aussi sur EDEN livres, qui distribue Gallimard, Le Seuil, Flammarion (voir ainsi leur feuilletoir appliqué à Marie NDiaye, Trois femmes puissantes) [4], mais conçue d’emblée pour ces usages numériques : vous connectant dans une bibliothèque, avoir vos annotations personnelles, lire les annotations publiques, retrouver d’éventuelles annotations résultant d’un dialogue avec l’auteur, ou réservée à un groupe de travail étudiants-prof. De même, un moteur de recherche capable de trier selon que les mots sont dans le titre, se retrouvent souvent dans l’ouvrage, font partie des mots-clés thématiques qui y sont associés, et capable aussi d’élargir sa recherche de l’ouvrage en cours aux autres ouvrages du fonds éditeur. Autres fonctions : un zoom progressif, la possibilité de garder l’interactivité (liens externes, tables des matières), des signets marque-pages... Et, pour la gestion de votre bibliothèque numérique, pouvoir trier par date d’achat, par auteur ou par titre, par date de lecture... Et si c’était ce service même, qui était le nouveau pacte ?

Désormais, la liseuse est intégrée (déjà sur une bonne fraction du site, on va généraliser très vite – exemple avec l’extraordinaire Vers l’Ouest de Mahigan Lepage) directement sur la page du site. Nous paramétrons de notre côté le nombre de pages accessibles librement, les abonnés ont accès direct à l’intégrale sans s’apercevoir de rien, ni aucune manip supplémentaire.


Et faites donc quelques tests avec notre moteur de recherche, en cliquant "bretagne", ou "prison", ou "mémoire", ou "poésie", ou ce que vous voulez... Tenez, je repique le script RECHERCHE de publie.net, comme preuve de ces outils resurgissants :

 

diffusion

La logique neuve du numérique, c’est qu’il n’y a pas d’exclusivité de point d’accès. La force de notre expérience, c’est de jouer la carte du puzzle emboîtable [5]. C’est ce que nous avons développé avec l’immatériel-fr : qu’il s’agisse d’une bibliothèque (et intégrer nos ressources dans son catalogue, ou autoriser l’accès à distance depuis reconnaissance d’une carte de lecteur, ou insérer dans le site de la bibliothèque un petit script incitant à lire tel livre de la semaine, découvrir telle sélection poésie...), ou d’un libraire revendeur, ou d’un opérateur téléphonique, la rencontre d’un texte contemporain et du lecteur pour qui il comptera ne suppose pas d’entrer dans notre propre site comme à l’église. Mais de feuilleter où on le trouve, et surtout, de remettre nos textes à qui les pense nécessaires ou utiles dans sa propre médiation de littérature.

Et même, si c’était ça l’idée essentielle ? Nous ne proposons pas aux bibliothèques ou aux libraires la commercialisation d’une ressource passive, même si nous sommes fiers de nos textes. Ce que nous leur proposons, en reprenant la belle formule de Joachim du Bellay, c’est un outil pour la défense et illustration, non pas de la langue, on est modeste, mais de la création littéraire d’aujourd’hui. Nous sommes conscients, dans ces périodes où les mairies se font expliquer une par une les ressources auxquelles les responsables de leur médiathèque veulent s’abonner, et qu’on ne chicane pas sur des dizaines de magazines quadrichromie ineptes pour la salle de presse (heureusement, tout ça bientôt sur tablette wifi qui sera prêtée aux usagers...), que la seule question qui vaille c’est : estimez-vous utile et nécessaire, dans votre travail de médiation, un outil qui donne goût à la littérature comme découverte, à la littérature comme activité multiforme, riche et audacieuse, porteuse de résistance ? Alors, si oui, bienvenue parmi nos abonnés...

Et donc, ce que nous proposons – voir mon billet réinventer le cabinet de lecture – c’est l’accès à la découverte globale, à volonté, de notre catalogue, et nous répartissons les recettes en retour à nos auteurs.

Mais c’est la logique du rhizome. Les libraires seraient condamnés à vendre, pour irriguer leur mission d’accueil, d’échange, de défense, la convivialité nécessaire qui est le nouveau visage de ces lieux, bien au-delà du livre, les marchandises froides qui en sont leur version simplement numérisée ? – les librairies ont toujours été le creuset de ce laboratoire littéraire que sont les revues, le temps de découvrir et feuilleter... Alors oui, les laisser s’emparer de nos ressources, choisir ce qui leur convient, organiser des tables virtuelles.

Changement complet de paradigme. Vous voulez en savoir plus ? Lisez Xavier Cazin (L’Immatériel) : Powered by Immateriel #2, Stéphane Michalon (ePagine) : Le chaînon qui manquait. D’autres enjeux, le blog d’une des librairies point de repère essentiel en France, la rue qui va tout droit vers la mer à Brest, Charles Kermarec de Dialogues... [6]

Alors, en images, quelques capture-écran de publie.net tel qu’on s’en empare au pays des livres, à travers les interfaces de nos partenaires. Le prix client ne change pas, les robots piochent automatiquement les notices du site, les versions mises à jour des textes, et nous ne sommes à notre tour qu’un libraire parmi les autres, sauf que nous ne nous adressons qu’à notre propre communauté, et que chacun de nos partenaires nous offre une respiration neuve en mettant nos textes en contact avec sa propre communauté... Et bien sûr, tout cela ouvert, via Immatériel ou ePagine, pour d’autres collaborations...

 

L’Immatériel-fr, notre distributeur, est aussi un libraire avec espace direct de vente, implémenté par exemple à EDEN-Livres : pas besoin de rassembler nos plate-formes en une seule plate-forme unique, comme ces messieurs les requins voudraient le faire avaler au gouvernement pour faire tomber quelques gros sous de plus dans leur escarcelle de velours – on est parfaitement capable de les faire fonctionner les unes avec les autres, et les unes par les autres...

 

La plate-forme ePagine, née de l’ancien titelive.com, est un service innovant proposé aux libraires, incluant des sites clés en main, et la possibilité d’organiser leurs propres tables virtuelles. Mais ePagine est aussi un service direct de distribution et vente en ligne, implémenté sur Immatériel-fr qui est le point de passage exclusif d’accès à publie.net, et nos frères d’armes.

 

Exemple d’implémentation d’ePagine : l’expérience totalement innovante et atypique de Bernard Strainchamps avec Bibliosurf – un site qui est une mine d’outils de médiation, et à nous de rétribuer Bernard de ces prestations gratuites en soutenant sa plate-forme de distribution, les livres commandés chez lui sont chez vous dans les 48h, au même prix qu’ailleurs et franco de port. Faites l’essai du site (21 876 mots-clés, 14 000 références, des notices, des entretiens, des suggestions), et commandez au moins un de vos cadeaux de Noël pour voir...

 

Autre implémentation d’ePagine : cette fois sur site d’une librairie en dur (voire même, d’un dur de la librairie !) : très heureux d’être intégrés avec nos 245 titres disponibles dans la section livre numérique de la prestigieuse Ombres Blanches à Toulouse. Ainsi, parmi bien d’autres, Vents d’Ouest à Nantes, L’Alinéa à Martigues, Kleber à Strasbourg, Le Divan à Paris...

 

Mais d’autres libraires préfèrent négocier directement avec l’Immatériel-fr, c’est le cas de plate-formes comme Rue du Commerce, qui donnent aussi accès à publie.net, mais ici c’est la page publie.net sur le site de la non moins prestigieuse Dialogues, à Brest, qui expérimente d’autres services innovants, comme d’adjoindre la version numérique au livre papier vendu. Voir leur page livres électroniques, et les explications fournies...

Oserai-je finir, après cette visite (voir ePagine pour autres librairies distributrices), et les best-sellers bien plus en avant sur leurs sites que nos modestes expérimentations, par ces quelques réflexions complémentaires ?

[1Merci particulier à Fred Griot, qui codirige avec moi publie.net, et à Julien Boulnois, de L’Immatériel-fr, toujours prêt à s’embarquer dans des solutions informatiques complètement novatrices à partir de nos idées qui, émanant de la littérature contemporaine, ne concernent a priori que quelques farfelus de l’espèce qu’on rassemble...

[2Profitez-en pour petite balade rétrospective, parce qu’on va bientôt effacer, et puis c’est vrai quoi, tout le monde s’en sert, maintenant... Même si on avait trouvé quelques petites astuces de détournement interne des codes, nous qui avions dû être leur premier client premium – même si on se dit au revoir, merci à vous, les Calameo...

[3Mais quelle cacophonie, chez ces grands industriels qui s’affolent comme s’ils allaient y perdre leurs privilèges, parlant toujours et uniquement marché et jamais littérature – vendant le numérique plus cher que le papier, restreignant la diffusion avec des DRM qui sont des cautères sur jambe de bois, vous induiront mille tracas sans rien éviter des risques potentiels de crakage, et insultant les auteurs en leur faisant croire que la rémunération doit être la même que le papier, selon le nombre d’exemplaires comme si cette notion avait pertinence dans les nouvelles logiques d’accès et d’abonnement... Mais bon, tout va bien, ils contrôlent les commissions, les lois, ont mis leurs miradors et barbelés, et ont grand plaisir à savoir que nous on taille notre route sans rien leur demander.

[4La plate-forme EDEN Livres, dérivée de l’agrégateur québécois de l’ANEL, est sans doute l’expérience la plus proche de la nôtre, mais utilisée par des éditeurs papiers qui explorent peu – ça viendra vite, notamment du côté de chez POL, j’espère – la logique purement numérique des accès et services, et ce qui s’en induit pour l’écriture. Et pour moi, il n’y aurait pas eu l’expérience Québec de cette année sans l’amitié et le dialogue (le web comme partage c’est heureusement une réalité) avec Clément Laberge, son inventeur.

[5Étrange de voir se multiplier des expériences comme la nôtre, on suit bien sûr ce qui se passe aux US, mais il y en a aussi en Allemagne et Italie, et plusieurs récentes en France : mais qui ne commencent pas par ce maillon essentiel de la distribution... On leur souhaite bon courage.

[6Pour nous, dans ce changement de paradigme, un enjeu juridique essentiel : en France, le contrat d’auteur, relevant de la propriété artistique, s’applique au prix de vente global – nous, auteurs, avons tout intérêt à cette multiplication des intermédiaires, si elle nous permet chaque fois de rejoindre un cercle plus large de lecteurs. Mais nous rémunérons les auteurs selon la recette effective, classique en droit commercial, mais illégale en propriété artistique : ce point serait suffisant à faire migrer notre structure ici au Québec, ou même ne serait-ce qu’à Bruxelles (ce qui d’ailleurs ne changerait absolument rien pour nos lecteurs, mais allégerait considérablement, d’autre part, la charge fiscale pesant sur notre mini-EURL, au profit de nos auteurs). En attendant, quel bonheur de dire à un libraire que la même remise lui sera appliquée si ses bibliothèques clientes s’abonnent à nos ressources...


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 décembre 2009
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