coup de chapeau : Franck Queyraud

on entend plein de choses dans Mémoire Silence


Les blogs et sites bibliothèques foisonnent et c’est tant mieux. Soyons méchants (mais c’est un bibliothécaire qui me l’a dit) : "Normal, on est formés sur notre temps de travail." Mais je ne crois pas que ce soit ça la raison.

La raison, c’est que la tâche de médiation est d’emblée posée, même pour les objets physiques que sont les livres, puisque la transaction commerciale ne fonde pas la relation au public. Paradoxalement, c’est peut-être encore et toujours l’enjeu le plus massif à faire basculer, cette idée de médiation, quand la bibliothèque étend ses tâches à bien plus que le prêt d’objets physiques.

D’autre part, les structures d’échange : l’ABF et ses congrès au plan national, les structures déparementales (ex BDP, devenues DLLP...), la structure de formation spécifique qu’est l’ENSSIB, même si on peut regarder avec discret sourire les amis bibliothécaires s’échanger en permanence des piques sur tout ça, on n’a pas l’équivalent dans les autres corporations.

Par exemple, qu’un blog "historique" comme le Bibliobsession de Silvère Mercier ait eu la capacité de faire passer en mode collectif sa veille numérique (qui n’est pas abonné au Bouillon ?) c’est bonne leçon pour nous tous.

Alors évidemment, oui ça bouge, oui ça nous concerne tous : les expériences web 2.0 prises en charge par les bibliothèques sont des laboratoires vivants, il suffit de regarder côté CherMedia ou la (chère aussi) Médiathèque de Bagnolet – les connaissant, j’en ai déjà vexé dix qui m’en veulent de ne pas être cités...)

Leçon pour nous : si on veut travailler effectivement sur les nouveaux modes d’articulation médiation et transmission, et la littérature hors de cette transaction commerciale d’un objet physique (depuis combien d’années les bibliothèques travaillent sur le conte, l’accueil des classes, la présentation d’expos...), il ne devrait pas y avoir d’initiative liée à ces questions qui ne soit pas ouverte aux bibliothécaires – c’est bien ce que je reproche, accessoirement, à des clichés comme chaîne du livre (remplacé depuis peu par filière livre) qui les excluent a priori. On ne s’en tirera pas autrement.

Tout ça pour en arriver à Mémoire Silence : le blog s’appelle en fait La mémoire de Silence, mais la première expression sert d’avatar à l’auteur sur twitter. J’ai fait il y a un an la connaissance de Franck Queyraud lors de la journée d’étude qu’il avait organisée dans sa médiathèque, à Saint-Raphaël. En quelques mois, son blog s’est enrichi de contenus de fond, tous axés sur cette question de la médiation à partir des contenus littéraires. C’en est au point que je rêverais d’une version à lire hors ligne via édition publie.net avec liens (tu entends, Franck du Silence ?). Ainsi :
- créer des livres d’artistes ou l’expérience Kiibook du Carré d’Art Bibliothèques de Nîmes : rencontre avec Alexandre Simonet
- médiation en bibliothèque jeunesse
- réseau social en bibliothèque, l’exemple de face book
- livre et oeuvre numérique
- de l’utilisation des outils web 2.0
- etc, etc... (récemment, un autre travail de fond sur les jeux vidéos en bib, je ne retrouve pas ?)

A ajouter donc dans votre flux rss, quand bien même vous n’êtes pas bibliothécaire hybride (mot que FQ a fortement contribué à impulser...).


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 30 janvier 2010
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