propulsion web et résidences d’écrivains

remue.net prend en charge la présence web des auteurs en résidence Île-de-France


Une première : le service livre de la Région Île-de-France confie à un site web de structure associative, mené depuis 10 ans par un collectif d’auteurs, la tâche de suivre, documenter et promouvoir ses résidences de création.

Il y a bien sûr des précédents, ainsi le partenariat entre le regretté Inventaire/Invention et le Conseil général de Seine Saint-Denis. C’était aussi une des pistes de réflexion de ma résidence à Bagnolet il y a 2 ans, mais le temps n’était pas mûr.

Constat : les lieux qui accueillent des auteurs en résidence sont encore loin d’être tous armés en pratique web 2.0, cette agilité web qui consiste à capter sons, lectures, mini-vidéos, photos de rencontres, textes en cours etc. Côté auteurs, eh bien pas la première fois qu’on aurait tendance à dire que pas sortis encore de la préhistoire – à commencer par le minimum pour un auteur : disposer de la maîtrise de son identité numérique.

Quoi de mieux alors qu’expérimenter ensemble ce qu’il est possible d’inventer, et ce que cela déplace ?

En même temps, des faits nouveaux : je l’avais noté pour la MEET de Saint-Nazaire invitant Jean-Philippe Toussaint dans une résidence liée à mise en service de son site. Ainsi, en région Île-de-France, à Banlieues bleues avec Fred Griot et avec la librairie La Litote pour Pierre Ménard, des résidences d’auteur dont l’activité web est première.

On peut considérer le web comme médiation : je reçois tous les jours des tas d’informations par mail (comme si l’envoi mail d’infos servait à quelque chose dans le contexte actuel, mais bon), considérant donc nos sites comme une sorte de banque d’enregistrement. J’ai choisi : à vous d’utiliser librement mes pages pour vos infos, voir à vous de dire, mais échange de service minimum via modeste soutien au site.

On peut surtout se dire que cette démarche d’accompagnement web est un véritable travail, collecte d’information, réalisation et édition des ressources, même avec ces moyens très légers et mobiles, rédactionnel et diffusion évidemment. Un site comme Tiers Livre ou remue.net (mais ça vaut aussi pour poezibao et d’autres) c’est un écosystème avec présence twitter et face book, une indexation permanente et repérage pérenne via haut page rank des moteurs de recherche, non pas seulement une validation au moins symbolique, mais une confiance et une sédimentation de lectures : rien à voir avec un blog qu’on ouvre pour le temps provisoire d’une expérience, et dont le contenu se limitera à ses compte rendus d’expérience [1].

On ne peut donc que se féliciter de ce pas en avant de la Région Île-de-France, via double reconnaissance :
- le web c’est un travail, et les sites institutionnels peu aptes à la souplesse nécessaire pour le suivi d’une résidence de création ;
- le web c’est une diffusion, et le partenariat avec un site fort c’est aussi une mise en avant et un soutien là où nos sites sont des supports de la lecture publique [2] [3].

Ces quelques réflexions en amont d’un seul lien, que nous vous invitons à ajouter à vos flux rss et diffuser :

http://remue.net/spip.php?rubrique335

Guénaël Boutouillet, avec Patrick Chatelier et le bureau de remue.net asso, assurent donc pour le service livre de la région Île-de-France la médiation web de leurs résidences d’auteur, mais ce que cela inaugure est un déplacement important dans le rapport du web à l’action culturelle de terrain et ses partenaires.

Toutes réflexions bienvenues.
Photo : Pierre Ménard, atelier d’écriture sur la ville, au bord du Canal Saint-Martin, © liminaire.

[1Tiens, le blog du LaboBNF ouvert depuis le 23 avril, et hébergé chez Google via blogspot, choix étrange, qui en arrive vaillamment à son... 10ème billet : splendide isolement, mais splendide inutilité – en tout cas bien disproportionnée aux énormes moyens ici concentrés...

[2Autre exemple encore avec la BNF : depuis des années, Tiers Livre aussi bien que remue.net recueillent entre 30 et 40 accès/jour depuis les salles de lecture de la BNF : si la bibliothèque est la médiation d’accès aux ressources qui correspondent à sa mission, faut-il qu’on en arrive au système de la presse américaine, site librement accessible, mais petit pop-up qui vient se balader en travers de l’écran si plus de 30 visites semaine de la même IP, si établissement pas abonné à publie.net ? Puisque l’enjeu c’est de plus en plus la lecture web elle-même, et le livre numérique avec accès premium une des composantes. Mais c’est décisif pour nous, au moment où le développement d’un site comme celui-ci requiert une activité de niveau professionnel. Nos institutions publiques, lestées d’énormes budgets, dont une vaste part consacrée à des actions mortes (ne me forcez pas à parler de L’Art d’être grand-père, on est gentils dans ce site), quand se décideront-elles à accepter des partenariats professionnels, ou un véritable soutien, à des démarches web qui, pour celles que j’ai citées, sédimentent travail collectif depuis parfois plus de 10 ans, avec uniquement moyens bénévoles ?

[3Encore confirmé au CNL avant-hier : publie.net ne peut être considéré comme éditeur, parce que ne fait pas 100 kE de CA annuel – mais comment dans sa phase naissante l’édition numérique (gros compris, j’ai les chiffres même si pas possible les transmettre) engendrerait même volume de CA que cartons de papier ? Est-ce qu’une expérience naissante (3 ans quand même), payant dûment sa TVA (on en paye plus qu’Amazon et Google réunis !), ses Agessa etc, ne brasse pas plus d’expérience concernant les mutations en cours que les rois fainéants des dossiers de subvention à répétition – avec 60 salaires au CNL, personne apparemment pour se poser la question... Bon, heureusement qu’on a nos lecteurs, et la ferme résolution de continuer quoi qu’il en soit, mais combien le dialogue et le partage auraient été préférables, depuis ce qu’on apprend de notre expérience...


responsable publication françois bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 juillet 2010
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