Jean-François Gayrard | oser le numérique

"Depuis que je lis exclusivement en numérique, je me rends compte à quel point je prends plus de risque dans mes choix de lectures..."


Si en quelques mois, on commence à y voir plus clair, je reste persuadé qu’il y a de la place, dans le paysage web, pour quelques éditeurs purement numériques supplémentaires. Que notre spécificité à chacun en sera d’autant mieux perçue.

En attendant, heureux de souder liens forts, pour la réflexion, pour la diffusion, avec les amis de Numerik :)livres.

Moi aussi, comme Jean-François, je passe par des phases très cyclothymiques, aucune hésitation sur la boussole, à savoir de quoi doit être constitué notre catalogue, pourquoi on défend tels textes et pourquoi on y engouffre tant d’heures, en équipe, selon l’exacte procédure professionnelle de l’édition, apprise dans notre parcours de l’imprimé. Et mesurer le fossé entre le taux de visite sur nos sites, rapporté au nombre de téléchargements effectifs de textes dont on souhaite pourtant, veillant au prix le plus accessible possible, et à la facilité la plus solide pour le transfert du format choisi sur vos appareils, qu’ils aient la diffusion la plus large.

Avec compensation importante, pour publie.net : celles et ceux qui se sont abonnés à notre plateforme, pour accès illimité et global, elles et eux ils n’en perdent pas une miette, de nos publications.

Pour ça aussi que l’amitié est importante, avec Numerik :)livres, quand y en a un qui flanche, l’autre lui botte les fesses.

Mais cette question posée par Jean-François Gayrard, à propos de nos pratiques de lecture, dans l’intérêt maintenant gagné pour le numérique, dans la diffusion exponentielle des liseuses et – évidemment – le poids rapide pris par l’iPad, il me semble important de la reprendre...

Commentaires ouverts, bien entendus. Un peu comme le Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? de Walter Benjamin, pourquoi pas Marie Cosnay à 10 000 téléchargements sur publie.net (ou les autres, les 390 autres...) ?

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image : locomotive, Montbéliard, ce matin – et le vers d’Apolinaire avec sa coupe fameuse :
Crains qu’un jour un train ne t’émeuve
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Jean-François Gayrard | Lecteurs, osez les éditeurs 100% numériques !


Par réflexe, par habitude, les lecteurs qui veulent lire des livres numériques vont systématiquement vers les maisons traditionnelles pour trouver les titres du moment, les best-sellers et font régulièrement part de leur mécontentement sur les médiaux sociaux : “c’est trop cher”, “il y a des DRM partout”, etc, etc… Lecteurs, osez les éditeurs 100% numérique.

Nous avons tous le même problème : quand l’heure est venue de faire des choix, très souvent, nous faisons des choix conservateurs. C’est ainsi, c’est la nature humaine qui veut ça. Oui, il y a de plus en plus de gens qui veulent lire en numérique mais lorsqu’on gratte un petit peu la petite couche de leurs belles intentions, on se rend compte qu’ils veulent avant toute chose télécharger les valeurs sûres : le dernier Stephen King, le dernier Houellebecq, le dernier Gavalda, le dernier Petterson et j’en passe. Non, les éditeurs historiques qui embarquent dans le numérique ne le font pas - à quelques exceptions près - avec beaucoup de conviction. C’est d’abord et avant tout le catalogue papier qui prime. Oui, c’est une aberration de voir des fichiers PDF vendus avec à peine 2 euros de différence par rapport à la version papier, qui plus est bourrés de DRM. Et d’ailleurs, je ne saurai que trop vous conseiller de continuer à acheter la version papier dans ce cas-là.

Les choses vont réellement changer lorsque les éditeurs historiques décideront enfin de créer des collections 100% numérique avec un prix réellement adapté et en mettant en avant des textes inédits de leurs auteurs phares. Là, ils auront une meilleure marge de manoeuvre pour faire une offre numérique attractive. Ceci étant dit, ce n’est pas demain la veille, je peux vous l’assurer.

Alors, amis lecteurs, que faire ? Oser, tout simplement oser. N’ayez pas peur d’aller vers la nouveauté, de prendre des risques, vous aussi, littéraire comme le font aujourd’hui, les éditeurs 100% numériques, les “pure-players” que nous sommes. Depuis que je lis exclusivement en numérique, je me rends compte à quel point je prends plus de risque dans mes choix de lectures parce que je vais chercher des textes chez ces éditeurs 100% numériques. Chez eux, même si le catalogue n’est pas encore des plus fournis, je trouve des livres numériques autour des 6 euros, sans DRM, des petites merveilles littéraires. Regardez du côté de publie.net ou encore de chouetteditions.com si vous avez des enfants. D’autres arrivent comme LC-Éditions. Chez Numeriklivres, nous avons déjà 16 titres en catalogue en PDF et ePub, sans DRM et disponibles sur de nombreuses plateformes de téléchargement “ouvertes” et “fermées” avec des titres accessibles : thriller, romance, nouvelles, récits, etc…

Vous ne pouvez pas reprocher à la chaîne du livre traditionnelle d’être conservatrice et faire vous-même des choix de lecture tout aussi conservateurs lorsque vous souhaitez lire en numérique. Osez les éditeurs 100% numérique.

Jean-François Gayrard


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1ère mise en ligne et dernière modification le 18 décembre 2010
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