Espitallier, Pittolo, Smith


mise à jour de textes infininiment résonant sur le présent, la ville, la politique


Dans le numérique, tout est mouvant : et d’abord les appareils sur lesquels on découvre que lire est un plaisir largement aussi intense et facile que ce à quoi nous avait habitué le livre... Les possesseurs d’iPad ou autre tablette, de téléphones système Androïd avec les applis Aldiko ou FBreader, ceux qui se sont équipés en liseuses à encre électronique, comme le populaire Opus de Bookeen (ou leur Orizon), la Sony PRS-350, et la diffusion grandissante – bouche à oreille suffit – du Kindle (140 euros environ en version wi-fi, 180 euros en version wifi + 3G, livraison comprise, incluant les 40 euros de taxe import, via le site Amazon...), n’ont plus d’hésitation sur la densité et la facilité de lecture sur appareil numérique, le plaisir d’emporter sa bibliothèque avec soi, de placer signets et annotations si envie. Quand on a un de ces appareils (et même deux, pour ma part iPad et Kindle), on s’en sert...

Notre responsabilité, côté site, ce n’est pas alors seulement de proposer nouvelles lectures et mises en ligne : on a un programme bien chargé (les auteurs qui attendent le savent !), mais chaque texte témoigne de la période à laquelle il a été mis en ligne. L’ergonomie de la page, la solidité des métadonnées, la mise à l’épreuve des formats, epub, prc (puisque l’usage du PDF [1] – ce n’est pas si mal – c’est principalement la lecture « mode image » dans les bibliothèques et pour nos abonnés), c’est notre engagement auprès des auteurs de hisser l’ensemble du catalogue aux prescriptions neuves.

Encore plus ces jours-ci, quand, huit mois après notre entrée dans le catalogue iTunes d’Apple, quatre mois après notre entrée dans les catalogues Fnac.com et FeedBooks, nous nous apprêtons à mettre nos textes à disposition sur le Kindle Store, donnant accès à nos ressources francophones depuis n’importe quel point d’usage.

C’est aussi l’occasion de tenter, avec les auteurs qui nous ont témoigné leur confiance dès le début de l’aventure, des expériences inédites : inclusion de fichiers audio et lectures par l’auteur (ce prochain week-end, le Saphir Antalgos de Cécile Portier), un rapport neuf aux images (Immobilier Service de Denis Montebello à l’approche), éditions augmentées de textes qui sont des chantiers évoluant avec le chemin de l’auteur (reprise en cours des Peurs primaires et Qu’est-ce qu’un logement ? de Guillaume Vissac), et d’autres.

Pour cela, publie.net évolue. Autonomie éditoriale renforcée des responsables de collection. Renfort technique : Gwen Catala, qui participe aussi à l’aventure NumerikLivres travaille de façon permanente pour publie.net, fabrication et charte graphique, avec appui de Joachim Séné pour l’interface (nota : JS propose aux auteurs la conception de leur site web, prenez contact...). Pour ma part, j’essaye de retrouver du temps de rêve et de gamberge, côté éditorial et epubs, en laissant donc la partie commerciale (notamment bibliothèques) à Élisa Boulard,de L’Immatériel-fr, qui reste notre partenaire exclusif, 24h/24 et 7j/7 pour l’ensemble de la mécanique – et l’administration à un solide cabinet de compta de ma ville. Plus un autre projet d’importance, mais pas encore temps d’en parler alors que ça me démange.

Reste donc la fierté. Ce matin, la Une du site c’est :

  • En guerre, de Jean-Michel Espitallier, suffit de lire la Une des journaux : oui, la littérature a son mot à dire sur le monde et comment il fonctionne, et son rôle est spécifique, et son urgence.
  • La Révolution dans la poche de Véronique Pittolo, installer caméras de télévision et discours marketing dans la salle du Serment du Jeu de Paume, ça nous apprend quoi pour la politique aujourd’hui ?
  • Dans Los Angeles de Frank Smith : dans la révision actuelle de nos modèles urbains, l’image américaine charrie quoi, nous emporte où ? FS a vécu à LA, ce road-movie où le narrateur est un brocanteur, dans l’infini étalement de la ville-symbole, oui c’est l’engagement et le roman aujourd’hui.

Je voudrais juste finir sur une anecdote : vendredi dernier, à la fac de Lettres de Poitiers, j’avais pendant 3 heures un groupe 2ème année « métiers du livre ». Je visitais avec eux l’interface publique et privée de publie.net, j’expliquais les formats, nos chantiers sur l’ergonomie de la lecture, les transferts d’usage avec lecture connectée et accès à distance bibliothèques. Un moment, j’arrivais sur une page où on visualisait en direct les accès lecture depuis l’abonnement de la fac de Poitiers elle-même : et je découvrais que, pendant que parlais, toute une partie du groupe s’était mise à lire une de ces récentes mises à jour, Les corpulents de Régine Detambel. J’aurais pu le prendre mal : – Quoi, vous lisiez, et ne m’écoutiez point ? J’y vois beaucoup plus l’enracinement de notre impatience (notre rage parfois), et notre enthousiasme intact : oui, le contemporain ça se lit, suffit de l’ouvrir. Mais comment le dire, le redire ?



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écrit ou proposé par François Bon _ licence Creative Commons BY-NC-SA (pas de © )
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 avril 2011
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[1À noter, pour tous ceux d’entre vous qui utilisent Firefox, 1ère place des navigateurs parmi nos visiteurs, plus de 37%, n’hésitez pas installer très beau plugin epubreader, en complément du toujours indispensable textareacache...