écrire web : la radiale ville comme imaginaire du voyage

à partir du texte de Claude Simon sur ce qui est vu depuis la gare de l’Est


Exercice sur radiale ville, ou sur segment transport. Point de vue cinétique lié à narrateur, ici avec accélération. Notation brute au plus simple. L’espace physique du texte noté doit correspondre au temps même de sa perception.

Puis notion de publication web : associer au maximum d’éléments du texte des éléments réels associés à ce qu’il décrit. Google Earth. FlickR. Plans. Site des lieux, entrepôts, enseignes. Emboîtements d’éléments personnels liés à ces lieux en appel de note.

RAPPEL DES TRAVAUX EN COURS :
- dans Angoulême, par Baptiste
- dans La Roche-sur-Yon, par Annabelle
- Pâté, par Julien
- dans la bibliothèque, par Solène

MES PROPRES EXERCICES :
- Bordeaux, radiale image (2006)
- Marseille, approche train
- radiale ville ou non fin de New York
- à propos du livre de Jean-Jacques Salgon : La Rochelle, sources du Nil
- un relevé de ronds-points (2004) entre Tours et Vendée

ET COMMENTAIRES EN COURS DE ROUTE :
- on écrit, et on va chercher depuis notre reconstitution mentale les éléments du réel répertoriés sur le web – ils sont multiples –, mais sitôt convoquées ces images, et séparées de leur contexte réel, elles deviennent elles-mêmes des fictions abstraites, qui décalent le texte bien plus qu’elles ne lui confèrent un plus de réel
- ces éléments convoqués interfèrent avec notre reconstruction mentale, ils la démultiplient, ils l’interrogent – notre prise de réel s’augmente avec les outils qu’on rajoute, par le fait d’écrire à même paroi web et mots

 

Claude Simon | Le jardin des Plantes (extrait)


Au contraire des grandes villes d’Europe (Londres, Berlin, Paris...) qui, pour ainsi dire, se déchiquettent sur leur pourtour, s’effilochent, semblent éparpiller à leur périphérie des banlieues de moins en moins denses, des morceaux de villes, comme un archipel d’îlots de plus en plus dispersés s’égrenant à mesure qu’on s’éloigne du centre...

(Par exemple ? à partir de la gare de l’Est, noté successivement :
Hangars – Gare de marchandises – Multitudes de voies
Entrepôts – HLM
Poste d’aiguillage
Terrains vagues – Usines
Pavillons – Jardinets
Gazomètres - Lignes à haute tension Pylônes
Usines – Clôtures en plaques de ciment
Pavillons pierre meulière marron ou crépis gris-noir
Cimenterie – Linge rose qui sèche (gardien ?)
Garage en briques : cour pleine d’autos à la casse
Fleuve vert – Péniches De nouveau pavillons, jardinets, vergers Voies qui s’entrecroisent (pont) se dédoublent se rejoignent Plan incliné, remblai s’élevant, masquant Machines (bulldozers) peintes en jaune Wagons de marchandises roses De nouveau vastes entrepôts – choses rouillées, carcasses métalliques, caissons Terrain de sports Poteaux à croisillons couchés en désordre le long de la voie
Premier morceau de campagne – Bois mauve (de rares
sapins vert noir)
Parc – Perspective – Château en briques
Sablières – Chantiers
Décharge publique
Cimetière de voitures entassées - Montagne de carcasses moteurs enlevés
Entrepôt de ferrailles (poutrelles)
Sous-bois (taillis, hallier, tapis rose de feuilles mortes)
Montagnes de bidons cylindriques annelés multicolores bleus jaunes verts rouille
Petit bois de nouveau
Terre labourée (sous la pluie les versants des sillons lissés par le soc luisants bleus (marne ?)
Puis plus rien que la campagne : champs, haies, boqueteaux, etc.)

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 mai 2011
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