auteurs : cesser de se la jouer Titanic ?

la SGDL confirme solennellement aujourd’hui que, sans avenant spécifique, les auteurs sont libres d’organiser la diffusion numérique de leurs ouvrages imprimés


C’est une position que je n’exprime pas ici pour la première fois (voir ici et ici).

Mais, ce soir, la Société des Gens de Lettres en confirme officiellement et solennellement le principe : si vous n’avez pas signé d’avenant spécifique pour la diffusion numérique, et même si votre contrat comporte des clauses d’avenir, vous pouvez en toute légitimité disposer de votre texte et en organiser vous-même la diffusion numérique.

Chers auteurs,

Les négociations menées entre le Syndicat national de l’édition (SNE) et le Conseil permanent des écrivains (CPE) sur les conditions de cession et d’exploitation des droits numériques sont arrivées à leur terme le 4 mars 2011.

Elles portaient sur six points essentiels pour lesquels les demandes des auteurs continuent de constituer les préconisations principales de leurs associations. Les discussions collectives n’ayant pas abouti, c’est à chacun d’entre nous d’être attentif à ces points lors de la signature d’un avenant ou d’un nouveau contrat.

Six mois après l’annonce d’un protocole d’accord sur les livres indisponibles entre Google et Hachette Livre, à l’heure où plusieurs éditeurs réfléchissent à la possibilité de rejoindre cet accord, les propositions d’avenants numériques devraient d’ailleurs se multiplier à partir du mois de juin 2011.

Lorsque la cession des droits numériques n’est pas explicite, notamment en cas de « clauses d’avenir » faisant allusion de manière vague à tout support présent ou à venir, l’auteur reste en effet titulaire de ses droits numériques.

A vous de négocier ces droits numériques au mieux, en fonction des informations et des préconisations de la SGDL que vous trouverez ci-joint en fichier pdf ou bien en ligne sur notre site :

http://www.sgdl.org/les-services/les-contrats/921-le-contrat-numerique

N’hésitez pas à contacter le service juridique pour de plus amples renseignements.

Bien cordialement.

La SGDL

POURQUOI ? Parce que, tout simplement (lire encore récemment déclarations de François Gèze, du SNE, au Salon de Genève, et d’Arnaud Nourry au Pen Club de New York), la position de nos éditeurs papier c’est de faire traîner, gagner du temps – la plupart refusent d’être présents sur la plateforme de vente d’Apple, iTunes, où pourtant la diffusion est considérable, et dans des conditions de respect commercial irréprochable (11 mois que nous y sommes présents avec publie.net), idem pour la diffusion numérique d’Amazon qui commencera en septembre. Ce faisant, c’est nous – les auteurs – qu’ils lèsent : le temps de présence moyen d’un livre en librairie est de 5 semaines, chacun de nous sait parfaitement dans combien de librairies on trouve physiquement nos livres au bout de 2 ans et combien il en sort. La diffusion numérique c’est une accessibilité permanente, une disponibilité immédiate, et la présence de notre travail sur des supports de plus en plus répandus (iPad, téléphones Androïd, liseuses Opus ou Orizon du français Bookeen, et le Kindle déjà présent sur Amazon.fr).

LES AVENANTS ? Si la SGDL prend ce ton solennel et brise ce tabou où on se sentait un peu seuls, c’est que les discussions auteurs-éditeurs de ces derniers mois ont échoué, malgré l’insertion vertueuse dans la loi (d’ailleurs inapplicable, c’en est presque comique) dite Prisunic de cette louable phrase : rémunération juste et équitable. La plupart de mes amis ayant signé un avenant confirment que, à condition qu’on le demande, les éditeurs proposent désormais un pourcentage dans la fourchette 18-23%, donc déjà rien à voir avec les pourcentages papier. Mais si vous ne demandez pas, on vous laissera dans la fourchette papier (11-14%), voire moins.

CONCLUSION : pourquoi laissez-vous dormir vos textes dans vos disques durs ? L’édition numérique, c’est une fabuleuse opportunité de rendre visible votre laboratoire, votre atelier. Vous n’avez strictement rien à perdre. Pas forcément beaucoup d’argent à gagner, mais une respiration qui peut s’avérer vitale pour votre travail – voire, tout simplement, pour préparer votre prochain livre imprimé.

A PUBLIE.NET, nous travaillons sur un principe de coopérative : l’idée de départ (novembre 2007) c’est un partage à 50/50 de la recette nette des téléchargements. Autre point décisif : la lecture depuis abonnement ou bibliothèque. Toutes les pages feuilletées en ligne sont décomptées, pour un reversement aux auteurs (clôture d’exercice 30 juin) de 30% de la recette nette. Combien recevez-vous de vos éditeurs sur des livres parus il y a 2, 4 ou 6 ans ? Combien de vos livres à être passés sous la barre des 50 exemplaires annuels ? Passez-les en numérique...

Notre choix parallèle : ce que nous proposons c’est un service. D’abord, l’editing. Faire un epub c’est complexe. On commence à savoir. C’est une expérimentation à faire maintenant, à mesure que les liseuses et tablettes évoluent. Nous prenons en charge la préparation éditoriale depuis votre fichier texte (ATTENTION : nous ne scannons pas les livres, nous repartons de VOTRE fichier). Ce service n’a rien à voir avec la vente d’un livre : les éditeurs traditionnels adaptent le prix du livre numérique sur le prix du livre papier moins un petit chouïa, c’est une hérésie. Nous proposons nos fichiers multi-formats à 3,49 euros (2,92 HT ou hors UE), ça laisse encore 1,26 euros net à l’auteur, autant que le pourcentage sur un livre papier à 18 euros, si téléchargé directement sur le site, la moitié si le livrel est téléchargé via iTunes ou Fnac, c’est encore autant que sur un livre de poche.

ATTENTION aussi : publie.net c’est un catalogue, donc une cohérence. Nous ne cherchons pas à étendre massivement notre catalogue. Nous nous en tenons à la ligne éditoriale décidée ensemble. Avant de nous proposer un texte, faites le tour des éditeurs 100% numérique et des conditions qu’ils vous proposent. Nous ne publierons que les livres qui coïncident avec notre démarche, mais nous sommes prêts à élargir considérablement notre offre – avec les moyens humains nécessaires.

Le service publie.net : distribués par l’immatériel-fr, nous disposons de la plateforme la plus innovante en France, et par pudeur je ne donne pas les détails par rapport à celles de nos camarades pourtant bien plus considérables de taille. Cela veut dire la diffusion par les librairies en ligne : iTunes, bientôt Amazon, Fnac.com, Bibliosurf, FeedBooks (un autre novateur considérable, achat one clic sur les téléphones Androïd), Bookeen, Fnac.com et par le biais de ePagine.fr la redistribution par une quarantaine de libraires indépendants. C’est parce que ce paysage désormais est mûr et en état de marche, que la lecture numérique se propage à vitesse considérable, qu’il faut franchir le pas.

La seule question : à quoi tenez-vous dans votre travail ? Pour quels textes et quelles étapes de votre travail estimez-vous ce partage, cette respiration,
essentielles à rendre disponibles, et les raviver même dans un mode de lecture radicalement différent du livre imprimé, et d’autant plus valorisateur pour le texte ?

DONC le temps est venu : à vous de savoir si oui ou non vous souhaitez que votre travail soit accessible. Et tous les amis qui ne m’envoient même plus d’e-mail par timidité (ou ?), c’est maintenant qu’il faut y aller. On attend vos textes...


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 mai 2011
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