c’est bien le Triangle

lecture Tumulte à Rennes


Mercredi 18 janvier, nouvelle autoroute A28, là où le trajet d’autrefois pour Rennes était une longue scansion de petites villes à travers Sarthe et Mayenne, le temps d’écouter le concert Led Zeppelin au Royal Concert Hall en 1970 et je suis arrivé.

C’est la quatrième fois que j’occupe cette salle, Yann Dissez (puisque Jean-Jacques Le Roux parti sur d’autres chemins) a préparé l’installation, grand écran vidéo, enceintes sur table de mixage, et la soixantaine de personnes qui viendront le soir (beaucoup d’étudiants, chouette) dispersés aux petites tables rondes, on n’est pas en rapport frontal, une bonne part de l’ambiance et du partage en résulte.

J’expérimente une lecture à deux micros : l’un, voix narrative et commentaires, part directement sur les enceintes, l’autre traverse l’ordi avec le logiciel Live d’Ableton pour des nappes ultra basses ou quelques effets de rythme que je construis comme cela, à la voix, avant chaque texte.

En binôme avec le photographe Bruno Serralongue, qui expose au Triangle. Une projection fascinante, portraits Polaroïd un dimanche après-midi dans un parc public de Rio de Janeiro, pendant laquelle Bruno lit une suite de fragments sur l’image, l’art contemporain, le temps ou les bords de la photographie. Moment dense.

Bruno Serralongue, lecture performance

Et au bout de la lecture, nous intervenons ensemble, je lis Ode pour contribuer à une rue Sylvain Schiltz, tandis qu’il projette une suite d’images de manifestation, Paris octobre 2005, avec ce bandeau Réquisition des logements vides empruntant les allées vides du pouvoir, en l’occurrence lente procession frontale rue Saint-Dominique.

Etrange de savoir que juste de l’autre côté du mur, Stanislas Nordey joue son Electre. Le lendemain matin, pendant plus de 2h30, j’échangerai avec Stan et les 14 élèves de l’école du théâtre du TNB, où Daewoo est joué pendant 3 semaines. Cette dérive parlée avec les jeunes acteurs depuis 3 ans en formation avec Nordey je la reçois comme un moment privilégié.

Merci au Triangle : de quoi ? De nous mettre au travail.

Yann Dissez, le Triangle

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 janvier 2006
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Messages

  • Oui, c’était chouette de pouvoir partager ces lectures performances à partir du support photo pour Bruno Serralongue et à partir des textes que nous lisons au quotidien sur le tiers livre ! on espère qu’il y aura d’autres passages par Rennes, au Triangle !
    Je trouve que la mise en voix des textes leur donne un relief inattendu et exceptionnel... une vie renaît dans le rythme alerte, puis brusquement brisé, qui soulève les phrases, vagues d’angoisse, crispations douloureuses, saillies d’un quotidien qui nous empoigne et nous jette contre ses écueils, douloureux.

  • Ah mais cette fois-ci je ne pouvais y être, à regret, venir vous entendre au Triangle encore, vous voir dans ces espaces où l’auteur trouve une place face au public, pas du théâtre, pas une séance de dédicace, un espace particulier, propre à la lecture et à ce qui peut s’y ajouter

    Au même moment à Rennes dans un bar, juste avant des groupe de rock dans le cadre d’une soirée organisée par une asso, je tentais avec mon compagnon violoncelliste, de créer un autre espace possible pour un auteur et sa voix, c’était étrange, presque inattendu dans ce bar enfumé, quand j’ai commencé non pas à chanter mais à lire mes textes, inattendu aussi le silence obtenu rapidement et l’écoute

    Donc comme vous le voyez j’avais une bonne raison de ne pas y être au Triangle, je tentais non pas une imitation, je tentais de suivre votre inspiration, c’est éxagéré, je tentais de suivre votre exemple à ma façon, de petit lecteur rennais encore loin des bermudes poétiques du Triangle

    Voir en ligne : Les Traversées

  • Bonjour,

    Je vous remercie pour ces informations captivantes, j’ai ajouté votre site dans ma barre de sites préférés.

    Simonet Buchs

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