tentais, tente, tentera

de la maturation des choses profondes


Je relis dans le journal tenu par Philippe De Jonckheere pendant la semaine de préparation de Formes d’une guerre à Poitiers, ce passage :

Voici ces mêmes images qui amorcent une quatrième mutation, celle de leur projection sur les parois concaves du planétarium, reprises dans l’éclairage savant, en très basse intensité, de Sébastien, et au service du spectacle. C’est étonnant pour moi, comme voyant ces images projetées, immenses, au milieu du spectacle, je revois le spectacle infiniment modeste de l’ampoule posée au milieu d’un rond de lumière dans le petit laboratoire-photo exigu comme un sous-marin de l’appartement de l’avenue Daumesnil. Vingt ans de maturation pour cette image. Et le sentiment diffus d’être, à la fois en plein accord avec ce que je tentais alors, et ce que je tente aujourd’hui.

Je ne sais pas à quoi correspond pour moi, dans l’aventure des textes – ou ma posture d’être là, sur scène avec l’iPad, à les lire, cette décantation du temps nécessaires aux choses les plus profondes.

Pourtant, je sais qu’elle y est, et que ce texte est lesté d’aiguilles profondes, enracinées dans le début ou l’origine du rêve d’écrire.

Magnifique réalisation de Philippe que cet après-spectacle devenu spectacle web en soi-même : Formes d’une guerre, comme si vous y étiez.

Dans ce dispositif étonnant, chaque partie de l’écran est active de façon autonome. Apparemment, pas loin de 194 pages html, et 56 fichiers audio.

Le pire, c’est que je ne me suis absolument pas aperçu qu’il préparait ça. Pour certains de mes textes, on entend 5 versions successives tout au long des répétitions, et la version écrite est proposée en même temps que l’extrait audio. Même processus pour le travail de chacun, et la place faite aussi, dans le dispositif de Philippe, à l’ingé-son Christophe Hauser (on entend souvent sa voix donner des instructions) et à Sébastien Michaud, scénographie et lumières (pas facile, puisque la triple projection dans la conque inversée du planétarium supposait de rester en très bas éclairage).

Merci à toute l’équipe. Et chapeau bas, one more, à De Jonckheere un des plus fabuleux inventeurs d’art numérique aujourd’hui.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 18 juin 2011
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