
on parle de publie.net dans Le Soir de Bruxelles
C’est dans Le Soir, journal de Bruxelles qui sera ma deuxième ville tout le prochain semestre avec la résidence Louvain-la-Neuve :
On a vitalement besoin, tous, de faire bouger ce caillou-là : que les médias traditionnels prennent acte que le terrain de la création littéraire est désormais numérique.
On lancera collectivement mardi un petit missile sympathique à cet effet (mais chut).
On connaît quelques amis français et québécois qui se mordent les doigts de rage tous les matins à constater l’inaction délibérée de leurs partenaires éditeurs papier, et du risque encouru : la mutation numérique est irréversible, elle peut être souple pour l’ensemble des acteurs traditionnels. Mais à vouloir raidir la transition, on crée forcément une fissure, et dans ce cas ils se retrouvent du mauvais côté. Même sans être aussi ridicule que Jean-Marc Roberts, le fabricant de best-sellers oubliables en 3 semaines de Stock, les éditeurs traditionnels n’ont toujours pas compris que cette mutation exigeait de l’invention, à la fois technique et commerciale. Ce n’est pas un rabais de 20% par rapport au prix papier, sur des fichiers bardés de DRM (quand vous voyez marqué "Adobe Digital Edition" quelque part, boycottez) qui les dépêguera de leurs sabots de bois.
Alors tant pis si on leur fait manger la grenouille. Dans ces deux mois creux de l’été, publie.net a encore augmenté d’environ 150% sa diffusion, avec 1600 fichiers téléchargés en juillet (hors lectures abonnés) et plus de 1500 déjà ce 28 août. Si nos classiques et nos polars (mais nous publierons, nouveau scanner à l’approche, encore plus de classiques et de polars) donnent à la plateforme sa viabilité, la confiance rejaillit aussi peu à peu sur les titres contemporains qui fondent notre démarche.
Et c’est bien ce que nous souhaitons illustrer, avec l’équipe, en proposant ce septembre numérique avec 30 titres au programme. Très bon départ pour le road-movie de Christophe Grossi (parce qu’il parle aussi du livre, via ce quotidien évoqué de représentant en librairie ?), l’arrivée signalée par Le Soir d’un deuxième Daeninckx, polar tendu à même les rues du Havre, et hier soir la montréalaise Annie Rioux (même pour celles et ceux qui ne se souviendraient pas de son explosif 36poses.org).
En sachant que la lecture par abonnement (ou via lecture seule en wifi : résultats étonnants sur liseuse type Kindle en mode connecté) vous permet de lire intégralement et à volonté – textes étonnants et très forts de Patrick Froehlich (diptyque le corps, l’enfance, le monde hospitalier), Benoît Vincent ou Seb Doubinsky.
Merci donc à Pierre Maury, qui signe l’article du Soir, de cette poignée de main à distance. On espère que ça poussera aussi les auteurs belges que nous accueillons, Antoine Boute, Edgar Kosma (du collectif onLit.org) ou Nicolas Ancion.
Et même s’il est de plus en plus probable que nous proposerons dans l’hiver une collection publie.net|papier dans une solution radicalement innovante d’impression à la demande, pensez qu’aujourd’hui il est peut-être nettement plus indiqué d’investir dans une liseuse ou une tablette que le même prix en livres papier de la rentrée littéraire...
(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)1ère mise en ligne et dernière modification le 28 août 2011.
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Messages
1. "ils seraient bien inspirés d’observer ce qui se passe du côté de publie.net", 28 août 2011, 10:08
Un petit détail (sans grande importance, il est vrai) : mon prénom est Pierre et non Patrick.
Pierre Maury
Voir en ligne : http://journallecteur.blogspot.com
1. Madagascar-Bruxelles ligne directe, 28 août 2011, 10:22, par François Bon
désolé, Pierre, erreur bien sûr rectifiée, et très heureux découvrir votre "Journal d’un lecteur" (qui n’apparaît pas sur votre compte twitter @pmalgachie ?)
2. Entièrement d’accord, 28 août 2011, 14:12, par Vincent
Excellent post ! Les éditeurs font la même erreur que les producteurs de musique il y a 10 ans : à force de freiner des quatre fers sur le numérique, ils vont rater la révolution numérique.
Or, le besoin est là et bien là, les éditeurs vont donc devoir rapidement changer leur modèle économique, sinon les auteurs risquent de passer à l’autoédition numérique (et ils auraient raison !).
Voir en ligne : Vincent