le film que je prépare

une description du plateau de Saclay


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Le film que je prépare commencera au bord de l’autoroute. Ce ne sont pas des lieux où on s’arrête, ni même des lieux où on devrait venir. Ils passent vite, ils sont indifférents. Alors tu te relèves, tu te retournes, tu vas vers la ville. En face, une pelleteuse grogne : pour quelle activité qu’ils cachent. Il y a des grillages, des chiens aboient. C’était une route, autrefois. Avec l’autoroute, et la poussée de la ville, elle a été mise à l’abandon. Pourtant, les traces prolifèrent : on dirait que c’est précisément à cause de cet abandon, qu’ici ils viennent, à l’écart, la nuit – on voit les traces sur le sol. Tu penses que chez ton ami Connelly c’est toujours dans des endroits comme ça, au début du livre, qu’on trouve le cadavre : et tu ne t’es même pas trouvé toi-même. Tu vas jusqu’à ta maison. Cela te conviendrait, une telle maison au bord de la ville : une porte, une fenêtre, quatre murs, un toit. Mais ils l’ont saccagée. Tu découvres cette désolation. Cette route à l’abandon est l’espace infini du tragique. La rencontre aura lieu là. Ton film sera cette rencontre. Tu attends cette rencontre.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 19 avril 2012
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