la guerre publie.net-BNF a commencé !

attention : ce billet est strictement confidentiel...


C’est donc la naissance officielle de publie.papier, puisque 38 titres sont désormais disponibles, les petits tuyaux avec les réseaux de libraires sont un par un greffés et d’ici lundi tout devrait circuler.

Principe de l’impression à la demande : les commandes sont centralisées chaque soir, traitées dans les serveurs de Lightning Source à Nashville, et le livre est imprimé le lendemain matin à Maurepas, expédié dès l’après-midi au libraire qui l’a commandé.

Et cela concerne une large part du fonds Hachette, évidemment, puisque c’est eux les maîtres d’oeuvre.... mais un deuxième éditeur commence avec nous.... et ainsi commencça la guerre... quoi, nous n’étions pas seuls à arpenter le pays neuf ?

Et quel intrus... Je vous en prie : gardez ce billet confidentiel. Leur communication n’a pas commencé. Mais ça y est, eux aussi ils sont à greffer les petits tuyaux libraires. Eux aussi ils découvrent une par une leurs maquettes, touchent les pages, s’étonnent...

Et moi je les ai vus en avant-première J’ai parlé de Gallica, nous on met 57 titres en vente et eux 16 000... on joue à part égale !

En fait ce billet sur ce petit concurrent mineur, parce que j’étais au courant du projet, mais je le croyais encore dans les limbes... vous savez, ces grosses machines. Et là...

Un de nos amis de l’équipe Hachette Livre qui rentre dans la pièce avec son iPad (ben oui, quoi) et une pile de livres, qu’il pose discrètement sur la table du grand chef... L’art des jardins. Traité général de la composition des parcs et jardins. (Ed. 1879) Plus de 900 pages, ...

Et dedans, le plaisir d’un livre ancien, la typo, les reproductions, les fioritures. Évidemment, puisqu’il s’agit du PDF haute résolution lisible sur Gallica...

D’abord, la maquette : un petit air connu ? Tout simplement, parce qu’un vague air du site lui-même. Mais la tuerie : les deux champs auteur et titre sont fixes (un titre court aura beaucoup de blanc, mais beaucoup de titres ne sont pas courts), donc la même maquette pour l’ensemble des titres.

Pas à moi de révéler la technique intérieure. Quiconque a feuilleté (c’est une maladie personnelle, mais avouable) régulièrement le site Gallica sait la disparité des formats, les numérisations pas très verticales... Sur les cinq livres que j’ai eu en main dans l’atelier de Maurepas, l’homothétie permet aux PDF, si divers qu’ils soient, de correspondre au format de page identique de la collection, et c’est époustouflant – voir ce Premier livre des petits enfants, alphabet complet illustré de Jean Macé en 1878.

Alors, la guerre ? Certainement, oui, entre qui passera le premier dans la machine à faire des livres, après-vous je vous en prie, non moi d’abord...

Mais je plaisante. D’abord, parce que si gros que soit Gallica, nous publie.papier on a une arme secrète. Ce qui nous rapproche, et ce n’est pas mineur, c’est la double nature numérique et papier de l’oeuvre proposée. Pour eux comme pour nous, la possibilité de compléter la lecture papier par la lecture numérique. D

e notre côté nous proposons le code d’accès à l’epub comme service inclus dans l’achat du livre, et que Gallica, bien sûr, propose le lien à la lecture en ligne du même livre sur son site. Nous, on utilise un QR code, et il suffit de promener le livre devant son iPad ou son téléphone pour le retrouver sur la page... Sur la IV de couv des Gallica, à vous de recopier l’adresse en entier !

Mais surtout, une sacrée bouffée de soulagement. Les 16 000 titres de Gallica, distribués par Hachette Livre, vont donc être accessibles par commande depuis toutes les librairies. Et bien sûr, chaque libraire curieux pourra commander pour son fonds tel ou tel titre (l’originale des Fleurs du Mal, ou l’édition de 1899 ?...) selon sa spécialité ou la tonalité de sa librairie.

D’autres parleront de ce qui s’en induit pour la bibliothèque même, ses tâches de médiation, ses propositions en rayon. Sur la constitution de fonds accessibles physiquement dans les autres bibliothèques associées à la BNF. Et l’impression à la demande commence aussi son passage à la couleur...

J’avais peur qu’on soit un peu seul, dans le dispositif d’impression à la demande, qui va se banaliser très vite. Grâce à BNF et grâce aux Gallica, on va entrer directement dans la vie quotidienne avec eux (je crois qu’on a juste un petit 10 jours d’avance dans la mise en prod...).

Symboliquement aussi, parce que ces livres vont évidemment se diffuser vite et largement, parce que preuve sera faite tout aussi largement de la qualité et du fini des livres en impression à la demande, via ces machines révolutionnaires, dans cette grande salle où désormais les publie.papier traînent sur les étagères... Avec le poids des Gallica, on ne va pas avoir longtemps ces questions qui nous remontent ces jours-ci, comment commander, où se les procurer...

Allez, et surtout que personne n’en parle. On va assez en entendre parler dans les semaines à venir. Mais de savoir qu’on joue en équipe, drôlement heureux. Sauf que dans la tête, c’est autre chose qui fait bing : certains de mes préférés sur Gallica, oui je suis habitué à les lire sur mon iPad. Mais la complémentarité papier/numérique, sûr qu’un certain nombre de ceux que je vénère chez Gallica, je ne résisterai pas à les commander...

Un grand rideau se lève sur un continent très neuf de l’art du livre, et de son commerce. Au fait, je précise : le titre, c’était pour rire, hein...

 

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 30 août 2012
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