[96] causer pendant toute une vie sans rien faire que répéter indéfiniment le vide d’une minute

pour celles et ceux qui ne croiraient pas que Proust a connu Baudelaire


« Personne ne songera à rapprocher nos existences, ni n’aura trace de ces conversations que je vous fais. – Qui songera même à nous, répondit Proust. – Des écrits poussiéreux, dans les caves des bouquinistes, et l’or de nos écritures à vieillir. – Tout le monde connaît son Baudelaire, vous exagérez, à votre habitude, dit Proust. – Tout le monde connaîtra Proust sans le lire, et Baudelaire pour un vers appris à l’école, voilà pourquoi et comment nous avons vécu. – L’étrange vie qui est la vôtre, à venir ainsi me voir chaque soir, dit Proust. – C’est bien ce que je dis, qui en croira l’éventuel témoignage... Je vous aurai cependant bien aidé, dans votre fichu bouquin, ou dites le contraire ? » finit Baudelaire.

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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 janvier 2013
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