remerciements au correcteur

de la fabrique d’un livre en situation quasi adultère


à S. de C. et E. L., merci et en amitié

La phase finale d’un livre, ça me fait penser à la production d’un disque : l’essentiel c’est le master, les bandes enregistrées et mixées, mais ensuite c’est tout un travail. Et me fascine toujours, à bosser sur les Rolling Stones ou maintenant Led Zeppelin, le soin et les mois qu’ils apportent à cette phase, sans rien déléguer. Pour le livre, évidemment, c’est moins visible, mais gros ou petit la complexité est la même. Le titre Tumulte, avec majuscule dans le corps du texte, est-ce qu’on l’écrit tumulte en minuscule sur la couverture ? Et puisqu’il y a bandeau avec photo, laquelle, de photo ? Je consulte en tiers un exigeant complice. Il y a donc Sophie, qui y passe plus d’heures qu’elle ne le dit, confie aussi du travail à ses stagiaires (pour Tous les mots sont adultes, une jeune femme qui sortait d’une thèse sur les Indiens d’Amazonie, avec long séjour là-bas). Et puis les petits bureaux près du boulevard Richard-Lenoir où œuvre Dominique Guillaumin pour la compo, les polices de titres et sous-titres : les traditions de la typo sont encore vivantes, mais dans cette myriade d’appartements ou de lofts des anciens quartiers artisanaux, pas seulement parisiens, chacun sa pièce et son ordi, la cafetière dans la petite pièce qui reste. On devrait faire la même chose entre écrivains : lofts d’écriture.

Et puis le correcteur. Il ne découvre pas le manuscrit. Le manuscrit a déjà été lu par Olivier Bétourné, mon éditeur, c’est un dialogue préalable, une sorte de saisie barométrique. A partir de quoi se fait l’ultime passe de mixage, de sélection, de reprise d’écriture. Le nouveau fichier rtf est parti chez Guillaumin, revient chez Sophie et part chez le correcteur. Je n’ai jamais rencontré mes correcteurs. Quelquefois je sais leur nom, c’est tout. Le livre revient avec des annotations en marge. Cet anonymat est une garantie de respect : le Grévisse ne répond pas aux questions. On continue d’appeler ça les « premières ». Premières épreuves. Comme j’ai toujours du mal avec ce mot épreuves, je préfère dire simplement premières, un peu comme au théâtre. On sait que ça émerge tout neuf tout frais, brossé mis en page, et pourtant encore un pas à franchir.

Cette fois ça a mal commencé. J’ai quitté les éditions de Minuit après deux refus de textes successifs, dont mon petit essai Pour Koltès. Depuis, les éditions de Minuit affirment une couleur de langue et une recherche auxquelles je n’ai rien à reprocher, et je garde vénération pour Echenoz, fraternité pour Séréna, Viel, Mauvignier, et Toussaint ou Chevillard pas loin non plus, mais qui ne me concerne pas : les chemins se sont séparés, ce n’est pas grave. Juste, il me semble que l’époque de ces contrats à vie, plus prolongation post-mortem, qu’on signe pour nos livres c’est un concept obsolète : au temps de Balzac, l’auteur reprenait droit sur ses livres après deux tirages. On se quitte avec un éditeur, il me semble qu’on devrait pouvoir reprendre à terme ses livres avec soi : à nous, auteurs, d’imposer ce terme dans le document commercial, mais c’est une autre histoire.

Donc, Sophie me prévient : « Je t’ai pris le meilleur correcteur », elle est comme ça, j’en suis fier évidemment. Confiance. Et cinq jours plus tard, révélation du nom : « E. L. m’a rapporté les premières, tu passes les prendre ? » Puisque à cette étape il ne s’agit plus d’électronique, mais bien d’épaisses enveloppes kraft qu’on met dans son sac, et qu’on rapporte après avec quelques taches de café (photo ci-dessus : corrections au Pinocchio à Nancy ce matin, où avec Charles Tordjman nous menons un stage écriture et théâtre, d’ailleurs, de 14h à 22h un régal et cet après-midi ce sera depuis Vous les entendez de Nathalie Sarraute).

Moi, E. L. [1], je le connais, on s’est serré la main, on a au moins un ami commun, et je l’ai découvert part un récit fort, A la fin. Je savais vaguement qu’il gagnait sa vie comme correcteur : je n’en ai pas parlé dans mon texte sur les auteurs et l’argent, mais bien des écrivains ont dans leur vie, pour l’intendance, ce rapport à l’édition du livre des autres. Et tout d’un coup, c’est comme un adultère : un auteur des éditions de Minuit entre dans mon manuscrit (corriger ce n’est pas lire, c’est marcher dans les pages, modifier l’ordonnance d’un tableau au mur s’il penche). Pas tant qu’il publie aux éditions de Minuit, non, juste ce fait : un écrivain vient dans mes pages, et non pas un fonctionnaire de correction (s’il en existe) ? J’ai eu la trouille. J’ai garé trois jours l’enveloppe sans l’ouvrir. Je voulais la rendre agressivement à Sophie en lui disant : — Débrouillez-vous.... Faire ma crise, quoi.
L’ami commun s’est entremis, merci Tang’. J’ai ouvert l’enveloppe ce matin.

Là, je ne vais pas faire mon Langue sauce piquante, mais c’est d’avoir compris que le Eric il a dû avoir la même timidité que moi. Sophie me l’a confirmé : « Quoi, c’est le même E. L. qui publie chez Minuit ? » Dont acte ! Les vies que nous avons sont cloisonnées sans fenêtre, ce n’est pas facile quand soudain on tape aux volets et qu’on ouvre sur qui on n’y supposait pas : on irait tous écrire dans un loft, on se croiserait plus. Je n’ai même pas son e-mail, à E. L ., et nous ne nous serons parlé que par premières interposées.
Je veux en faire le détail.

D’abord, ces choses qu’on a eues dix fois devant les yeux, qu’on a lu en public plusieurs fois, repris et corrigé autant, et pourtant voilà qu’il y a salve au lieu de slave, qu’il y a phase au lieu de phrase, ou un magnifique nous seront. L’informatique ne les détecte pas, et soi-même on entend la phrase, on ne la voit pas : le correcteur, lui, remet en ordre, ainsi que les tirets en trop, les guillemets et les italiques de travers.

Il y a les conventions qui se modifient sans cesse, et dont eux seuls connaissent le dédale. La majuscule dans Afrique du Nord, mais non pas pour Auchan Tours nord (alors qu’à Tours nord c’est là que vivent les gens d’Afrique du Nord). Et elles sont où, les majuscules, dans conseil général ou caisse d’épargne, et pourquoi je préfère l’usage devenu courant de rentrer même s’il s’agit d’entrer pour la première fois. Ou bien qu’on dit de longs alvéoles et non pas de longues alvéoles, c’est masculin et je ne savais pas.

Encore, j’avais écrit quelque part, comme Tintin quand on l’envoie DANS la lune. Le correcteur dit : comme Tintin quand on l’envoie SUR la Lune. Avec aussi une majuscule à lune, dont je préférerais me dispenser. J’accepte la correction, mais plus tard, il y a deux personnes DANS la mezzanine, et moi je la vois, la mezzanine, petite coque précise autour des deux enlacés, donc je lui refuse deux personnes SUR la mezzanine : et l’intuition qui me meut c’est une question de sonorité, de hiatus dans la langue, comme Jérôme Lindon s’écriait en colère : « Vous et votre français tordu ! ».

Ainsi, le correcteur met un tiret à gris-bleu, où j’ai écrit gris bleu. Mais hier soir, avec nos théâtreux en stage, Tordjman citait la réplique de Fin de partie : « C’est comment, dehors ? — Gris gris. — Ça n’existe pas, gris gris. » Ham répond : « Noir clair. » (Je reconstitue de mémoire, mais c’est publié... chez Minuit, comme tout le grand Sam.) Alors je maintiens mon gris bleu sans tiret.
Il y a ce qu’on pousse volontairement de la grammaire. Ainsi, Jean-Paul Goux m’avait déjà dit, il y a si longtemps, combien il était attaché à la distribution des génitifs. On doit éviter je n’ai pas désir de cette salle, ses odeurs, sa fonction (c’est le deuxième texte de Tumulte, chaque syllabe compte), mais on doit dire je n’ai pas désir DE cette salle, DE ses odeurs, DE sa fonction, pourtant je maintiens.

Ainsi, E. L. suggère, là où je dis j’ai deux souvenirs de films, « j’ai le souvenir de deux films serait plus heureux », mais tu n’as pas vu, Eric, le lien à Perec dans W et sa phrase si étonnante : j’ai trois souvenirs d’école, alors je garde ma construction.

De même on heurte à l’arbitraire, je ne suis pas sa proposition on SE heurte à l’arbitraire. Plusieurs fois, j’ai écrit marchand de vélo avec vélo au singulier : j’accepte qu’il me mette le pluriel, et m’étonne un peu de n’avoir pas corrigé moi-même. Je comprends cela grammaticalement. Mais si j’utilise l’expression, je vois toujours mon premier demi-course (1965) bleu à dérailleur trois vitesses et guidon à guidoline tel qu’il apparaissait, seul élu, gros plan à partir de quoi tout le reste du monde était flou, parmi tous les autres. Pour moi, marchand de vélo et non vélos c’est forcément le marchand du seul et singulier vélo que chez lui on choisit.

Mais il a corrigé ainsi, ajoutant à chaque fois une petite note presque d’excuse, avec rigueur, sans complicité, comme pour dire qu’il ne l’avait pas sollicité, de s’introduire chez moi, dans mon petit coin du loft, et de se mettre sur ma chaise, devant mon propre ordinateur.

Ainsi, là où j’ai mis on commençait une chorale improvisée, il dit : « on improvisait une chorale ne serait pas mal ». Ou encore, d’un voyage en bus vers les confins de Moscou : je n’avais pas comptabilisé les arrêts, il dit« compté les arrêts serait plus correct. » Ou bien j’avais écrit je crois qu’il y eut réciproque, il dit précautionneusement : « réciprocité serait mieux... ». Pour tout cela, je n’ai pas suivi.

Mais il me détecte une banquette en fausse moleskine et j’ai mon premier sourire quand je vois sa phrase d’excuse : « moleskine étant une imitation de cuir, je vois mal ce à quoi une fausse moleskine peut bien ressembler », et voilà comment la même banquette va devenir illico de moleskine véritable.

Par contre, si j’écris dans une grange en stop entre Vierzon et Saint-Laurent-du-Cher, je comprends bien que mon en stop ne concerne pas la grange. Mais pourquoi j’aurais dormi dans une grange entre Vierzon et Saint-Laurent-du-Cher, sinon pour une panne d’auto-stop, ce mois de juillet 1976 ?

Et quand même il se fait dur, le correcteur pour les barbarismes. Ainsi mon usage de soi-disant dans un marché soi-disant rabelaisien, où il me suggère prétendûment sous prétexte que : soi-disant voulant dire « se disant soi » et un marché ne saurait s’auto-proclamer. Ou bien, parlant de ma relecture de Michaux, quand je dis j’en suis au second tiers et qu’il me dit : « second clôt l’énumération, deuxième serait mieux employé ». Ou parce que je parle d’un prix plus conséquent et qu’il me rappelle que « conséquent : ce qui agit par esprit de suite ». N’empêche que le propriétaire qui augmentait le loyer, il l’avait, l’esprit de suite.

Bon, je suis content de mettre tout ça sur mon blog en ligne. Faute de loft, l’atelier en direct. Merci, Eric. Au fait, qui donc te corrige, toi, chez Minuit ?

[1je laisse les initiales, que cet article n’apparaisse pas sur Google via son nom

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 juin 2006
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Messages

  • Je viens de finir la relecture des épreuves de mon propre livre. Oui, ce mot-là, d’épreuve : j’ai failli perdre plusieurs fois l’enveloppe kraft (avec ou sans majuscule Kraft ?). Etape nécessaire et pas évidente. Pourtant j’avais pris l’habitude quand je travaillais à Aleph du texte-martyre, texte ainsi nommé dans sa première mouture lorsqu’il est de portée professionnelle. Quelq’un écrit le premier jet et les autres interviennent en seconde lecture. Apprentissage de la modestie et l’évidence, il n’y a pas de texte sacré (ouf !). Tout au plus un texte achevé (encore un mot éprouvant). Mais tout de même, ressurgit parfois la honte comme devant la dictée rendue par le maître, saturée de traces rouges et le zéro souligné de deux traits (par, avec deux traits ?).

    Car, de mon côté j’ai une grande difficulté avec la virgule (que j’utilise de manière surtout auditive et pas visuelle) et de mon quasi dégoût (pourquoi ???) du point-virgule. Et l’on a pas toujours chez soi, quelqu’un prêt à discuter de cela.

    Oui, ce serait bien un atelier d’écrivains où l’on pourrait parfois demander un coup de main quand l’idée hésite. On lèverait la tête de son écran et l’on hurlerait à travers la pièce : quelqu’un pourrait-il m’aider à tordre encore mieux ma phrase ?

    En tout cas merci pour ce texte sur le labeur.

  • image du livre en fin de chantier : c’est comme trouver par fragments ce que Perséphone défricha (déchiffra) au passage : suffisamment déplacé par chacune (...) celle d’un rongement souterrain(...)serait justement la totalité de parole matière

    c’est comme lire ce qu’on vient d’écrire

    c’est comme une douleur ça surgit

    autre part

    de soi

    c’est la vie

    ce qu’on découvre parait ailleurs

    c’est écrit

    Tumulte

    contenu désormais livré

    mis à l’épreuve fin des navettes nourrissant l’échange c’était écrit bouclé le livre

    Librement

    je suis venue dévorée par chaque rendez-vous avec le texte en devenir et souventes fois ai interrogé le mot contribution (qui contribue à quoi) mais c’était plus fort que tout, comme répondre à l’appel ou boire à la fontaine Radegonde ou lire toujours revenir au même endroit sans protection sans société des auteurs sans rien que soi à découvert

    et le soulèvement

    tumulte le travail de l’un avec les autres, elle dans le souterrain, cherchant à échapper aux flammes. Ne pas être avalée par l’incendie et le paradoxe : garder et révéler dans le même mouvement le secret de la résistance

    inscrite dans le sillage contribution le bouillonnement de l’écume soudain une image le bateau s’éloigne d’Ouessant et les passagers se précipitent à bâbord : dans la blancheur d’une page, un dauphin jaillit, adopte la vitesse du bateau puis très vite, pour une raison forcément inconnue, s’éloigne

    ( tiens, revoilà les virgules, mais comme défense provisoire)

    c’est comme l’instrument à cordes dont on dit qu’il accompagne seulement la voix

    seulement

    l’instrument en soi est voix

    ne pas couper les cordes en pleine résonance mais le cordon peut-être ce n’est pas clair ne pas confondre encore du travail dans le laboratoire souterrain de la dame de haute banlieue

    elle doit y aller les mots définitifs elle ne va pas les prononcer à quoi bon ils n’existent pas elle va juste se pencher sur la question

    et poursuivre les observations
    le chemin

    être aussi en même temps avec ceux qu’elle a choisi d’accompagner comme toujours

    pour la musique plus forte que tout pas de souci , dans "tenants", à paraître ou à disparaître, selon, c’est dit : "elle apprend des sources qu’elles ne cherchent pas toutes l’affleurement")

    Tumulte,

    bon vent,

    le dauphin d’Ouessant va retrouver la grotte , l’orbite

    et ce qui vaut le déplacement,

    Tumulte,

    tu sais

    C.E

  • J’ai toujours pris un grand plaisir à corriger des épreuves, les miennes, celles d’Hubert de Phalèse, d’articles ou d’Actes de colloques. Non pas pour "corriger" un auteur, lui en remontrer sur sa langue, comme certains le font je crois avec sadisme, mais en me faisant le plus petit possible pour passer entre les mots, me glisser dans les possibilités du sens, dans les règles à respecter et les pièges à éviter, en essayant de deviner derrière l’erreur de l’auteur son ou ses intention(s).
    Les exemples que tu donnes du travail de E. L. montrent bien en effet son respect et sa précision, il ne "fait" pas que l’orthographe et la grammaire - et tu gardes le choix sur des propositions (qui ne sont donc pas des "corrections").

    Voir en ligne : JLR

  • Pour gris bleu aussi, résolument, qui laisse le temps de voir le bleu alors qu’avec le gris-bleu on n’y voit que du gris. Je ferais pareil avec du gris souris, histoire de voir la souris.

    Et merci pour la belle Nathalie dans le bleu.

  • la photo de Nathalie Sarraute dans Tumulte c’était ce texte très court qui a été un virage : de si les morts vous parlent

    Phil m’a beaucoup aidé pour raisonner de ce domaine d’image qui me reste étranger : le bandeau de couverture ce sera juste ces silos bleus, photographiés à 130 km/h à travers le pare-brise sur l’autoroute : de la sexualité dans l’écriture

  • "Et je consumai la plus grande partie de cette seconde journée dans ces vaines allées et venues" (Beckett, Molloy, Ed. Minuit, coll. Double, p. 201) - or ce n’est pas la dernière journée de l’attente de Moran et aucun correcteur n’a relevé que l’énumération n’était pas close à cette "seconde" qui dure depuis 1947.

    Voir en ligne : JLR

  • Oh la correction... oui, c’est nécessaire, mais j’aime pas. Peut-être dû à quelque chose de culinaire dans ma conception inconsciente de l’écriture (corrige-t-on une crêpe pour harmoniser les taches ?), un côté tour de main instantané, le kairos, la chose à saisir, à figer dans l’instant.
    Et pourtant il le faut...
    Diable, et ça sur tout un livre, et plusieurs fois sur plusieurs livres... ça effraye. Et moi qui en ai déjà assez alors que je n’en ai qu’une infime expérience, sur une nouvelle d’une dizaine de pages (un texte sur l’enfer grec ancien, en plus - peut-être serait-il typographiquement plus efficace si on publiait les épreuves telles quelles, avec les rajouts partout en rouge dans le document Word, les mots rayés, les parenthèses : nettement plus infernal comme ça, un texte livré à Discorde, un texte champ de bataille !).
    Et ces pseudo-conventions, second, gris-bleu, les génitifs, quand le rythme de la phrase compte autant sinon plus... tiens, ça rappelle presque les dissertations de khâgne. Brrr !
    Merci pour cet article et la catharsis qui va bien avec... et bonnes premières pour tout.

  • Savez-vous qu’en sciences humaines, il y a de moins en moins de correcteurs ? Que souvent l’auteur fait, tour seul ou presque, le travail ? Question d’argent, question de pauvreté.

    Tout ce travail éditorial, sans quoi, vous le montrez, l’auteur n’est pas grand chose, est réduit, réduit tant et plus qu’à la fin il n’y a plus personne pour juger de l’œuvre avant sa publication. On pourrait donner l’exemple fort connu des éditions L’Harmattan, qui ne font que des tests de "coquilles" sur quelques pages prises au hasard, mais j’ai peur que leur exemple ne se propage. Et pourtant, c’est bien des livres que nous écrivons, où nous mettons beaucoup de nous...

    C’était mon petit desespoir du dimanche soir...