dimanche 3 blogs, 37 | inventions, explorations

le web est une fiction, à condition qu’on aide les fictionneurs


1 – CAMILLE MARTIN STUDIES

Soit la proposition suivante : rechercher le nom-prénom le plus présent en France sur Facebook, découvrir qu’il s’agit de Camille Martin et qu’il y en a 800... Construire alors une Camille Martin générique, présente sur Facebook, Twitter et Instagram à partir de données arbitrairement collectées par des algorithmes dans l’actualité des 800 autres, les photos elles-mêmes se fusionnant les unes aux autres pour garantir la fiction. Absolument explorer le site des Camille Martin Studies, projet collectif de Jeff Guess, Nicolas Maigret, Gwenola Wagon, Marie Lechner et le RYBN. Et qui donne, en miroir, bigrement à réfléchir sur nos propres identités sociales, et la part de fiction qu’on y entretient chacun, ne serait-ce que par protection (mon cas).

2 – URBAIN TROP URBAIN À MARSEILLE

Les lecteurs de Tiers Livre sont probablement aussi en grande part familiers de l’expérience menée par Claire Dutrait et Mathieu Duperrex, depuis de longues années, sous l’emblème du site Urbain trop urbain. Ils ont la chance d’être accueillis en résidence par un lieu pionnier dans l’aventure numérique, La Marelle à Marseille, fondé par Pascal Jourdana. Ce qui ne les empêche pas, à Marseille, de parler Louisiane. Voir ce qu’ils rapportent de Gardane les boues rouges. Et bien sûr Twitter @urbain_, mais ne pas manquer le compte Instagram de Mathieu (qui ne s’arrête que lorsqu’on le met en prison, et encore), auquel je prends les 2 images ci-dessus...

3 – LAURA VAZQUEZ, UN MOT PAR JOUR

Trop impliqué dans YouTube désormais pour ne pas mêler ici les expériences vidéo aux expériences blog. Commencez d’abord par son site LauraLisaVazquez, pistes vers ses lectures et publications. Depuis un an (au moins), elle enregistre chaque jour en vidéo un mot et un seul. Au bout du mois, elle monte l’ensemble, fabricant un objet fascinant entre langue et réel, dans une diction étrangement décalée. Commencer par la dernière : décembre 2015 et remonter la chaîne. (Sur Twitter attention à l’orthographe : @LauraLLVazquez.)

CODA – JOACHIM SÉNÉ COPIE POUR VOUS

Toujours été attentif sur Tiers Livre (rubrique écrivain est un métier) aux mutations actuelles – non pas dues au numérique, c’est un marronnier ces face au – mais d’une reconfiguration générale de la lecture, et donc de ses modes industriels et marchands. Impudeur de ces messages très très amicaux de collègues auteurs qui ne se sont jamais donné la peine de vous adresser la parole en 4 ans, mais qui soudain paniquent parce que leur éditeur les renvoie sèchement dans la cohorte des refusés. Non seulement écrire web c’est écrire dans le lieu principal de l’interaction monde/littérature, mais c’est notre garantie d’indépendance pour des formes liées directement à nos nouveaux modes et supports de publication. Des écritures majeures émergent de ce contexte, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’ici j’essaye de contribuer à leur circulation, mais à nous d’inventer aussi les modes de rémunération qui puissent nous permettre, très modestement de continuer ce travail artisanal, d’y consacrer temps et moyens – question d’invention, de résistance. De mon côté, merci tellement aux quelques centaines de personnes venues nous rejoindre dans le pass une fois pour toutes, et première commission perçue cette semaine sur des badges qui se veulent autant insolence et sourire qu’aide au matos pour les vidéos... Parmi ces auteurs-explorateurs, soit sur leur propre plateforme, soit dans des initiatives collectives, il y a Joachim Séné. Depuis quelques mois, nous étions nombreux à suivre la série de ses nuits (son site marche par « tiroirs »). Désormais, un script fait que ces nuits n’apparaissent sur le site qu’entre le coucher et le lever du soleil, timing reprécisé chaque jour. Mais il propose depuis cette semaine ses nuits à la demande, un artisanat du même type que celui de mes amis du Monstrograph, que je recommande évidemment tout autant. À soutenir avec le moins de modération possible – en ce moment, pour nos sites et blogs, on entre dans une phase décisive : la prétention d’en vivre, non mais voyez-vous ça...


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 janvier 2016
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