« Rien qui soit dit – tout suggéré » | Lovecraft lecteur d’Algernon Blackwood

réédition de « Les Saules » chez L’Arbre vengeur



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Prenez le temps d’un clic vers le catalogue de l’Arbre vengeur, éditeur bordelais. Moi je les ai connus par leur reprise obstinée, année après année (9 au compteur, quand même, des triptyques de L’Autofictif, d’Eric Chevillard, rassemblés en petits volumes. Mais il y a aussi dans leur catalogue Bruce Bégout, Marie Ndiaye, Claro.

Ça s’est passé à Dax en avril dernier, je le raconte dans mon dernier service de presse, David Vincent m’a échangé le Henry Whitehead (c’est chez l’Éveilleur, mais c’est la même équipe) contre 1 exemplaire de mon Commonplace Book bilingue de Lovecraft. Peter Whitehead, vous y êtes ? Un pasteur, vivant aux Antilles, et publiant dans Weird Tales des contes de terreur tout imprégnés des traditions vaudous – lui aussi un maître respecté de Lovecraft.

Et David m’annonce leur reprise des Saules d’Algernon Blackwood, dans un recueil qui a pour titre L’homme que les arbres aimaient, parce que publié par Denoël grande époque, début des années 70, et pas possible de changer le titre.

Voilà comment je me suis retrouvé à préfacer l’ouvrage. Et croyez-moi qu’à ce genre de proposition on rue comme jeune cheval au printemps – pas tous les jours tel honneur. Alors, ci-dessous, ce que j’ai appris au passage d’Algernon Blackwood, et comment j’ai relu les passages où Lovecraft en parle. Ou comment, dans son Carnet de 1933, comment il fait pour lui-même l’exercice de résumer ou comprimer des récits de Blackwood, ou Montague Rhode James ou d’autres, pour en extraire le noyau actif qui lui servira...

Une postface clôt le livre, avec de nombreux éléments biographiques sur l’auteur, donc ce n’était pas à moi d’en parler.

Il faut absolument remettre au premier plan ces auteurs qui nous disent l’inquiétude et le trouble, et que la littérature dite noble contient sur les bords. Il faut aussi, pour comprendre Lovecraft, le saisir dans son contexte, dans la circulation générale de ces textes.

Des éditeurs s’y emploient : il faut les soutenir.

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Et, comme vous le savez, ce mardi 6 juin en fin d’après-midi je procède au tirage d’un des 2 exemplaires reçus, il est encore temps pour vous de mettre un petit commentaire sous la vidéo pour participer !

 

La maison vide et autres histoires de fantômes (1906), La vallée perdue et autres histoires (1910), Histoires à lire en dix minutes (1914), Danse de la mort et autres contes (1927), Histoires étranges (1929), Histoires pour le jour et la nuit (1917), Les loups de dieu et autres minauderies (1921), Langues de feu et autres esquisses (1924), Vieilles sorcelleries et autres contes (1927), Histoires étranges (1935), Chocs (1935), Contes de l’occulte et du supernaturel (1949), Au royaume de la terreur (1957), il y a comme une joie, là sur son clavier, à ouvrir la bibliographie d’Algernon Blackwood et en extraire quelques titres.

Et leur déroulé temporel, aussi. Voici un anglais bon teint, passé par le Wellington College, mais qui part se faire ouvrier agricole au Canada (comme fera aussi Louis Hémon), puis gardien de nuit dans un hôtel, descend à New York et s’improvise journaliste, fait le serveur dans un bar, gagne des sous comme modèle et donne des cours de violon… Algernon Blackwood, de retour à Londres (il meurt à 82 ans, et demandera à son neveu d’aller disperser ses cendres dans les Alpes), publiera en 1923, donc abordant la cinquantaine, une autobiographie qui fait partie de ces livres que nous rêvons tous de traduire, Episodes before thirty, donc comme si ne comptait que ce qui se passe avant ses trente ans, et qu’ensuite, dans ces cinq décennies où il est l’inlassable auteur de tant de récits brefs, ce que nous ne savons nommer, entre nouvelles et novellas, dix recueils quand même, dont les cinq rassemblés ici sont des plus magnifiques échantillons – Les Saules établira à jamais sa postérité –, romans et pièces de théâtre, ou reportages, n’était plus que le fait même du texte et non de l’auteur.

Que de mystères pour nous sous l’élégant visage de cet irréductible célibataire, dont la participation active à telle ou telle société occulte est avérée.

Algernon du bois noir ? Le prénom Algernon remonte à l’an 1000 et à Guillaume-le-Conquérant, étymologiquement veut dire « portant moustache », et au XIXe anglais il est relativement courant. Mais lequel d’entre nous, une fois entré dans ces mystères mouvants, angoissants, et d’une extrême élégance d’écriture que sont les contes et histoires d’Algernon Blackwood, pour ne pas faire de ce nom comme une enseigne, le sombre couvercle qui les enferme ?

L’Angleterre n’a jamais été avare de ces plumes déchiffrant les brumes du réel comme si une main inconnue venait nous palper de tout auprès. C’est ce que nous aimons même chez Conan Doyle, ou chez Hodgson, et qui résonnera encore dans l’orfèvrerie de lord Dunsany, strict contemporain d’Algernon Blackwood et qui mériterait bien aussi de reprendre la place qui lui revient dans nos bibliothèques. Pourtant, le monde anglophone les laissera être avalés eux-mêmes par cette brume qui est leur outil. Comme si la part populaire de ces histoires qui font frémir la nuit, le côté enfantin de ces sorcelleries et les grimaces tout auprès de la mort n’étaient pas dignes de la « grande » littérature.

Seulement, c’est une catégorie mobile, à constamment réviser. Nous n’avons cessé de vénérer Jules Verne, comme nos voisins allemands leur Karl May, qui a pourtant bien plus vieilli. Et lorsqu’on ouvre Dunsany, le même émerveillement nous prend. Chez Algernon Blackwood ou lui-même, c’est bien la phrase, et le travail narratif, qui ont une telle emprise sur nous-mêmes : littérature au sens le plus noble du terme.

Prenez le début de The insanity of Jones, l’avant-dernière des cinq histoires rassemblées ici, et qui porte en anglais le sous-titre A study in reincarnation. Et dès le titre le défi que cela représente à la traduction : insanity, aliénation mentale, démence, n’est pas exactement madness, la folie… « Adventures come to the adventurous, and mysterious things fall in the way of those who, with wonder and imagination, are on the watch for them ; but the majority of people go past the doors that are half ajar, thinking them closed, and fail to notice the faint stirrings of the great curtain that hangs ever in the form of appearances between them and the world of causes behind, l’aventure vient à l’aventureux, et les choses mystérieuses surgissent sous le pas de ceux qui, dans l’émerveillement et l’imagination, y sont attentifs ; mais la majorité des gens ignorent les portes mi-entrebâillées, les pensant closes, et ne savent pas remarquer la faible agitation du grand rideau des apparences qui pend entre eux-mêmes et le monde des causes au-delà » (traduction-lecture personnelle, tant cela vous prend aux doigts dès lors qu’on aborde cette spirale avalante de phrase qui caractérise Algernon Blackwood). Et c’est déjà tout un élan, toute une promesse. Quelque chose vous avale, et c’est cela, ce dépli du réel, dans le manque ou le besoin où nous sommes de certitude pour nous appréhender nous-mêmes, qu’on a toujours nommé littérature – à condition que d’aucuns soient là et prennent ce dépli à bras-le-corps, y donnent temps, figure, personnages, et alors vous avez Les saules, alors vous avez ce Passage pour un autre monde qui commence dans un « express aérodynamique » pour se continuer en voiture, dans un paysage digne des Hauts de Hurlevent, ou bien cette maison qui ouvre Le piège du destin, et dont les fenêtres « semblent des yeux vides » (its expressionless windows stared : elles regardent pour de vrai, les fenêtres mortes).

Alors, devoir de mémoire ? Pas seulement. Même s’il suffirait, dans la curiosité où nous sommes de chacun de ces auteurs – ils ne sont pas tant – à réveiller en nous le trouble de l’enfance, quand la réalité devient friable, ou se dédouble.

On dirait chaque fois que la force et le trouble d’Algernon Blackwood c’est de vous laisser tout seul, vous lecteur, devant une réalité qu’il vous semble reconnaître, tant elle est proche de la vôtre, tout ordinaire qu’elle soit, mais que dans cette proximité même soudain on ne reconnaîtrait plus rien, et qu’alors on bascule dans un abîme : « It belonged to the category of unlovely houses about which an ugly superstition clings, one reason being, perhaps, its inability to inspire interest in itself without assistance. It seemed too ordinary to possess individuality, much less to exert an influence. Solid and ungainly, its huge bulk dwarfing the park timber, its best claim to notice was a negative one—it was unpretentious, c’était une de ces maisons qu’on ne peut aimer, et sur lesquelles pèse une superstition maudite, dont une des raisons est peut-être l’incapacité à inspirer l’intérêt par elle-même, sans aide. Elle semble trop ordinaire pour disposer d’une quelconque individualité, et encore moins exercer une quelconque influence. Solide et disgracieuse, sa lourde charpente écrasant les arbres du parc, sa première prétention n’était que négative : son absence de prétention… » Tel est le début de The Decoy, « l’appât », traduit ici par Le piège du destin – lecture-retraduction personnelle, mais n’avons-nous pas laissé Algernon Blackwood s’éloigner à vouloir trop le lisser ou le polir, et casser l’emprise rythmique de la construction syncopée et discrètement dissymétrique des phrases dans chacun de ses paragraphes ? Oui, urgence à reprendre chacun sur notre table ces explorateurs qui, dès les années 70, ont permis d’accéder à Algernon Blackwood et tout simplement le lire, mais savoir que la strate noire et glissante qui est celle de la peur et du fantastique, on a et aura en permanence la tâche d’en reprendre le chemin.

Et maintenant, faire un bond hors de notre goût pour les raretés ou les curiosités exhumées du passé, ou simplement oubliées sur le chemin, quelque plaisir qu’on ait chacun à découvrir de belles ruines, ou farfouiller chez les bouquinistes dans les vieilles rues d’une ville étrangère. La tâche pour l’éditeur n’est pas celle d’un devoir de mémoire. Elle n’a légitimité qu’au regard du présent. De ce que nous cherchons dans un livre pour notre présent même – et l’occulte, ou le vertige, en font partie.

Parce que chaque époque se construit à elle-même sa part d’inconnu. Qu’une époque calme, ou sereine, ou stable, n’aura peut-être pas le même goût pour le mystérieux ou l’abîme qu’une période sans cesse confronter à ce qui la bouscule, au risque même de sa perte, ou à une instabilité d’oscillation grandissante. Toute allusion à notre propre temps à seule responsabilité du lecteur.

Mais comment imaginer, dans la même révélation que fut Edgar Poe à Baudelaire, que notre redécouverte actuelle de Lovecraft – non pas que sa postérité soit récente, mais ce que nous apprenons de la gestation de ses textes, de sa confrontation à l’imaginaire de son temps, l’apparition de la radio, l’essor du cinéma, la conquête des dernières zones blanches géographiques de la planète, l’avion ou les premiers sonars pour les pôles ou les grands fonds marins, et la rançon payée pour ce saut absolu dans l’imaginaire et ses racines ou son inconscient le plus secret, en termes de refus de publication (Lovecraft n’a publié aucun livre de son vivant) et de l’océan d’une correspondance dont nous apprenons seulement aussi à mesurer l’importance. Et c’est Lovecraft qui nous contraint, ou simplement nous prend par le bras et nous y tire, pour entrer aujourd’hui dans Algernon Blackwood :

« Aside from Poe, I think Algernon Blackwood touches me most closely—& this in spite of the oceans of unrelieved puerility which he so frequently pours forth. I am dogmatic enough to call The Willows the finest weird story I have ever read, & I find in the Incredible Adventures & John Silence material a serious & sympathetic understanding of the human illusion-weaving process which makes Blackwood rate far higher as a creative artist than many another craftsman of mountainously superior word-mastery & general technical ability... En dehors d’Edgar Poe, je pense qu’Algernon Blackwood est celui qui me touche de plus près – et cela en dépit des océans de permanente naïveté qu’il nous délivre avec une telle constance. Je suis assez dogmatique pour prétendre que Les saules est la plus belle des histoires fantastiques jamais écrites. Et je considère ses Incroyables aventures ou la série des John Silence comme une compréhension si fine et si solide du processus de l’illusion humaine que cela place Blackwood bien plus haut, en tant que créateur et artiste, que tous ces artisans à mille pieds au-dessus de lui en termes de maîtrise de la langue et d’habileté générale » (lettre à Vincent Starrett, le 6 décembre 1927).

Alors oui, glissez-vous dans cette barque qui, dès le début des Saules, glisse sur le Danube dans ces zones qui sont toujours aujourd’hui des frontières méconnues, et si mystérieux le dédale des îles mouvantes du fleuve. Ici, c’est le végétal lui-même qui s’anime et affronte le narrateur médusé, jusqu’au drame sans fond. Et ne pas se prévaloir de cette réticence exprimée par Lovecraft à propos de cette soi-disant puérilité du vieux maître : parce que c’est bien, justement, ce qui va définir le projet de Lovecraft pour son propre relais – aller chercher l’implacable de l’illusion dans le plus ordinaire de ce à quoi une rue ou le quotidien nous confronte, comme dans sa Maison maudite.

Et jamais Lovecraft n’en dérogera. Lettre à Willis Conover, dix ans plus tard, le 10 janvier 1937 : « On ne prend pas beaucoup de risque à dire que Blackwood est le plus grand auteur fantastique vivant, même compte tenu de sa narration minimum et de la simplicité de son style (unevenness and a poor prose style) ». J’arrondis les angles, mais justement aussi parce que c’est dans la seule pratique du style que Lovecraft inaugurera son propre passage vers l’inconnu et l’abîme. Ou à Fritz Leiber, même période (9 novembre 1936) : « Et c’est ma ferme opinion que sa plus longue nouvelle, Les saules, est le plus grand conte fantastique jamais écrit (et le Peuple blanc d’Arthur Machen serait un bon second). Très peu qui soit dit – tout est suggéré ! »

Ou encore « the breathlessly convincing unrealism of Algernon Blackwood » : un supernaturel convaincant à vous en couper le souffle ?

Lovecraft y reviendra encore en détail dans son essai Supernatural horror in literature (« De l’horreur surnaturelle dans la littérature »), écrit d’abord dans la période de transition new-yorkaise en 1925, et repris à mesure des republications, jusqu’en 1934, texte important parce que, dans son développement, il tente de démêler comment, à l’inverse de la tentation même d’Algernon Blackwood, le fantastique est possible sans l’occulte, et la terreur alors venant à nous comme un mur. « Des qualités du génie d’Algernon Blackwood, nul pour les contester ; personne pour approcher l’adresse, le sérieux et la fidélité scrupuleuse avec laquelle il enregistre les harmoniques de l’étrange dans les choses et expériences ordinaires, ou l’intensité surnaturelle avec laquelle il construit détail après détail l’intégralité des sensations et perceptions menant de la réalité à la vie ou la vision supra-normales. Sans distorsion apparente de la potentialité poétique de mots simples, il est le maître absolu et incontesté des atmosphères du fantastique… »Et curieuse ouverture aussi, à la fin du texte de Lovecraft, quand il aborde chez Blackwood les textes qui ne relèvent pas de l’horreur (il cite Jimbo ou Le centaure), mais qu’il nomme – en référence à Dunsany dont c’est le principal jardin ? – « plus artistiques, au sens absolu du terme », leur conférant « une approche serrée et palpitante de la plus intérieure substance du rêve, et crée des dégâts (havock, avec l’orthographe ancienne) dans les barrières conventionnelles qui séparent le réel de l’imaginaire ».

Et c’est à cela que, dans les cinq récits qui forment ce volume, nous devons être prêts : non pas nous installer dans un imaginaire qui se suffirait de ses inventions, mais accepter quelque chose de plus mouvant, silencieux et permanent remuement sous le récit. La réalité est là, et les barrières tranquilles de nos certitudes. Havock ! Havock ! Nous y suivrons ce discret ravage (le sens précis de ce mot havock qu’utilise Lovecraft) qu’entreprend l’auteur. Et, une fois au terme de chacune des cinq histoires, ne pas être surpris de se retourner sur l’heure passée, sur le chemin fait, et ne plus rien reconnaître à soi-même.

N’est-ce pas le plus merveilleux de ce que nous demandons à la littérature ? Ou la part de merveilleux qui nous rattache à la littérature ? Et si Lovecraft, dans la lettre à Alfred Galpin de janvier 1920 où il exprime ses réserves à sa première découverte de Blackwood, qu’il lit sur la recommandation de James Morton, ses préventions tombent définitivement lorsqu’un peu plus tard il lit, fasciné, Les saules, que ce volume nous permet aujourd’hui de relire…

Étrangeté de penser qu’Algernon Blackwood, né vingt ans avant Lovecraft, lui survivra de quinze ans. Non pas que l’étendue des années ait à voir avec la densité de l’œuvre : Baudelaire aussi est mort à 46 ans, et Lautréamont bien plus tôt. Dunsany, qui meurt en 1957, avait écrit l’essentiel des textes qui nous importent dès avant 1920. Ce sera en partie aussi le lot d’Algernon Blackwood, même si ses nouvelles datant de ses 35 à ses 50 ans seront toujours rééditées, et qu’il vivra avec bonheur, semble-t-il trois décennies d’une vie d’écrivain réputé, pièces de théâtre, livres pour enfants, romans – mais rien qui revienne sur le premier et violent mystère, ce qui nous étreint à jamais dans Les saules.

Mais c’est sa dernière incarnation qui fascine : vous les trouverez facilement, si vous partez en quête de son nom sur YouTube – Algernon Blackwood sera dès avant guerre, à la BBC anglaise, le lecteur de ses propres histoires. Et même pour les récits que vous allez lire dans ce livre, rien n’empêche que vous l’écoutiez préalablement, ou simultanément, vous donner le rythme et la couleur. Pour nous aujourd’hui, quand la vie du texte, et l’imaginaire même des histoires, s’inscrivent dans les usages en débordant et questionnant la tradition du livre, le mystérieux visage du vieil Algernon Blackwood, ces rides sciées à la charrue dans le vaste front, le pli serré des lèvres, sur le nœud papillon impeccable du gentleman anglais, nous montrent un des chemins que nous prenons à tâtons. Et lorsque commence l’ère de la télévision, dans cette bascule qui ouvre aux années 50, le vieux monsieur de plus 70 ans, surnommé the ghost man, vient lire ses histoires étranges et surnaturelles, écrites un demi-siècle plus tôt, devant les lourdes caméras sur rail.

Et c’est bien cette vie indépendante, opiniâtre, mais vivante, de cette poignée d’histoires outrepassant mystérieusement et invisiblement les limites assignées du réel, que nous saisit à distance, comme rictus même des forces noires et occultes, à l’encontre de qui voudrait prétendre que ce n’est invention – ce qu’on dit, justement, littérature.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 2 juin 2017
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