unending stories #353

« Alors la sensation d’un train très long...


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Alors la sensation d’un train très long, composé d’espaces clos, dont on n’aimait pas à sortir, et qui t’emporterait, toi comme les autres solitaires, pendant longtemps et longtemps, sans itinéraire prévisible, parfois lancé sur des voies à grande circulation, parfois égaré sur de minuscules et lentes voies de liaisons. Avec des arrêts imprévus, des attentes, des charrois de nuit. Il semblait qu’en fait on accrochait ce train à d’autres qui suivaient des lignes régulières. D’où le fait qu’on arrivait dans des villes, souvent inconnues, mais là tout soudain au milieu de leur activité quotidienne, ou au contraire mi-désertées, gares auxquelles toute la ville tourne le dos. Et puis ça reprendrait, mais pas loi statistique tu te retrouvais aussi souvent dans une des gares de nos villes principales, c’est un peu la loi des jeux à billes et ressorts. Il s’agissait simplement d’avoir confiance, que ça repartirait. On n’était pas inquiet. Cette coque protectrice et mobile nous séparait des préoccupations du monde. On satisfaisait à nos besoins essentiels, boire et manger s’éloignaient, diminuaient d’importance, on pouvait lire et écrire, on regardait danser la répétition lente des paysages, un imprévu nous sortait soudain de notre hébétude. Comment tu et pourquoi tu t’étais retrouvé dans ce train, à quel moment on t’en expulserait et pour quoi faire, ça tu ne savais pas. Raison de plus pour profiter de la situation présente.


responsable publication françois bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 9 juillet 2017
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